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Empoisonnement, saisie de drogue et kidnapping …(II) : Voici le nouveau responsable des relations publiques de Blatter




Dans les années quatre-vingts, il fut condamné par contumace pour évasion fiscale et escroquerie. Il finit par payer une amende de 133 millions de dollars, mais en 2001 l’Etat de New York lui réclama 137 millions de dollars supplémentaires. A l’époque, Rudolph Giuliani, le maire de New York, déclara que c’était « le cas le plus énorme d’évasion fiscale dans toute l’histoire des Etats-Unis ».
Peter Hargitay gagna beaucoup d’argent en aidant Marc Rich. Quand j’interrogeai le conseiller spécial du président Blatter sur cette période, il éluda ainsi : « Rich a été accusé d’évasion fiscale, ce qui est un délit aux Etats-Unis, mais pas en Suisse ».
Hargitay passa de la promotion des qualités de Marc Rich, le violeur d’embargo international, à la production de la comédie musicale King, retraçant la vie de Martin Luther King, au Piccadilly Theatre de Londres. Hargitay me déclara : « Les représentations se sont arrêtées au bout de trois mois à peu près, avec toutes les factures payées ». En réalité, la comédie musicale fut jouée du 23 avril au 26 mai 1990.
En 1995, le magazine Blick de Zurich prétendit que Peter avait été impliqué dans un trafic de devises en Hongrie. Celui-ci m’expliqua qu’il était à l’époque consul honoraire de Hongrie en Suisse, ce qui expliquait qu’il se soit fait « beaucoup d’ennemis ». Selon lui : « L’un d’eux était un colonel de l’armée communiste convaincu d’avoir organisé un système de vente pyramidale. Pour sauver sa peau il a affirmé que  mon cabinet-conseil – et non moi – lui avait vendu des actions que par la suite il ne lui aurait pas données. Plus tard, cet homme s’est retrouvé en prison. Pas moi. »
D’après Peter, le journaliste ayant signé cet article venimeux faisait montre de partialité parce que Peter avait refusé de l’embaucher.
Peter joua encore de malchance, en août 1995, quand des inspecteurs jamaïcains saisirent de la cocaïne sur un bateau appartenant à l’une de ses entreprises. La presse locale parla de seize kilos. Selon Peter, toujours : « Il y avait sept kilos de sucre et quelque chose de mélangé avec un peu de cocaïne. » Après un bref séjour derrière les barreaux, il passa en procès et fut… blanchi.
Les journaux jamaïcains citèrent les propos de Peter affirmant être « un ancien diplomate et un membre des services de renseignements de l’armée suisse ». Hargitay me certifia que le gouvernement des Etats-Unis lui avait créé tous ces problèmes parce qu’il avait refusé de les aider à enlever Marc Rich.
Dans une lettre adressée au Herald de la Jamaïque, Michael Houlahan, directeur du Bureau d’information américain, déclara : « Les accusations intéressées et ridicules de M. Hargitay sur un lien entre lui et la CIA lors d’un prétendu projet d’enlèvement sur la personne d’un fraudeur internationalement connu sont présentées sans la moindre  preuve. Il apparaît en fait que cette campagne de diffamation est dirigée par M. Hargitay lui-même. »
Selon ses propres dires, Hargitay a intenté un procès au gouvernement jamaïcain pour détention arbitraire et malveillance.
Soudain surgit sur Internet une organisation jusqu’alors inconnue, le groupe ADHOC pour les droits de l’Homme. « Nous sommes, annonçait-il, un groupe d’écrivains d’investigations, d’avocats, de prêtres et de religieuses, de femmes au foyer et d’universitaires, de musiciens et de compositeurs, de directeurs de société et d’artistes, d’étudiants et de professeurs, d’adolescents et de femmes du troisième âge, d’homosexuels et d’hétérosexuels, de croyants et d’athées. » Malheureusement, aucun d’entre eux ne se sentait l’envie de dévoiler  son identité, quoique leur bureau de liaison au Royaume-Uni se trouvât au 10 Linden Gardens, dans le quartier londonien hupé de Notting Hill, et par pure coïncidence à la même adresse  que le domicile de Steven, le fils de Peter.
Le site web contenait un appel à donations, lesquelles devaient être envoyées sur un compte sis dans le village d’Allschwil, près de Bâle. Des choix radicaux étaient présentés aux donneurs potentiels. « Ne restez pas aussi à consommer jusqu’à ce que vous deveniez un obèse mental… Envoyez-nous un mot si vous souhaitez échanger une existence paresseuse contre une plongée dans le réel… Ou bien devenez gros et laid, et mourez d’une maladie de cœur. »
C’étaient de vrais durs, pas de doute sur ce point. « Dès que nous découvrons une injustice dans n’importe quel Etat se targuant d’être une démocratie, nous l’exposons et nous ne nous montrons pas frileux sur les moyens à employer, pas plus que nous ne sommes gentils et aimables. Nous rassemblons les informations… Nous investissons un système  injuste et nous opérons à partir de l’œil du cyclone… Nous tirons le tapis sous les pieds des corrompus qui acceptent les pots-de-vin… Nous  enquêtons sur les persécuteurs et nous rendons publics leurs comptes en banque à l’étranger. »
Hargitay ne révélait pas comment il avait accès aux comptes en banque privés.
La tragédie de Bhopal, l’affaire Marc Rich et le fiasco parfumé à la cocaïne en Jamaïque, autant de « données démodées sans intérêt pour quiconque, sinon pour ceux qui adorent les cancans et la fange », à en croire Peter. Tout ce qu’il souhaitait, c’était créer la confiance et la compréhension entre les médias internationaux, la FIFA et son client, M. Blatter.


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Jeudi 17 Septembre 2009

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