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En Espagne, des tout-petits apprennent le chinois pour échapper au chômage




En Espagne, des tout-petits apprennent le chinois pour échapper au chômage
"Xiang jiao! Banane!", s'exclame Fu Huijuan, agitant en souriant le fruit en face de son élève de trois ans, Leon, dans une crèche privée de Madrid. Le garçonnet et ses quatre camarades de classe ont à peine appris à parler leur langue maternelle que déjà ils tentent d'assimiler le chinois, comme le font de nombreux adultes inquiets pour leur avenir professionnel dans une Espagne enfoncée dans la crise.
"Xiang jiao", répond Leon de sa petite voix, rayonnant lorsque la maîtresse lui tend un bout de banane et un autocollant pour le récompenser. "Xie xie. Merci".
Le cours de Fu est l'activité extra-scolaire la plus récente que propose la crèche privée TEO. Partout dans le pays, écoles et centres d'apprentissage de langues suivent la même tendance, organisant de plus en plus de classes pour des Espagnols espérant trouver du côté de la Chine des opportunités économiques absentes dans leur pays, qui alterne récession et croissance morose depuis l'éclatement de la bulle immobilière en 2008.
"Le chinois me semble être une langue essentielle dans le monde d'aujourd'hui, et la meilleure façon d'apprendre, c'est de commencer tout petit", explique la mère de Leon, Sara Vergara, aux portes de la crèche. "C'est une stratégie à long terme, pour trouver du travail plus tard", ajoute cette mère au foyer de 33 ans. "Et il me semble qu'il aime ça."  La crèche privée TEO a décidé de lancer ces cours après avoir vu d'autres écoles le faire, explique Pilar Alvarez, sa directrice. "Après la deuxième ou troisième classe, les enfants commencent à vraiment apprécier", affirme-t-elle. "Nous songeons même à l'introduire pendant les horaires normaux."
Les gouvernements régionaux, responsables en Espagne du budget de l'éducation, développent également l'enseignement du chinois. En Andalousie, région la plus peuplée, dans le sud du pays, le nombre d'inscriptions a doublé en deux ans, jusqu'à atteindre 1.200 étudiants, pour un programme d'enseignement gratuit cofinancé par le gouvernement régional et la Chine, affirme le ministère régional de l'Education.
"La Chine devrait devenir la première puissance mondiale dans quelques dizaines d'années", explique le ministère régional andalou. "C'est pour cela que le nombre de personnes étudiant sa langue et sa culture s'est envolé."
A Madrid aussi, le réseau des écoles publiques de langues pour adultes a vu la demande augmenter, avance Maria José Garcia-Patron, responsable de la formation professionnelle au ministère régional de l'Education.
"Pendant quarante ans, nous comptions environ 80 ou 90 élèves, mais ces dix dernières années, leur nombre a augmenté régulièrement pour atteindre environ 300", explique-t-elle. Et pourtant, l'apprentissage du Chinois, avec ses sonorités particulières et ses milliers d'idéogrammes, est souvent perçu comme particulièrement ardu pour les novices occidentaux.

AFP
Mardi 5 Novembre 2013

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