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Entre report et organisation de congrès, la carte politique s’esquisse doucement




Cela s’est passé il y a quelques jours, au domicile de l’un des membres fondateurs du Rassemblement national des indépendants, Abdelkader Salama.  Le président Mezouar  a appelé à un dîner chez cette figure du parti pour tenter d’aplanir le mécontentement  grandissant de ses troupes. A ces agapes vespérales une dizaine de Rnistes sont présents. Parmi eux,  deux ministres, Mohamed Abbou et Anis Birrou, des membres fondateurs du RNI Mohamed Bentaleb, Alaoui Hafidi, Abbou père. Le président de la Chambre des représentants, Rachid Talbi Alami est porté pâle. Ses relations avec Salaheddine Mezouar sont plutôt tendues ces dernières semaines. Il ne répondra pas à l’invitation du puissant homme d’affaires du parti de la Colombe.
Deux points majeurs sont au menu et seront soulevés entre la poire et le fromage. D’abord l’absence de réunion du bureau politique du RNI depuis que son leader, devenu chef de la diplomatie, est toujours entre deux avions et la nécessaire désignation d’un remplaçant pour que la machine puisse fonctionner. Ensuite, l’organisation du prochain congrès de cette formation politique qui, conformément  à ses statuts et à la loi sur les partis, doit se tenir courant 2016. Le parti fondé par Ahmed Osman, l’ancien Premier ministre et beau-frère de Hassan II, convoquera-t-il son instance suprême avant ou après les élections législatives? C’est toute la question qui se pose à ceux et celles du RNI.
 
Mezouar veut rempiler
à la tête du RNI
 
 Selon nos informations, Salaheddine Mezouar n’est pas contre un nouveau mandat. Selon une lecture biscornue et très généreuse des statuts, ce nouveau mandat  serait le deuxième et non le troisième, si l’on considère que le premier mandat s’inscrit dans le cadre d’un congrès extraordinaire ayant vu la destitution du président Mansouri.  Le ministre des Affaires étrangères serait même pour l’organisation du congrès dès le premier trimestre de 2016, vers février ou mars prochains. Histoire d’assurer sa réélection à la veille de législatives qui pourraient redessiner la carte politique. La plupart des ténors du Rassemblement national des indépendants ne l’entendent pas de cette oreille. Pas question pour eux de prendre le risque d’organiser un congrès avant les prochaines élections et de se détourner de l’essentiel. Cette séquence électorale doit être la priorité des priorités  des Rnistes, arguent-ils.
C’est cette décision qui aurait d’ailleurs été prise par le PJD en choisissant de reporter son congrès. Le parti du chef du gouvernement convoquera ses congressistes après le scrutin législatif. Un premier indice est donné par l’ordre du jour du conseil national du parti de la Lampe prévu le 10 janvier et qui ne prévoit plus la fixation de la date du prochain congrès.  Les islamistes au pouvoir ont bien l’intention d’y rester. Leur argumentaire est construit autour d’Abdelilah Benkirane dont c’est le deuxième et dernier mandat à la tête du PJD qui doit nécessairement poursuivre les réformes entamées au cours de cette législature. En creux, le populisme de leur leader est en même temps leur meilleur élément de communication. Qui de mieux que lui pour haranguer les foules et ce en l’absence d’un vrai bilan?
 
Le PJD prêt à tordre
le cou aux statuts
 
Ce faisant, le PJD se normalise et montre qu’il est prêt  à tordre le cou à ses statuts et règlement pour se maintenir au pouvoir.
Dans cette valse de report, il y a un parti qui ira en congrès début 2016. Le Parti authenticité et modernité convoque, en effet, son instance suprême du 22 au 24 janvier prochain. Elu secrétaire général  en février 2012, Mostafa Bakkouri va-t-il briguer un nouveau mandat ?  Les supputations vont bon train. Les scénarios de succession se font et se défont.  Reste que le PAM a choisi de tenir son 4ème congrès avant les législatives, probablement pour aborder d’une manière différente ce rendez-vous électoral déterminant pour les 5 prochaines années. La commission politique est  d’ailleurs en train de plancher sur le volet idéologique de ce parti qui est né électoraliste et dont le cœur voudrait battre à gauche.
Un rendez-vous électoral avant lequel la carte politique semble s’esquisser déjà.  L’Istiqlal, dont le congrès devrait se tenir en avril prochain, a marqué ses distances avec le PAM et tend la main aux islamistes du PJD…

Narjis Rerhaye
Mercredi 16 Décembre 2015

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