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En Afghanistan, le flair des chiens de guerre sauve les Marines




Sur les pistes empoussiérées d'Afghanistan, la vie des Marines est parfois suspendue à la truffe de labradors transformés en "chiens de guerre" passés maîtres dans l'art de flairer les engins explosifs.
"Ils sont fiables à 98%. Nous faisons davantage confiance à ces chiens qu'aux détecteurs de métaux et aux démineurs", souligne le caporal Andrew Guzman.
Dressés pour signaler cinq types de menaces - de l'explosif C-4 aux substances chimiques utilisées par les talibans pour concocter des engins explosifs improvisés - ces fidèles compagnons de guerre jouent un rôle de premier plan.
L'un d'eux vient de renifler quelque chose de suspect au coin d'un bâtiment lors d'une patrouille en fief taliban dans la province méridionale du Helmand, l'une des régions les plus dangereuses du pays.
Soudainement ses muscles se tendent, le chien se met à l'arrêt puis se couche, pattes vers l'avant.
Il s'avère que ce lieu a servi au stockage de nitrate d'ammonium, couramment utilisé comme engrais mais qui sert également à la fabrication de bombes artisanales. Le président afghan Hamid Karzaï en a précisément interdit la possession et la vente la semaine dernière.
"Un homme averti en vaut deux", lance le caporal Guzman.
Ces derniers jours, des unités de Marines américains patrouillent dans les environs du district de Marjah, s'exposant aux bombes artisanales posées par les insurgés.
Ces engins sont bon marché, faciles à fabriquer, reliés à des minuteurs ou à des systèmes de commande à distance. Ils peuvent être déclenchés par un détecteur de pression, et parfois groupés pour causer un maximum de dégâts.
Quelques jours auparavant, deux unités de Marines ont été prises en embuscade et piégées dans un bâtiment.
Deux soldats ont péri en marchant sur une mine artisanale, à un endroit que les chiens s'apprêtaient à inspecter. La déflagration a projeté au sol les deux maîtres et leurs chiens, mais ces derniers ont rapidement repris leur tâche.
"Ces chiens sont fantastiques. Ils permettent aux Marines de rester en vie", assure le lieutenant Aaron MacLean, commandant en second du 1er bataillon de Marines auquel l'équipe cynophile est attachée.
Mais au-delà de leur flair hors pair, ces chiens apportent également une part de réconfort moral aux soldats qui jouent souvent avec eux à leurs heures perdues.
Le "caporal" Brooks est un labrador de trois ans au pelage brun clair.
Il a servi trois fois en Irak et en Afghanistan. Sa truffe a permis de détecter 14 bombes et de sauver de nombreuses vies.
"Notre vie repose pas mal sur lui", explique son maître, le caporal George Grimm. "Tout ce qu'ils demandent, c'est qu'on s'occupe d'eux", ajoute-t-il en lançant à son compagnon un jouet de plastique à mordiller.
Le gouvernement américain a dépensé des fortunes pour le dressage de ces chiens confié à des prestataires civils pour le compte du Pentagone, expliquent les maîtres-chiens.
Aux bergers allemands, l'équipe cynophile afghane a préféré les labradors, plus faciles à dresser. Ils ont aussi la capacité de détecter une odeur à 500 mètres de distance.
Selon des sources officielles, jusqu'à 70 chiens sont actuellement déployés dans le sud afghan. D'autres "chiens de guerre" arriveront en renfort dans les mois prochains.

AFP
Samedi 30 Janvier 2010

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