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El Houssaine Louardi, ministre de la Santé, agressé sous la Coupole

L’outrage fait à l’institution législative




El Houssaine Louardi, ministre de la Santé, agressé sous la Coupole
Le personnel politique est sous le choc. Le ministre de la Santé, El Houssaine Louardi a été l’objet d’une agression dans l’enceinte même du Parlement. Mercredi 8 janvier, six pharmaciens menés par le président du Conseil régional des pharmaciens du Sud, Abderrazak Manfalouti, s’en sont en effet violemment pris au ministre PPS de la Santé. Les pharmaciens appartiennent aux conseils régionaux des pharmaciens du Nord et du Sud, deux instances dont les dernières élections ont été contestées par la profession et qui font aujourd’hui l’objet d’une dissolution légale. 
L’agression d’une rare violence verbale -et qui a failli se transformer en atteinte physique si ce n’était l’intervention des conseillers de M. Louardi- a eu lieu au sortir de la commission des secteurs sociaux devant laquelle ce responsable gouvernemental présentait justement le projet de loi relatif à la dissolution des deux conseils régionaux des pharmaciens en question en plus du texte concernant le don d’organes. Les pharmaciens agresseurs qui ont pu accéder au Parlement grâce à une députée appartenant au Parti authenticité et modernité, Bouchra El Malki, se sont vu refuser l’accès à la salle abritant les débats de la commission des secteurs sociaux. Ils décident alors d’attendre Houssine Louardi dans le couloir y attenant.
A peine la porte de la salle de réunion franchie, le ministre de la Santé est agressé.  Insultes et menaces pleuvent.  L’agression physique est évitée de justesse, grâce à l’intervention de membres du cabinet ministériel. Les forces de sécurité, en fonction au Parlement, prendront le relais, maîtrisant les pharmaciens, auteurs de l’agression. 
Du jamais vu, jamais entendu dans les murs de l’institution législative. « Comment un ministre en fonction peut-il faire l’objet d’une telle agression ? Comment en est-on arrivé à pareil comportement ? Le Parlement aurait-il à ce point perdu toute crédibilité et tout respect ? ». Sous la Coupole, les questions fusent. Et elles font mal. Mal à l’institution législative, mal à la pratique démocratique, mal à l’action politique. « Non, s’exclame ce député de l’Union socialiste des forces populaires, la démocratie n’est pas l’anarchie !»
Les ministres de l’Intérieur et  de la Justice ont été sur le champ saisis par le ministre agressé qui a également informé Nabil Benabdallah, le leader du PPS, sa famille politique.
L’incident est grave. Dangereux pour la démocratie et le respect des institutions. La présidence de la Chambre des représentants a pris toute la mesure de la gravité de ce qui s’est passé. Elle a saisi le parquet général, une décision prise en raison  «du  caractère extrêmement dangereux de cet incident», apprend-on dans un communiqué diffusé par la MAP.
Des informations ont indiqué que les agresseurs, dont le président du Conseil régional des pharmaciens du Sud,  ont été poursuivis pour "insultes, diffamation et menaces contre un responsable dans l'exercice de ses fonctions" et devaient être entendus par le parquet dès hier, jeudi 9 janvier. Dans l’entourage de Houssine Louardi, on est formels : dans cette affaire, le responsable gouvernemental ira jusqu’au bout.
Et si le monde politique est en émoi, la Toile a condamné toute la journée de jeudi l’agression du ministre de la Santé commise à l’intérieur même du Parlement. 
« Je suis scandalisé que des pharmaciens, une supposée élite censée être éduquée et civilisée, en viennent à agresser physiquement en plein Parlement (!!!) un ministre de la Santé en exercice, El Houssaine Louardi (PPS), qui par ailleurs fait un travail remarquable sur plusieurs dossiers sur lesquels il a démontré non seulement une compétence avérée, mais aussi un courage politique qui fait défaut à beaucoup. Ce grave incident en dit long, à plus d'un titre, sur la ''force des lobbies'' et de leur détermination à faire valoir leurs intérêts étroits. Où va t-on ?? » a posté Abdelmalek Kettani, le président d’Alternatives. Le militant associatif Ahmed Ghayet a dit toute son indignation.  « Vraiment indigné par l'agression dont a été victime le ministre de la Santé, je voudrais l'assurer du respect et du soutien du citoyen et du militant que je suis », peut-on lire sur sa page Facebook.
Ce jeudi matin, en Conseil de gouvernement, les ministres ont dit toute leur solidarité à leur collègue de la Santé. « Il est très affecté et cela se voit », confie un membre de l’Exécutif.  

Narjis Rerhaye
Vendredi 10 Janvier 2014

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