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En dépit de la persistance de facteurs pénalisants : Le commerce avec l’Afrique promis à un bel avenir




Les échanges commerciaux du Maroc avec l’Afrique demeurent encore de très faible consistance, affectés par plusieurs facteurs pénalisants, notamment le caractère restrictif des politiques commerciales de la majorité des pays subsahariens et le coût élevé de la logistique.  Dans une «note sur les relations du Maroc avec les pays de l’Afrique subsaharienne», la DEPF (Direction des études et des prévisions financières) constate que le commerce entre les deux partenaires se situe à un niveau inférieur à ce que laissent supposer les opportunités existantes.
Dans un contexte international marqué par une dynamique particulière des échanges mondiaux, les échanges commerciaux du Maroc avec les pays africains reproduisent les mêmes faiblesses qui caractérisent les relations commerciales entre les pays du Sud.
Entre 1990 et 1998, le montant global des échanges commerciaux du Maroc avec les pays d’Afrique subsaharienne s’est élevé, en moyenne annuelle, à 300,6 millions de dollars, soit seulement 2,1% de la valeur totale des échanges extérieurs du Maroc. Cependant, entre 1998 et 2008, les échanges commerciaux entre  le Maroc et ces partenaires d’Afrique subsaharienne ont enregistré une nette amélioration. Ils se sont établis à 529 millions de dollars en moyenne annuelle et ont atteint un milliard de dollars en 2008. Par ailleurs, les échanges commerciaux du Maroc avec ses partenaires africains ont dégagé un excédent de 282,8 millions de dollars en 2008 contre un déficit annuel moyen de 101 millions de dollars sur la période 1990-1998.
A l’exception de l’Afrique du Sud, les principaux fournisseurs africains du Maroc sont le Gabon, le Congo, la République Centrafricaine et la Côte d’Ivoire, tandis que nos principaux marchés à l’export sont le Sénégal, la Guinée Equatoriale et la Côte d’Ivoire.
La désagrégation des exportations marocaines, par produit, fait  ressortir le poids important de l’agroalimentaire, des produits mécaniques et électriques et des produits chimiques qui ont représenté, en moyenne annuelle entre 1998 et 2008, respectivement 45%, 19% et 12% du total des exportations marocaines vers cette région. Il est à noter que depuis 2005, les exportations marocaines de la conserve de pélagique, en volume et en valeur, à destination de l’Afrique sont en progression régulière, soit  respectivement 10% et 7% en moyenne annuelle.  
Durant la même période, les importations marocaines en provenance des pays de l’Afrique subsaharienne ont été constituées à raison de 49% et 35% respectivement de produits énergétiques et de produits agroalimentaires.
Il convient de signaler que la structure des échanges entre le Maroc et ses partenaires africains est restée globalement inchangée durant les deux dernières décennies et se concentre toujours sur les mêmes produits.

 Des facteurs pénalisants
Malgré les progrès substantiels réalisés durant les années 90, les politiques commerciales de l’Afrique subsaharienne restent relativement protectionnistes. En effet, selon le FMI, les régimes commerciaux en Afrique restent plus restrictifs que ceux d’autres régions. Les droits de douane, variable la plus couramment utilisée pour mesurer le degré de restriction des échanges, sont plus élevés (20% en moyenne) en Afrique que partout ailleurs. Les mesures non-tarifaires, comme les certificats d’importation, les contrôles qualité imposés parfois aux importations de manière discriminatoire et la multiplicité des régimes fiscaux entre les pays, sont de nature à augmenter les coûts de transaction afférents aux échanges extérieurs, avec un effet négatif sur la compétitivité des industries nationales et sur le volume des échanges.
Outre les facteurs non-tarifaires, des  problèmes structurels liés notamment à l’infrastructure des transports limitent l’expansion des relations commerciales entre le Maroc et ses partenaires africains.  
 L’absence quasi totale de lignes directes de transport terrestre ou maritime, génère des surcoûts et limite incontestablement la compétitivité-prix des produits échangés. Ce handicap est amplifié par les dispositions des accords bilatéraux préférentiels qui soumettent l’octroi des avantages fiscaux à la condition du respect de la règle du transport direct. Ainsi, le transit d’un produit en territoire tiers occasionne de facto une rupture de la règle et constitue un motif de soustraction du produit du bénéfice du régime préférentiel.  
 De même, malgré l’existence de plusieurs accords commerciaux entre le Maroc et ces pays, le manque d’information au sujet du  cadre préférentiel du commerce avec les pays partenaires africains constitue un handicap majeur à la réalisation des objectifs attendus d’un tel dispositif de coopération. Ce déficit informationnel ne se limite pas au manque de diffusion des opportunités et des  facilités qu’offre ce cadre aux opérateurs économiques ; en fait, ces derniers sont quasiment absents dans  l’ensemble du processus de préparation et de négociation des accords.

Tout peut bien arriver…

Le Maroc a signé avec les pays de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) un accord commercial et d’investissement à Rabat en 2002 après quatre ans de discussions préliminaires. Mais, cet accord n’est pas encore entré en vigueur, parce que certains Etats de l’Union considèrent que leurs économies ne sont pas encore prêtes à la concurrence des entreprises marocaines et souhaitent au préalable la mise en place de mécanismes préférentiels en termes de tarifs et de règles d’origine. De son côté, le Maroc proposait l’entrée des produits industriels provenant de l’UEMOA sans droits de douane  et une réduction sur les produits agricoles. En échange, il était demandé aux pays de l’UEMOA d’appliquer une réduction progressive des droits de douane et des taxes d’effets équivalents pour les produits industriels marocains. Le taux de droits de douane nul devant intervenir avec un différé de quelques années qu’il restait à fixer.

ACHIR KARIM
Vendredi 4 Juin 2010

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