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En dépit de la résilience face à la crise : L’économie marocaine affiche des fragilités structurelles




L'économie marocaine a affiché une bonne résilience face aux effets de la crise, avec des perspectives de croissance relativement bonnes en 2010 et 2011, a réaffirmé Salaheddine Mezouar, ministre de l’Economie et des Finances. Présentant l’état des lieux de l’économie mondiale et des perspectives d’amélioration, lors de la 11ème réunion, mercredi à Rabat, du Comité de veille stratégique -CVS-, M. Mezouar devait noter cependant que «cette crise a révélé voire a accentué des fragilités structurelles liées à une diversification insuffisante des moteurs d'exportation, à une fragilité potentielle de certains moteurs domestiques, dans un contexte où les marges de manœuvre sont de plus en plus restreintes des finances publiques». Le communiqué, publié à l’issue de cette réunion, note par ailleurs que «des points de vigilance en relation avec la volatilité de la parité euro/dollar, le ralentissement des moteurs d'exportation dans un contexte européen difficile et avec la détérioration de la balance courante, interpellent une vigilance et un suivi plus soutenus». D’après le ministre, « la présentation du dispositif du monitoring relatif à l'évolution des conjonctures sectorielles a conforté les signes de reprise au niveau de l'ensemble des secteurs concernés (automobile, composants électroniques, tourisme, OCP et transferts des MRE) à l'exception du secteur textile-habilement et l'aéronautique.
Ainsi, note le ministre, selon les données provisoires de l'Office de changes, les exportations de phosphates et dérivés sont en  hausse de 62,4% en glissement annuel. Les perspectives pour le reste de l'année 2010 s'annoncent bonnes, ajoute le ministre, tirées notamment par la reprise de la demande au niveau de l'Europe, des Etats-Unis et de l'Inde.

Evolution contrastée
des exportations
A l’inverse, les exportations du secteur textile-habillement enregistrent une baisse cumulée de 17,6% à fin mai, notamment pour les vêtements confectionnés, et de 10,2% pour les chaussures. Il convient de souligner, ajoute le ministre, l'atténuation du rythme des baisses constatées au cours des premiers mois ainsi que la reprise des importations en admission temporaire du secteur de 3% à fin mai augurant d'un début de reprise de l'activité à l'export.
S’agissant du secteur automobile, M. Mezouar note une poursuite de la bonne performance des exportations du secteur avec une hausse de près de 34% tirée essentiellement par le bon comportement de la composante «câblage», qui a enregistré une augmentation de 34,3% et le segment «voitures utilitaires et de tourisme» dont les exportations ont augmenté de 130%.
De la même manière, les exportations du secteur de l’électronique ont progressé de 18% tirée par les composants électroniques qui ont progressé de 40,2%. L'évolution des importations en admission temporaire du secteur dénote d'une forte reprise au cours des cinq premiers mois avec +83,6%.
En revanche, rappelle le ministre, les exportations du secteur de l'aéronautique ont accusé une baisse de 32,2% à fin mai s'expliquant par la contre-performance des segments «câblage» et «manufacturing» qui ont chuté respectivement de 50,6% et 44,1%.
A l’inverse, le tourisme poursuit son évolution positive, comme en atteste, indique le ministre, la bonne performance de l'activité avec une hausse de 12% des arrivées touristiques et une progression de 10,2% des recettes voyages à 1.537 millions DH, par rapport à la même période de l'année précédente.
Pour leur part, les transferts MRE sont en hausse en glissement annuel de 11% à fin mai ou l'équivalent de près de 2 milliards DH. M. Mezouar fait remarquer la bonne performance des transferts en provenance de l'Espagne en dépit du taux élevé du chômage et la stagnation de ceux provenant de la France, principal pourvoyeur de ces fonds.

Essoufflement des dépôts bancaires
Cette réunion a également été l'occasion pour le GPBM d’éclairer le CVS sur l'évolution des ressources et des emplois du secteur bancaire depuis 2007 jusqu'à fin mai 2010. Le constat révèle un essoufflement des dépôts, malgré le grand effort de bancarisation effectué par les banques, ce qui nécessite une forte mobilisation pour redresser la captation de l'épargne. En perspective, les efforts de bancarisation devraient se poursuivre afin d'améliorer la proximité des banques avec la clientèle.
Dans son intervention, le président de la CGEM a présenté les résultats du baromètre de la CGEM qui place la problématique de la concurrence déloyale et les difficultés de financement comme premières sources d'inquiétude des entrepreneurs, ce qui risque d'aggraver les problèmes de compétitivité, notamment des PME. Une approche globale des problématiques structurelles auxquelles sont confrontées les entreprises est en voie de maturation et permettra de décliner des propositions qui enrichiront le partenariat public-privé au meilleur service de l'économie marocaine.
Des restitutions des travaux des comités sectoriels ont été présentées, mettant l'accent sur les perspectives d'évolution des secteurs en question mais également apportant des éléments d'évaluation des mesures de soutien apportées par les pouvoirs publics au profit des entreprises en difficulté.
Le débat animé à la lumière de ces différentes interventions a permis de statuer sur la prorogation de ces mesures de soutien jusqu'en fin décembre 2010 et ce pour l'ensemble des secteurs concernés. Il a également permis de décider la relance de certains comités sectoriels, en l'occurrence « l'immobilier » et le « tourisme » et d'instituer un comité sectoriel dédié à la question de « l'épargne » qui devrait faire converger les analyses existantes, les enrichir et faire ressortir des recommandations appropriées à soumettre lors du prochain CVS.
Au terme de cette réunion, le ministre de l'Economie et des Finances a signalé que l'outil du CVS devrait être adapté à la nouvelle donne, allant d'une logique de réaction vers une logique d'anticipation et intégrant un périmètre un peu plus large traitant des thématiques spécifiques à caractère structurel. A cet égard, le CVS est désormais institutionnalisé avec une fréquence trimestrielle mais qui reste flexible. Les réunions des comités de veille sectorielle garderont leurs fréquences mensuelles pour renforcer leur capacité d'analyse et de proposition et les soumettre au CVS. 

