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Driss Lachguar : Le gouvernement Benkirane constitue une menace pour les acquis du peuple

Invité par Alisa, le Premier secrétaire rappelle que l’USFP est le premier parti marocain à avoir appelé à l’instauration de la monarchie parlementaire




Driss Lachguar : Le gouvernement Benkirane constitue une menace pour les acquis du peuple
L’USFP est un parti pionnier en matière de consécration des principes de la gouvernance partisane, car il est passé d’un parti régi par la confiance et la légitimité historique à un parti-institution gouverné selon des règles claires régissant les relations entre tous ses membres et entre ses instances à tous les niveaux. C’est ce qu’a affirmé le Premier secrétaire de l’USFP, Driss Lachguar, qui était l’invité, jeudi dernier, de l’Association des lauréats de l’Institut supérieur de l’administration (Alisa) dans le cadre de ses conférences sur la gouvernance des partis politiques.
Devant un parterre de journalistes, de personnalités politiques dont des membres du Bureau politique du parti de la Rose, des lauréats de l’ENA et l’ancien directeur de cette école, Khalid Naciri, Driss Lachguar a considéré que la question de la gouvernance partisane fut un tabou, ajoutant que le fait d’aborder cette question tient de l’aventure vu qu’il y a absence d’une production culturelle la concernant.
A partir d’une lecture de l’histoire du parti des forces populaires depuis 1959, le Premier secrétaire de l’USFP, a mis en relief l’évolution de la question organisationnelle et notamment de la gouvernance au sein du parti.
L’UNFP, né d’une scission au sein de l’Istiqlal en 1959, n’avait aucun programme politique ou de règles organisationnelles claires. Ceci était dû, selon Driss Lachguar, à sa composition hétérogène. Sa direction était tripartite : une aile syndicale, la résistance et l’Armée de libération et une élite représentant la deuxième génération aux commandes de la direction du PI. Bref, l’UNFP ne disposait pas en ces temps-là d’une vision claire; la seule chose qui unissait ses trois composantes était la lutte contre le pouvoir arbitraire. 
Le martyr Mehdi Ben Barka a tenté lors du deuxième Congrès du parti en 1962 de définir l’identité du parti dans sa fameuse «Option révolutionnaire», mais en fin de compte, c’est le rapport moral élaboré par feu Abdellah Ibrahim qui a été adopté par les congressistes. Ce congrès n’a pas pu élire de dirigeant du parti et ce dernier a été géré par une direction collégiale. Le résultat logique en a été que toutes les instances ont été paralysées durant presque 10 ans, c’est-à-dire de 1962 à 1972. Entre-temps, le martyr Omar Benjelloun a tenté de trouver une réponse à cette situation et de poser les jalons de la gouvernance du parti. Il les a théorisés en 1965 dans son fameux « Mémorandum organisationnel », un document que le Premier secrétaire de l’USFP a qualifié de « premier document contenant des règles pour la direction du parti » inspirées de celles en cours au sein des partis révolutionnaires (cellule et centralisme démocratique).
C’est en 1972 et avec les résolutions historiques de la réunion de la Commission administrative, section de Rabat sous la direction de feu Abderrahim Bouabib, que le parti des forces populaires a mis fin à sa longue léthargie. Mais cette dynamique a été freinée après les événements du 3 mars. 
Le Congrès extraordinaire de 1975 a été une étape importante dans l’histoire de l’USFP. Il a résolu une fois pour toutes la problématique de la direction et  clarifié ses références idéologiques. Le Congrès que le parti a tenu en 1978 a approuvé, quant à lui, une ligne politique radicale en réclamant, dans sa déclaration finale, l’instauration d’une monarchie parlementaire, ce qui a bloqué pour un certain temps ses assises. Selon Driss Lachguar, c’est l’USFP qui a été le premier parti politique marocain à avoir appelé à une monarchie parlementaire.
Le Premier secrétaire a par ailleurs mis en relief  l’apport qualitatif du document intitulé « La crise de la société et l’édification démocratique » et présenté lors du 4ème congrès du parti en 1984, sans être rejeté. 
