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En guise d’hommage à l’artiste peintre : Un musée dédié à Meriem Mezian sera fin prêt en 2010




En guise d’hommage à l’artiste peintre : Un musée dédié à Meriem Mezian sera fin prêt en 2010
Le siège de la région du Grand Casablanca accueille jusqu’au 22 juillet  une exposition commémorative des œuvres inédites   de  feu Meriem Mezian, décédée le 29 mars à Madrid, et ce  en hommage à son parcours artistique qui puise ses inspirations des scènes typiques du Maroc profond.
Initiée par la Fondation BMC dont la présidente est la sœur de la défunte Leila Mezian Benjelloun, cette exposition est dédiée à la mémoire tatouée de tout un  patrimoine symbolique qui  signifiait un égard à la production de l'esprit et la reconnaissance  d’une  grande artiste de portée universelle qui, dans le respect de la diversité des cultures, préservait son originalité et son identité par le déploiement. Afin de conserver et immortaliser  cet héritage, un exceptionnel musée  sera fin prêt en 2010 à Rabat. Il  comprendra 200 tableaux et une cinquantaine de sculptures, ainsi que des sérigraphies et des parures que la défunte avait réalisés.
Nom incontournable de la figuration académique, Meriem Mezian a  su élaborer  un style personnalisé  marqué  par la profondeur  et la quête identitaire  conditionnée par  l’identité universelle et un  retour aux sources. Hypersensible,  elle gère tout un espace pictural   qui nous fait penser à Fès, à Marrakech, au Rif,  à  Cordoue et à Séville, et ce  par rapport aux diverses Andalousies. Sa peinture allusive  met en relief une  nostalgie qui  reflète le regard  profond du Maroc pluriel via le mouvement et la vie des couleurs et des paysages.  Elle a  pu créer l'alchimie des couleurs et des scintillements, en  donnant une âme  aux  personnages, et mettant en scène les  détails et  l'effet de miroir.  Elle  a  exprimé sa passion pour sa terre natale qu'elle dépeint avec  doigté et minutie.
Armée simplement de sa grande sensibilité et anthropologue avisé,  la défunte a été  un témoin de son temps dont l’œuvre  demeure  une plateforme pour  scénariser le pinceau, la gouache. Meriem Mezian  a été considérée  comme le chantre des fresques intérieures du monde arabo-musulman,  voire l'ambassadrice attitrée du Maroc, une figure illustre de sa culture et de sa civilisation. Elle  incarne une culture à dimensions multiculturelles : berbère, arabe, marocaine, hispanisante, éclectique aussi dans ses choix d'artiste et tout aussi populaire dans sa générosité.
Sujets de prédilection,  les femmes  dégagent une  intimité finement tracée et engagent une profonde quête quasi personnelle. Halo de mystère et monde visuel autonome, la peinture   pour Mezian est un hymne à l'humanité dans  tous ses états d’âme.
Un voyage dans le temps et dans l'espace,  l’art  se veut  le miroir d'une exigence : porter  comme un blason, un style et une écriture limpide et pénétrante. Son nom restera gravé dans les annales de la peinture internationale, il porte la marque profonde  d'une signature, d'un visage noble et  rayonnant.
La peinture de Meriem est  un carrefour qui nous ouvre un musée  imaginaire  et   une voix du silence. C’est l'occasion de traduire l'émotion ressentie par  les passionnés   des arts plastiques  après la disparition de l'un de ses membres les plus représentatifs de la peinture marocaine. C'est aussi un témoignage à la mémoire de  cette  artiste  avec  laquelle nous avions partagé tant d'espaces artistiques où la création était  l’univers d'expression commune.
Artiste de renommée nationale et internationale, ambassadrice  de la peinture marocaine durant toute sa vie artistique,  Meriem  est bénéficiaire d'une haute distinction culturelle nationale et ne peut que faire l'objet d'égards à titre posthume.  Elle est un élément de  l’expression, de notre histoire culturelle qui a permis l'émergence de valeurs emblématiques dont le rayonnement a dépassé l'enceinte nationale pour imposer une forme picturale au-delà des frontières. Sa certitude était son nomadisme bâti sur le dialogue, la défense des droits de l'Homme, la lutte contre l'exclusion, contre l'injustice, l'engagement pour un monde meilleur.
 Meriem   a travaillé sur   l'univers de la beauté apparente, de l'esprit et de l'art, par un chemin enrichi d'une expérience picturale singulière continuellement remise en cause et des écrits puisés dans une réflexion évolutive.
Peintre de l’impressionnisme nostalgique,   elle fut   la  fondatrice et la pionnière de la création au féminin  qui cherche  à s'affirmer et à accomplir le rôle qui incombe à la femme  artiste dans la société. De surcroît, elle  n'a pas cessé, sa vie durant, de militer en s'impliquant activement dans  des actions citoyennes. L'artiste a rendu l'âme. Mais ses toiles auxquelles elle  a savamment mêlé poèmes et magie chromatique  ainsi que ses carnets de voyage témoigneront à jamais de son incontestable talent.

Abdellah Cheikh
Samedi 11 Juillet 2009

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