Achir Karim
Vendredi 25 Juin 2010

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1.Posté par Lemhini le 25/06/2010 23:16

Le Maroc finance ses projets sur la base de la dette externe

Le fameux économiste et expert en économies émergentes, Thierry Apoteker, considère que la croissance économique du Maroc se fait au détriment de son solde externe. Voilà pourquoi il ne figure pas parmi les pays émergents les plus sûrs en termes de risque économique et financier. La révélation a été faite jeudi 24 juin à Casablanca à l'occasion de la 3ème édition de la conférence « Risques Pays » organisée par le groupe Attijariwafa bank autour du thème « situation économique mondiale et risque pays » avec comme question centrale : « le grand écart est-il tenable ? ».
Devant un auditoire constitué essentiellement de professionnels de la finance et du commerce international, le directeur-fondateur du cabinet TAC et professeur à HEC-Paris, a présenté son analyse des pays émergents à fort potentiel et à risque qui serviraient de marché alternatif pour les entreprises internationales à la lumière de la propagation de la crise dans les pays industrialisés. L'expert considère en gros que la crise globale accélère la mutation du monde, puisque les pays émergents continuent de voir une croissance de leurs économies et marchés nettement plus rapide que chez les pays développés. Ce sont donc ces économies émergentes qui vont tirer la demande au cours des années à venir, puisqu'ils connaissent une montée de la classe moyenne, des changements des modes de consommation, et expriment des besoins massifs en infrastructures et urbanisation. Pas surprenant alors que la gouvernance mondiale incorpore de plus en plus les pays en développement. Les opérateurs marocains actifs sur ces pays émergents ou ayant une stratégie d'expansion à l'international devront toutefois, selon lui, avoir un radar allumé sur ces pays pour accéder à l'information, mesurer les risques et pouvoir saisir ainsi les opportunités.
Dans son analyse, Apoteker a expliqué son approche structurée de risques pays concernant une trentaine d'économies émergentes d'intérêt pour les entreprises marocaines notamment. Globalement, l'analyse se penche d'une part sur le risque économique et financier et d'autre part sur le risque politique et de gouvernance. Le premier se concentre sur trois types de sous-risques : activité/demande, paiement/financement et change. Concernant donc ce « risque économique et financier », les meilleurs pays émergents sont l'Iran, l'Algérie, le Cameroun, la Libye puis Oman, le Congo, la Côte d'Ivoire, la Tunisie et l'Egypte. Le Maroc, qui fait partie de l'étude, a été classé 14ème sur une liste de 21 pays faisant objet de l'analyse risque pays sur la base de l'approche RiskMonitor. Celle-ci prend en compte un ensemble de modèles complexes construit autour de 6 équilibres fondamentaux fournissant des notations de risque économique et financier. Selon Thierry Apoteker, la Tunisie et l'Egypte sont mieux positionnées à ce niveau que le Maroc du fait que la croissance économique de ce dernier se fait au détriment du solde externe, c'est-à-dire que le royaume finance ses projets sur la base de la dette externe.
Pour ce qui est des autres pays en développement, ils ont été évalués par une autre approche parallèle à celle de RiskMonitor, puisque celle-ci reste inapplicable à ces pays à cause de difficultés statistiques. D'après les résultats de cette approche, Guinée Bissau, Centrafrique, Guinée Equatoriale, Burkina Faso et Mali sont les pays qui représentent moins de risques.
Par ailleurs, en matière politique et de gouvernance, TAC utilise 6 indicateurs fournis par la Banque Mondiale, dont libertés civiles et transparence, stabilité politique, qualité réglementaire et contrôle de la corruption. Sur la base de ces indicateurs, Qatar, Emirats Arabes Unis, Oman, Bahreïn, Koweït, Ghana et Jordanie affichent les plus importantes performances. Le Maroc à titre comparatif est classé 14ème sur une liste de 34 pays, derrière le Mali (13), le Sénégal, le Benin et la Tunisie (10) et devant, notamment, l'Arabie Saoudite, le Burkina Faso et l'Egypte.

source : maroceco.ma

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