Lors du Congrès tenu en 1989, l’USFP est retombé dans une nouvelle crise à cause de l’imbrication entre le politique et le syndical. Durant cette époque, précise Driss Lachguar, « nous nous sommes heurtés à la légitimité historique. Nous n’étions pas passés par les urnes pour élire la direction du parti et ses membres n’étaient pas égaux en droits et obligations ». Et d’ajouter que la problématique de la légitimité historique a été résolue lors du VIème Congrès en 2001.  
Le Premier secrétaire de l’USFP a, en outre, rappelé que le parti a évalué l’expérience du gouvernement de l’Alternance présidé par Abderrahman El Youssoufi et les élections de septembre 2007, ajoutant que cette évaluation a été faite lors d’une conférence nationale organisationnelle qui a fait le constat du recul du parti et avancé une thérapie qui est à même de le redynamiser.
Il a, par ailleurs, affirmé que le 9ème Congrès national fut le seul à avoir élu une direction homogène, ajoutant que ce fut la première fois que les Ittihadis prenaient  connaissance avant la tenue du congrès, de la liste des congressistes qui étaient à jour de leurs cotisations et qui avaient, partant, le droit de prendre part au vote. Tout cela a été fait sous la supervision de l’ensemble des candidats en lice pour briguer le poste de Premier secrétaire.
Driss Lachguar a rappelé également les différentes mesures organisationnelles prises par l’USFP dans le cadre de la gouvernance partisane. Ce fut la première fois que le Premier secrétaire du parti a été élu directement par les congressistes lors d’un scrutin à deux tours, sur la base d’un programme et sous la supervision des médias, de l’opinion publique et des organisations des droits de l’Homme. 
Les Ittihadis ont renforcé davantage la gouvernance de leur formation politique en adoptant le principe de la séparation des pouvoirs, l’équilibre entre les instances décisionnelles et exécutives, la reddition des comptes, le renforcement de la décentralisation partisane en octroyant de larges prérogatives aux instances régionales et provinciales, et l’institutionnalisation des rapports entre tous les membres du parti pour garantir les droits et les obligations de tout un chacun. 
Driss Lachguar a, d’autre part, mis en  valeur le bilan positif du gouvernement de l’Alternance en dépit de l’avis de certains qui tentent encore de sous-estimer les réalisations de ce gouvernement présidé par El Youssoufi dans une conjoncture pourtant défavorable. 
Le Premier secrétaire a, en outre, rappelé les acquis du peuple marocain pour lesquels l’USFP a lutté et qui sont menacés par le gouvernement Benkirane. Dans ce sens, il a vigoureusement critiqué l’Exécutif qui a montré durant trois ans son incapacité à gérer les affaires de l’Etat et qui empêche l’opposition de jouer pleinement son rôle en la spoliant de son droit de légiférer. 
Au début de cette conférence, le président d’Alisa, Zakaria Hachlaf, a précisé que « la table de la gouvernance des partis politiques  est un rendez-vous mensuel qui offre l’opportunité de réfléchir sur les approches et méthodes usitées dans l’analyse de la chose « partisane » tout en aspirant à projeter de nouvelles fonctions et tracer d’autres orientations fondées sur un nouveau  balisage théorique et un savoir qui évolue dans le sens de l’analyse abstraite ». Et d’ajouter que le concept de cette table « est né du principe de l’évolution paradigmatique du vocable de   «gouvernance » et appelle en permanence -en tant qu’expérience innovante un enrichissement réciproque entre le réel vécu au sein des partis et le perçu à travers ce qui est renvoyé à l’élément extérieur au parti. C’est un concept qui est tributaire dans sa démarche de la nécessité d’enrichir le débat autour d’une thématique d’actualité avec la participation effective et engagée de l’ensemble des chefs des partis politiques et l’encadrement des organisations partisanes ». 

Mourad Tabet
Samedi 29 Mars 2014

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