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En dépit de l’effondrement de l’URSS : Les libertés mises à mal au pays de Poutine




En dépit de l’effondrement de l’URSS  : Les libertés mises à mal au pays de Poutine
La Russie, affranchie il y a vingt ans du régime soviétique, est revenue depuis une décennie -- sous la houlette de l'ex-agent du KGB Vladimir Poutine -- sur nombre de libertés acquises, même si le régime est confronté maintenant à une contestation sans précédent.
Pour la première fois depuis l'arrivée au pouvoir de M. Poutine fin 1999, des dizaines de milliers de Russes sont descendus dans la rue en décembre pour contester les résultats d'élections législatives marquées par des accusations de fraudes massives au profit du parti au pouvoir Russie unie.
Les plus enthousiastes ont dit leur espoir d'un nouveau "printemps" russe, vingt ans après celui qui accompagna la chute du régime soviétique.
Boris Eltsine, le premier président russe, avait été le père du débat public en Russie quand il avait pris la tête de la première opposition politique légale et affronté le dernier dirigeant de l'URSS, Mikhaïl Gorbatchev, qu'il jugeait trop conservateur. Durant toute sa présidence, Eltsine avait été au centre de luttes politiques acharnées, composant avec un Parlement rebelle pour gouverner un pays au bord du chaos, avec une multitude de médias hétérogènes et incisifs. Son successeur, Vladimir Poutine, a imposé une tout autre réalité : la diversité des opinions a été sacrifiée sur l'autel de la "stabilité" et le pluralisme politique a été associé au chaos des années 1990. L'un des grands symboles de cette mise au pas a été la reprise en main des grandes chaînes de télévision, dont les émissions satiriques et les débats politiques ont été bannis dès le milieu des années 2000. Au Parlement, les textes ont été généralement adoptés sans débat jusqu'à présent, tant le parti Russie unie détenait une majorité écrasante. La protestation dans la rue n'avait jusqu'à présent pas été davantage tolérée, des centaines de policiers casqués dispersant manu militari les rassemblements d'opposants. La mobilisation qui a suivi les législatives du 4 décembre dernier -- des dizaines de milliers de manifestants à Moscou et des milliers dans les autres villes du pays -- a cependant pour l'heure changé la donne. Après avoir réprimé les premières manifestations, interpellé des centaines de personnes et avoir condamné à la prison des leaders d'opposition, le pouvoir a dû laisser organiser des manifestations dans lesquelles un des slogans était "La Russie sans Poutine". Les dirigeants russes ont dénoncé "l'ingérence" des Occidentaux -- notamment des Etats-Unis -- qui selon eux soutiennent l'opposition, et un mouvement qui vise à plonger le pays dans le "chaos".
Mais le président Dmitri Medvedev a aussi promis jeudi une vaste réforme politique et électorale assouplissant, si elle est appliquée, les règles du jeu. Selon le politologue Iouri Korgouniouk, du fonds Indem (créé par un ancien conseiller de Boris Eltsine), le régime en place s'est aperçu qu'il "ne pouvait plus faire aujourd'hui ce qu'il faisait hier". Rien ne prouve cependant que ce dégel va durer. L'opposition reste disparate, divisée et ses leaders manquent de crédibilité après avoir été écartés de la vie politique depuis une décennie. Et le régime au pouvoir n'a donné aucun signe qu'il envisageait de quitter la place. Ainsi, le parti au pouvoir, Russie unie -- toujours la majorité absolue à la Douma (Chambre basse) -- a élu mercredi un proche de Vladimir Poutine auquel est prêté un passé d'agent du KGB soviétique, Sergueï Narychkine, à la tête de la nouvelle assemblée. Jeudi, c'est Sergueï Ivanov, un membre du "premier cercle" de l'homme fort du pays et ancien comme lui du KGB, qui a pris le poste stratégique de chef de l'administration présidentielle, trois mois avant l'élection que brigue M. Poutine. Si la Russie est restée loin du totalitarisme de l'URSS, qui se caractérisait par le contrôle de tous les domaines de la vie publique et privée, le régime de Vladimir Poutine n'a du reste pas hésité à puiser dans les références soviétiques, temps de l'ordre et de la puissance russe.
M. Poutine a récemment souligné que, pour lui, l'Union soviétique --un empire de 15 républiques ethniquement et culturellement très diverses-- n'était rien d'autre que la "grande Russie". Accusé par l'opposition de vouloir rester au pouvoir aussi longtemps ou plus encore que Leonid Brejnev -- le dirigeant soviétique qui s'est accroché 18 ans au pouvoir bien que devenu grabataire -- M. Poutine a rétorqué que cette époque n'était "pas une période négative" dans l'histoire du pays.

AFP
Samedi 24 Décembre 2011

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