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En Thaïlande, envers du décor sombre pour les "éléphants à touristes"




Les éléphants, exploités en masse par l'industrie du tourisme en Thaïlande, vivent souvent dans des conditions "inacceptables", met en garde jeudi une ONG internationale ayant réalisé une étude inédite sur le sort des pachydermes en Asie.
Les chercheurs de World Animal Protection (WAP) ont visité plus de 220 attractions montrant des éléphants à travers l'Asie, soit 90% des entreprises du secteur selon l'ONG.
Au terme d'une étude de deux ans, leur rapport, publié jeudi, éclaire un secteur échappant souvent aux régulations, avec au total les trois quarts des "éléphants à touristes" qui vivent dans des conditions "mauvaises voire inacceptables".
Sur les 2.923 éléphants recensés dans l'industrie du tourisme, 2.198 se trouvent en Thaïlande. Viennent ensuite l'Inde (617 éléphants), le Sri Lanka (166), le Népal (147), le Laos (59) et le Cambodge (36).
Pour ce qui est de l'évaluation des conditions de vie, l'Inde et la Thaïlande sont les plus mauvais élèves en Asie, alors qu'un pays comme le Cambodge traite plutôt bien ses éléphants employés dans le secteur touristique.
"Quand ils ne sont pas utilisés pour des promenades ou des spectacles, les éléphants sont enchaînés jour et nuit, le plus souvent avec une chaîne de moins de trois mètres de long", un constat fait à travers toute l'Asie, souligne le rapport.
"La nourriture qui leur est donnée n'est pas bonne, ils ont des soins vétérinaires limités et sont gardés souvent dans des endroits stressants, avec de la musique forte ou des groupes de touristes, sur un sol en ciment", conclut le rapport.
L'industrie des parcs à éléphants en Thaïlande s'est développée dans les années 1990, après l'interdiction de l'exploitation des éléphants pour transporter des arbres dans le secteur forestier. Pour Jan Schmidt-Burbach, qui travaille pour WAP et est basé en Thaïlande, les touristes ont le pouvoir d'améliorer la vie de ces éléphants captifs en choisissant des sites qui favorisent l'observation des animaux.
"En règle générale, si vous pouvez étreindre, prendre un selfie ou monter sur un animal sauvage, c'est cruel et vous ne devriez pas le faire", explique-t-il à l'AFP.
L'ONG est particulièrement préoccupée par les cirques en Thaïlande, où les éléphants sont souvent vus en train de faire du tricycle, de marcher sur des haltères et même de jouer au basket.
"La formation nécessaire pour que les éléphants effectuent de telles prouesses est particulièrement cruelle et stressante", estiment les chercheurs.
Aujourd'hui, l'attraction est populaire auprès des dizaines de millions de touristes qui se rendent chaque année en Thaïlande. Toutefois commencent à apparaître des parcs à éléphants alternatifs, ne proposant pas de balades à dos de pachydermes mais seulement de les observer.

Libé
Lundi 10 Juillet 2017

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