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En Australie, les requins utilisent Twitter pour signaler leur approche




En Australie, les requins utilisent Twitter pour signaler leur approche
Les autorités australiennes ont eu une idée originale pour tenter de limiter les rencontres entre l'homme et le requin. Elles ont équipé les squales d'émetteurs qui se mettent à tweeter dès que l'animal s'approche à moins d'un kilomètre de la côte.  
Depuis septembre 2011, six personnes sont mortes et plusieurs autres ont été blessées après avoir été attaquées par un requin dans les eaux de l'Ouest australien. Pour lutter contre ces attaques, les autorités ont décidé de prendre le taureau par les cornes mais d'une façon plutôt inattendue et innovante. Une idée qui permet à la fois de protéger les squales et les humains.
Concrètement, ils ont équipé 338 requins, parmi lesquels des grands requins blancs, d'émetteurs un peu particuliers. Ces derniers permettent de localiser les squales et de les détecter lorsqu'ils s'approchent à moins d'un kilomètre des côtes. Quand c'est le cas, l'émetteur envoie alors un signal pour prévenir de l'approche. Le message est reçu sur un ordinateur qui crée un tweet et transmet automatiquement l'information au service de sauvetage Surf Life Saving Western Australia (SLSWA).
Le tweet est précis puisqu'il indique à la fois la taille du requin, l'espèce à laquelle il appartient et sa localisation. Ce système est ainsi plus performant que les survols en hélicoptère et les patrouilles en bateau employés jusqu'ici. D'autant que les Australiens ont constaté que "l'information arrive véritablement le jour d'après [via la radio ou les journaux locaux], à un moment où le danger s'est depuis longtemps manifesté et où l'information n'est plus pertinente", explique Chris Peck, membre de la SLSWA.
Cette méthode ne convient pourtant pas à tous. Les défenseurs des requins jugent qu’avec de tels émetteurs, les squales deviennent des proies faciles. Les dispositifs permettraient aux chasseurs de tuer des proies de plus de trois mètres dans des zones réservées aux surfeurs et aux baigneurs.
 "Cela ne va avoir aucun bénéfice sur la sécurité des surfeurs et des amateurs de baignade mais cela va avoir une influence sur l'extermination des grands requins blancs et d'autres espèces en danger", estime Ross Weirn qui milite pour la protection des requins. Chaque année, ce sont 100 millions de requins qui sont tués, notamment, pour récupérer leurs ailerons qui finissent dans les soupes asiatiques. 
Reste que tous les requins ne sont pas équipés d’émetteurs. Ainsi, l’absence de tweets ne rime pas avec l’absence de requin. Pas plus d’ailleurs que la présence de requin n’équivaut à un danger mortel pour les baigneurs. "La simple présence d’un requin dans les parages ne permet pas de dire qu’il y a un quelconque danger", a indiqué à NPR Kim Holland, biologiste à l’Université de Hawaii, "
A Hawaii, des requins tigres sont tout le temps proches de nos côtes et pourtant nous n’avons que très très peu d’attaques", a t-elle affirmé. Même si l’Australie a connu plusieurs attaques ces deux dernières années, les squales ne représentent qu’une infime menace pour les humains. A titre de comparaison, il y a moins de morts suite à des attaques de requins dans le monde que de personnes tuées par des vaches rien qu’aux Etats-Unis (environ 22 par an).
Pourtant, les autorités australiennes craignent les attaques qui créent une véritable psychose et impactent fortement l’économie touristique. Outre les tweets, l'Etat d'Australie-occidentale prévoit de lancer des campagnes (la première débutera le 10 janvier) pour attraper et tuer des grands requins dans des zones de baignades très fréquentées. De nombreux défenseurs des squales ont déjà vivement contesté cette initiative.
Ils ont été soutenus par une centaine de scientifiques qui ont cosigné une lettre adressée au gouvernement, rapporte PopSci. Ils demandent à ce que des mesures de protection non létales soient adoptées et que la chasse aux requins soit abandonnée. Selon les scientifiques, cet abattage est inefficace pour prévenir les attaques puisque la plupart des grands requins sont extrêmement mobiles et ne restent pas longtemps dans la même zone. 

Maxisciences
Jeudi 9 Janvier 2014

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