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Elections égyptiennes : Les intellectuels cherchent à jouer un rôle dans la nouvelle Egypte




Elections égyptiennes : Les intellectuels cherchent à jouer un rôle dans la nouvelle Egypte
"Les islamistes sont dans la rue, nous devrions y être aussi": face aux partis religieux en passe de dominer le Parlement, les intellectuels égyptiens cherchent le moyen de "sortir du ghetto" pour peser sur les événements.
Devant une cinquantaine d'intellectuels et d'artistes de tous âges, hommes et femmes, réunis ce soir-là à l'Atelier du Caire, une célèbre galerie, pour discuter de leur rôle dans l'Egypte post-Moubarak, le peintre et critique d'art Ezzedine Naguib prend la parole. "Nous discutons dans nos lieux fermés, dans nos quartiers aisés, quand va-t-on en sortir? Quand va-t-on quitter le ghetto?", lance-t-il. "Les employés du tourisme ont manifesté pour défendre leur industrie parce qu'ils l'estimaient menacée par les islamistes, les médias ont parlé d'eux. Nous, on fait juste des communiqués, on n'est pas sur le terrain, on n'a pas de place dans la société", poursuit-il. A tour de rôle, chacun prend la parole pour exprimer ses attentes dans la nouvelle Egypte, celle de l'après-"révolution" et un leitmotiv revient: "Où sont les intellectuels?". "Pourquoi ne sommes-nous pas présents dans les écoles? C'est là que tout commence pourtant", déplore Safaa Ahmed, une peintre d'une trentaine d'années, qui porte un foulard coloré sur les cheveux.
Tous ne peuvent que constater l'implantation des islamistes, Frères musulmans en tête, qui organisent des activités sportives ou extra-scolaires pour les jeunes et ont tissé depuis plus de 80 ans des réseaux de charité.
Mais les responsables de leur inquiétude, ce sont avant tout les salafistes, ces tenants d'un islam rigoriste qui ont déclenché une polémique en s'attaquant à l'icône Naguib Mahfouz.
Alors que l'Egypte célèbre le centenaire de la naissance du prix Nobel de littérature, décédé en 2006, un de leurs candidats malheureux aux législatives, l'a accusé "d'inciter au vice" en parlant de "drogue et de prostitution" dans ses romans basés sur une "philosophie athée".
La percée salafiste dans le pays, longtemps phare de la culture arabe, est "une vraie catastrophe, qui n'est que le résultat de la disparition des hommes de culture de la société. Nous ne parlons pas avec le peuple égyptien, alors que nous en faisons partie", juge un homme dans l'assemblée.
Mohamed Abla, un artiste plasticien qui mène le débat ce soir-là, nuance: "Lors des manifestations sur la place Tahrir en janvier-février et dans la rue Mohamed Mahmoud en novembre, les jeunes dessinaient sur les murs, dans la rue, l'art était partout pendant la révolution".
Dès 2004, de nombreux intellectuels se joignaient à "Kefaya" (Assez!), un mouvement anti-Moubarak qui avait provoqué un électrochoc et semé les graines de la révolte de 2011
Et sur la place Tahrir, des artistes se sont fait porte-voix des revendications populaires.
Mais après la "révolution", il y a eu la première phase des élections, largement remportée par les islamistes, puis la deuxième des trois phases, où les libéraux se sont une fois de plus présentés divisés. "Aujourd'hui, il ne nous reste plus qu'une seule bataille à mener: celle de la Constitution. Et nous devons désormais réfléchir au rôle que nous voulons jouer", affirme Moustapha Mahmoud, traducteur.
"Nous ne défendons pas la Constitution des artistes ou des intellectuels, nous défendons la Constitution de tous les Egyptiens et nous devons garantir à tous la liberté d'expression et d'opinion, la mère des libertés, celle dont découlent tous les droits de l'Homme", renchérit Mohamed Abla. "Les vraies questions aujourd'hui sont: comment influer sur cette Constitution? Comment faire front uni pour défendre la liberté d'expression de tous? De tous, même des salafistes", martèle-t-il.
Ce soir-là, ils ont décidé d'y répondre par un nouveau communiqué.

AFP
Samedi 17 Décembre 2011

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