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Driss Lachguar : Le nomadisme politique est pire que le commerce de la chair humaine

L’utilisation de l’argent a dépravé le rendez-vous électoral




«Les élections
professionnelles, communales et
régionales n’ont pas été honnêtes.  L’USFP refuse l’ensemble des
résultats électoraux. La corruption
électorale a été de mise.  Des pressions ont été exercées sur les candidats en particulier ceux de l’USFP. L’opération de révision des listes électorales n’a pas obéi aux règles
démocratiques
et a même tracé le terrain à certains. C’est la démocratie qui est en train d’être assassinée».


Ce mardi 6 octobre, et pour la première fois depuis la proclamation des résultats électoraux,  le Premier secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires s’est prêté   au jeu des questions-réponses. Face aux journalistes, Driss Lachguar a procédé à une première évaluation d’un long processus électoral qui s’est achevé le 2 octobre avec l’élection des 120 conseillers de la Chambre haute. Son constat tombe dès les toutes premières minutes de la conférence de presse tenue à Rabat, au siège du parti de la Rose. « Le gouvernement n’a pas su veiller au bon déroulement de ces élections que nous venons de vivre. Les textes organisant ces scrutins ont été adoptés dans l’urgence et sur la pression du calendrier électoral. Exemple, trois jours avant leur élection, les listes des salariés n’étaient pas prêtes. Certaines chambres ont été élues loin du principe de la compétition, avec des listes uniques.  Et on a même failli ne pas avoir 120 parlementaires  à la chambre des conseillers », soutient le leader socialiste qui n’hésite pas à mettre en cause  «  neutralité négative » et, dans certains cas « orientations bien précises ». « A l’évidence, il y a eu défaillance dans l’organisation ordinaire des élections ».

Argent, pression
et nomadisme politique

L’utilisation de l’argent a dépravé le rendez-vous électoral. Une grande partie des sièges de la Chambre des conseillers a été « achetée », affirme celui qui préside aux destinées de l’USFP. Et il n’est pas le seul à le dire. « Le chef de gouvernement a bien parlé de l’utilisation de l’argent de la drogue pendant ces élections. Le secrétaire général du PPS, qui est dans la majorité, a même appelé à la dissolution de la Chambre des conseillers à cause justement de l’argent et de l’achat des grands électeurs », explique-t-il.
Un laisser-faire aussi qui, aux yeux de D. Lachguar, a porté atteinte à la crédibilité du processus électoral. Il pointe un doigt accusateur sur le nomadisme électoral qui, à la veille des élections communales et régionales, a atteint son paroxysme. « C’est une honte politique. C’est pire que le trafic des êtres humains et le commerce de la chair. Le terrain politique s’est transformé en un terrain de jeu dangereux où l’argent coule à flots pour, comme pour les joueurs de football, transférer un candidat ou en acheter un autre. Dans de telles conditions, comment la construction démocratique peut-elle évoluer dans notre pays ? » s’interroge avec force le patron des socialistes.
Face à ce qu’il qualifie de « mascarade électorale », l’USFP ne compte pas lâcher prise et encore moins claquer la porte. Pas question de déserter les institutions. « Nous avons fait le choix de l’option démocratique depuis 1976 en militant à l’intérieur des institutions, fussent-elles mal élues », rappelle Lachguar tout en précisant que le scrutin que vient de vivre le Maroc est  frappé du sceau de l’irrecevabilité et de l’invalidité.  Le parti de la Rose est tout à la préparation d’un livre blanc pour évaluer le processus électoral dans son ensemble ainsi que les résultats réalisés par les socialistes marocains. La Commission administrative sera également convoquée.  Des décisions fortes seront prises.
Des répercussions sur la coordination entre partis de l’opposition ne sont pas à exclure.

« On ne quitte pas le navire
pendant la bataille »

 L’USFP n’est plus en odeur de sainteté avec le Parti authenticité et modernité  et a eu maille à partir avec l’Istiqlal dans certaines régions.  Driss Lachguar a-t-il  l’intention de démissionner ? s’est interrogé un journaliste . Non, a répondu le concerné parce que, a-t-il indiqué, il appartient à l’école d’Abderrahim Bouabid qui ne quitte pas un navire alors que la bataille fait rage.
 « La ligne politique de l’USFP sera précisée. Tous les socialistes qui ont à cœur de faire avancer le projet socialiste seront appelés à contribuer à cette réflexion sur la ligne politique. Toutes les potentialités de notre famille politique et qui se sont mis en retrait seront associées à cette initiative » annonce Driss Lachguar avant de conclure sur les visites qu’il vient de rendre  à  trois anciens premiers secrétaires du parti de la Rose, Abderrahmane El Youssoufi, Mohamed Elyazghi et Abdelouahad Radi dans la perspective de la commémoration de la disparition non résolue de Ben Barka. «Le cinquantième anniversaire de la disparition de Mehdi Ben Barka sera un  jour de fidélité encore plus fort car il réunira tous ceux et celles qui ont fait et continuent de faire l’Union socialiste des forces populaires ».

Narjis Rerhaye
Mercredi 7 Octobre 2015

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