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En Afrique de l’Ouest, éviter les embouteillages grâce aux réseaux sociaux




En Afrique de l’Ouest, éviter les embouteillages grâce aux réseaux sociaux
Iddrisu Mohammed fait vingt kilomètres à pied par jour dans les rues d’Accra, pour recruter des indics pour Jamless, un service d’information sur le trafic lancé récemment pour aider les automobilistes à passer moins d’heures dans les gigantesques embouteillages de la capitale ghanéenne.
Avoir un téléphone mobile et passer ses journées sur les artères d’Accra sont les deux critères pour faire partie de son réseau d’espions.
“Jamless vous donne l’état de la circulation dans le quartier d’Accra où vous vous trouvez et vous indique des itinéraires alternatifs à emprunter s’il y a des bouchons”, explique M. Mohammed, gérant du réseau d’informateurs de la société.
En Afrique de l’Ouest, où les infrastructures ne parviennent pas à suivre le rythme de l’explosion de la population et du nombre de véhicules, les habitants passent parfois plusieurs heures par jour sur les routes congestionnées.
Quelques entrepreneurs et des usagers frustrés par les bouchons quotidiens comptent sur les réseaux sociaux et les nouvelles technologies pour lutter ensemble contre ce fléau.
A Lagos, Giditraffic donne des informations à ses quelque 50.000 abonnés sur Twitter sur la circulation dans la mégalopole, deuxième plus grande ville d’Afrique après le Caire, connue pour ses “go-slows” interminables. En Côte d’Ivoire, les automobilistes envoient des informations via Twitter, Facebook ou par texto au site Internet Civroute pour éviter les zones congestionnées d’Abidjan.
Au Ghana, en plein boom économique grâce aux exportations d’or, de cacao et à la récente découverte de pétrole, le nombre de véhicules est passé de 21 à 30 pour 1.000 habitants entre 2003 et 2009, selon la Banque mondiale.
Les routes restent pourtant étroites et mal entretenues. Aux heures de pointe, les automobilistes sont prêts à tout pour rentrer plus vite chez eux, quitte à faire de grands détours ou emprunter une piste en terre battue. Avant Jamless, “les gens s’informaient sur la circulation via des amis, le journal et souvent la radio”, explique M. Mohammed. Mais leurs informations n’étaient pas actualisées en temps réel.
L’homme qui a monté Jamless s’appelle Guillaume Boniface. Cet ancien commercial pour une société française de télécommunications passait des heures chaque jour dans sa voiture à l’époque où il vivait à Conakry ou lorsqu’il voyageait en Afrique de l’Ouest.
“J’ai eu cette idée en Guinée, toutes les villes africaines ont le même problème de circulation”, dit-il, se souvenant d’automobilistes à bout de nerfs qui en venaient parfois aux mains.
“Et le Ghana m’est apparu comme un pays plus facile pour débuter”, ajoute-t-il.
Directeur exécutif de la société, M. Boniface est en contact avec les compagnies ghanéennes de téléphonie mobile et il prépare un site Internet qui sera lancé dans les prochains mois.
Jamless a commencé modestement avec un fil Twitter pour quelques centaines d’abonnés. Il peut aujourd’hui envoyer des informations actualisées sur le trafic par texto et propose même une carte des bouchons, deux services récents sur lesquels la société n’a pas encore communiqué, précise M. Boniface.
Si un informateur envoie des données sur le trafic à Jamless toutes les 20 minutes, il peut gagner environ 20 euros par mois, parfois plus, estime M. Mohammed.
La téléphonie mobile étant très répandue au Ghana, il est relativement facile de constituer un réseau d’informateurs grâce aux vendeurs de rue.
Ils envoient leurs informations par texto et le principal problème est que les informateurs ne comprennent pas toujours comment transmettre par texto un ensemble de caractères et de chiffres pouvant être lu par le service automatique de Jamless.
Même si la plupart de ses informateurs lui fournissent des informations justes, M. Boniface recroise toutes les données.
Pour maintenir son réseau, M. Mohammed arpente, muni d’un ipad et de deux téléphones mobiles, toutes les rues de la ville pour dénicher le bon informateur au bon endroit.
“Je recherche ceux qui sont à un point fixe”, explique-t-il, comme les marchands de cartes de téléphone ou de fruit le long des rues les plus animées. “Ils sont là tous les jours de la semaine”.
Un vendredi après-midi, le long d’une autoroute poussiéreuse en voie d’achèvement, M. Mohammed tente de remotiver Abdul Darmenikpui, un vendeur de vêtements traditionnels.  “J’aimerais que tu m’amènes de l’argent”, lui lance le marchand, qui n’a pas encore fourni assez de données pour être payé.  “S’il te plaît, continue”, lui demande M. Mohammed, “n’arrête pas”.

AFP
Lundi 8 Avril 2013

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