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Election présidentielle au Congo

Kolélas, arrivé deuxième, appelle ses partisans à accepter les résultats du scrutin




L'opposant congolais Guy-Brice Parfait Kolélas, arrivé deuxième à la présidentielle congolaise du 20 mars, a appelé mercredi ses partisans à accepter les résultats officiels du scrutin, entachés à ses yeux de graves irrégularités, deux jours après de graves violences à Brazzaville.
 "Moi, Guy-Brice Parfait Kolélas, je ne verse pas dans la polémique et j'accepte le verdict, quoique discutable, de la Cour constitutionnelle", a-t-il déclaré à Brazzaville à l'occasion de sa première conférence de presse depuis l'élection, remportée par le président sortant Denis Sassou Nguesso.
 "J'invite cependant le président Denis Sassou Nguesso, proclamé vainqueur, à avoir le triomphe modeste, car cette élection a été émaillée d'irrégularités de tous genres. Il devra s'élever pour apaiser tous les Congolais", a ajouté M. Kolélas.
 Lundi, les quartiers sud de Brazzaville, acquis à M. Kolélas, ont résonné pendant plusieurs heures (d'avant l'aube jusqu'à la fin de l'après-midi) du bruit de tirs d'armes automatiques et de détonations d'armes lourdes, faisant fuir des milliers d'habitants vers le nord.
 Le gouvernement a accusé d'ex-miliciens Ninjas Nsiloulou d'avoir attaqué plusieurs bâtiments publics et a affirmé mardi soir que 17 personnes (3 agents des forces de l'ordre, 2 civils et 12 assaillants) avaient été tuées entre cette "attaque terroriste" et l'"intervention rapide" des forces de l'ordre.
 La milice Ninja Nsiloulou, aujourd'hui dissoute, a combattu le pouvoir de M. Sassou Nguesso pendant la guerre civile dite du Pool (1998-2003). Son chef, Frédéric Bintsamou, alias le pasteur Ntoumi, a fini par se rallier à M. Sassou Nguesso, avant de rejoindre récemment l'équipe de campagne de M. Kolélas.
 Au Congo, le nom des Ninjas évoque aussi celui des milices de Bernard Kolélas, le père de M. Kolélas, ayant combattu les Cobras de M. Sassou Nguesso pendant la guerre civile de 1997.
Lundi soir, la Cour Constitutionnelle, juge du contentieux électoral, avait confirmé la victoire du chef de l'État sortant dès le premier tour et sa réélection pour un mandat de cinq ans avec plus de 60% des voix.
Rejetant les explications officielles sur les événements de la journée de lundi, M. Kolélas a estimé que ce qui s'était passé relevait d'un "montage" destiné à "tuer dans l'oeuf toute contestation qui viendrait de la proclamation des résultats définitifs de l'élection présidentielle".
 M. Kolélas et quatre autres candidats unis par un pacte électoral anti-Sassou avaient qualifié de "forfaiture" les résultats officiels provisoires annoncés le 24 mars et appelé le peuple congolais à les contester par des voies légales et pacifiques.
 Leur appel à une grève générale le 29 mars n'était pas parvenu à paralyser le pays. La Cour constitutionnelle a rejeté le recours déposé par M. Kolélas, arguant qu'il n'avait pas été déposé dans les temps, ce que dément formellement l'opposant, affirmant que la Cour a compté comme des jours ouvrés le dimanche et le lundi de Pâques pour ne pas examiner sa requête.
 Dès le départ, M. Kolélas a dit ne pas vouloir que le sang coule, considérant que la population congolaise était hantée par le spectre des guerres civiles de la décennie 1990 - pendant laquelle M. Sassou Nguesso avait repris le pouvoir, en 1997 - et du début des années 2000.
 "Mon souhait le plus ardent est que le pays ne retombe pas dans les pratiques politiques auxquelles nous avions assisté dans les années 80 et 90, à savoir : de faux coups d'État, de fausses preuves, des gens accusés injustement, torturés et condamnés arbitrairement (...), ce qui serait un recul démocratique pour notre pays", a déclaré M. Kolélas.
 "Nous réitérons, une fois de plus, notre invitation à l'endroit des hommes d'église et à la communauté internationale pour qu'ils viennent au chevet du Congo", a ajouté l'opposant.
L'an dernier, des troubles meurtriers avaient terni la campagne pour le référendum constitutionnel d'octobre, qui a permis un changement de Constitution autorisant M. Sassou Nguesso à se représenter.
 La présidentielle s'est déroulée sous black-out, le pouvoir ayant fait couper tous les réseaux de télécommunications (téléphone, services sms et internet) pendant quatre jours pour empêcher l'opposition de publier "ses" résultats.

Vendredi 8 Avril 2016

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