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Entre politique fiction et alliance tactique : Koutla et islamistes du PJD peuvent-ils gouverner ensemble ?




Les islamistes du Parlement se disent prêts à gouverner avec la Koutla. Signée de dirigeants du PJD, cette déclaration a eu l'effet d'un tsunami politique. Ou presque. Les alliances post-électorales sont en train de s'esquisser et toutes les hypothèses, y compris les plus saugrenues, semblent désormais possibles. Le PJD est-il en train de préparer un nouvel avenir politique, résolument gouvernemental, n'hésitant pas à rejoindre ces partis de la Koutla, avec qui il n'était pas vraiment en odeur de sainteté ? « Mais nous n'avons jamais dit qu'il n'y aura pas de rapprochement avec la Koutla », répond Saad Eddine El Otmani, le président du conseil national du PJD. Ce responsable islamiste qui a présidé aux destinées du PJD avant que ne lui succède Abdelilah Benkirane s'étonne que l'on s'étonne d'un rapprochement entre les islamistes et le bloc démocratique que composent l'USFP, l'Istiqlal et le PPS. « On oublie souvent que le PJD a soutenu Youssoufi  et le gouvernement d'alternance en 1998. Actuellement, PJD et partis de la Koutla gèrent ensemble des communes. Je pense à Agadir, à Tétouan, à Rabat. Le PJD est un parti du centre. Ce qui signifie qu'il peut appartenir aussi bien à une coalition de gauche qu'à celle de droite. Si nous pouvons gouverner avec la Koutla, nous pouvons aussi le faire avec le MP, l'UC et le RNI. Mais il est encore trop tôt pour parler de coalition. Tout cela dépendra de la prochaine carte électorale car nous pouvons tout aussi bien rester dans l'opposition», explique S. El Otmani qui ne cache pas ses réserves quant à un rapprochement avec le Parti Authenticité et Modernité.
A l'USFP, on est formels. La question d'une éventuelle alliance gouvernementale avec les islamistes de la Coupole est loin d'être à l'ordre du jour. Pour Habib El Malki, membre du Bureau politique du parti de la Rose, il y a, dans le cas d'espèce,  nécessité absolue de distinguer entre « alliances stratégiques et alliances tactiques ». Cet Usfpéiste va encore plus loin et en appelle à une évaluation des alliances communales que les partis de la Koutla, et notamment l'USFP, ont noué avec les islamistes du PJD.  «Il est vrai qu'au lendemain des élections communales de 2009, il y a eu une démarche de rapprochement à travers la constitution de bureaux. Aujourd'hui une évaluation de terrain est nécessaire. Mais toujours est-il qu'il faudra d'abord attendre la proclamation des résultats électoraux du scrutin du 25 novembre. C'est à partir de ces résultats qu'une nouvelle situation politique sera créée. Il ne faut pas perdre du vue non plus qu'à l'Union socialiste des forces populaires, nous sommes tenus par les engagements du 8ème congrès du parti et selon lesquels nous devons ouvrir un débat dans le cadre stratégique de l'USFP qui est celui de la Koutla et de la gauche» fait valoir H. El Malki.PJD et partis de la Koutla peuvent-ils gouverner ensemble ? Peuvent-ils se retrouver dans un même programme gouvernemental, défendant des choix et des options identiques? Bref, une convergence islamistes et bloc démocratique est-elle possible ?
Religion et politique : les confusions du PJD
Abdelouahad Souhayl, membre du bureau politique du PPS, s'interdit de faire de la politique fiction et préfère poser la question autrement. «Je préfère me demander si la Koutla est disposée à faire alliance avec le PJD et si les islamistes sont un choix possible pour les partis du bloc démocratique s'ils accèdent au pouvoir. Cela dit, le PJD n'est pas un parti pestiféré, il a fait des efforts mais il continue d'avoir des idées que nous ne partageons pas au PPS par exemple. Les islamistes ont encore des clarifications à opérer, des confusions à lever notamment entre le MUR et le  PJD, autrement dit entre le politique et le religieux. Ceci représente une profonde divergence avec les partis de la koutla. Que PJD et Koutla gouvernent ensemble peut être une hypothèse de travail dont il va falloir discuter sérieusement. Pour le moment,  on en est au stade des déclarations, reste à déterminer l'essentiel, c'est-à-dire sur quelles bases et quels engagements nous pouvons nous retrouver ».
Sur fond de ces coalitions pré-électorales qui font couler autant d'encre que de salive, l'alliance stratégique qu'est la Koutla renaît de ses cendres. Hier, une déclaration commune des trois partis du bloc démocratique mettait en exergue la responsabilité de la Koutla dans la mise en œuvre de la nouvelle Constitution. Une Koutla qui revient donc de loin et qui s'apprête à lancer ce  lundi 3 octobre un appel aux électeurs pour qu'ils s'inscrivent sur les listes électorales. 

Narjis Rerhaye
Vendredi 30 Septembre 2011

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