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Driss Lachgar devant des milliers de participants au grand meeting de l’USFP

“Pour un Maroc démocratique, moderniste et libéré de toutes les formes de tyrannie, de répression, de chantage et de paupérisation”




Driss Lachgar devant des milliers de participants au grand meeting de l’USFP
Voici la traduction intégrale de l’intervention du Premier secrétaire de l’USFP, Driss Lachgar, lors du meeting populaire tenu, samedi dernier, au Complexe Moulay Abdellah à Rabat.
 
Chers invités
Sœurs et frères ittihadis
Mesdames et Messieurs
 
Mes salutations de bienvenue et de fierté à tous les militants et les sympathisants qui ont répondu favorablement à notre invitation de participer à ce grand meeting populaire.
Mes salutations de remerciement et de reconnaissance à l’égard de toutes les directions et compétences syndicales, politiques et associatives qui ont adhéré à nos côtés dans cette manifestation de colère et de protestation ; une manifestation faite de militantisme responsable contre le chantage politique, contre la paupérisation des masses et contre la confiscation par le gouvernement de la volonté, des droits et des libertés du peuple.
Salutations emplies de détermination et d’espoir à nos bases des forces populaires des campagnes et villes, des montagnes et des plaines depuis tous les lieux de travail et de production et depuis les champs de militantisme et de lutte les plus vastes, pour leur présence massive et significative à ce rendez-vous que nous avons fixé avec toutes les forces sociales et démocratiques pour un Maroc d’avenir, un Maroc de modernité, de digité et de justice.
Nous nous rencontrons aujourd’hui alors que notre pays vit au rythme de la crise, de l’hésitation et de l’inquiétude dans lesquelles se débattent ceux que les circonstances ont placé aux postes de responsabilité.
Nous nous retrouvons aujourd’hui à une étape avancée de notre action sur le terrain et à partir de notre position dans l’opposition tel que décidé par  notre neuvième Congrès national. Nous nous devons de nous rappeler avec recueillement la mémoire de nos braves martyrs tombés sur le champ du militantisme et du combat pour la démocratie, la liberté, la dignité et la justice sociale.
Nous nous devons également d’évoquer tous ces immenses sacrifices consentis par des milliers d’Ittihadis et autres militants issus des forces progressistes et sociales pour un Maroc démocratique, moderniste et libéré de toutes les formes de tyrannie, de répression, de chantage et de paupérisation.
Saisissant aussi l’occasion de ce meeting qui constitue une autre étape dans notre long parcours de militants et que nous organisons pour dénoncer toutes les tentatives visant à se jouer de notre destin commun et contre l’indifférence à l’égard de nos acquis et de nos institutions, nous nous devons d’exprimer, en votre nom, tous, notre considération et notre fierté à nos braves soldats et officiers des Forces Armées Royales et à la gendarmerie Royale qui veillent, dans nos provinces du Sud, à préserver  notre sécurité nationale et notre intégrité territoriale. De même que nous saluons l’ensemble des services de sécurité de l’Etat pour leur vigilance et leur dévouement dans leur mission de contrecarrer les complots terroristes visant la sécurité et la stabilité de notre pays et par là, l’anéantissement du modèle politique du Royaume que les Marocains ont adopté tout en adhérant, de par leur propre volonté et leur totale souveraineté, à son développement.
Votre présence aujourd’hui dans ce lieu et en ces circonstances est la meilleure réponse à tous ceux qui fondaient leurs espoirs du moins nourrissaient leurs chimères quant à la fin de l’USFP.
Nous voilà réunis et non dispersés, engagés et non désengagés, décidés à poursuivre le militantisme, fiers de l’organisation de ce meeting qui permettra la tenue d’autres manifestations locale, provinciale et régionale que prévoit notre parti. De même qu’elles seront l’occasion d’inaugurer  une pratique démocratique associant toutes les couches sociales du peuple marocain à nos discussions et nos positions sur la situation de notre pays.
Je vois dans cette salle des visages pleins d’espoir et de détermination à ce que l’USFP continue dans sa voie militante à travers son projet de renaissance et de lumière, ainsi que la grandeur de ses militants combatifs et libres.
Aujourd’hui, nous saluons de nouveau Abdelmajid Bouzoubaâ et Abdelkrim Benatiq pour leurs efforts de mobilisation et d’organisation qu’ils avaient déployés pour réussir le processus d’intégration. Nous devons aussi nous féliciter de cette action d’unité déterminante qui a prouvé que les Ittihadis ne sont pas uniquement des fidèles, mais qu’ils sont décidés à dynamiser leurs potentialités et à unir leurs compétences pour la réédification du grand foyer ittihadi qui peut accueillir tout le monde et l’ensemble de ses enfants.
Je ne suis pas un rêveur ni un passionné des souhaits, mais comme vous m’avez connu, je suis l’un des fils de l’USFP. Je saisis donc cette occasion pour renouveler mon engagement à œuvrer avec vous et à vos côtés afin de faire renaître les forces populaires, de renouveler le message ittihadi, celui de la dignité, de la liberté, de la justice, de la solidarité, de la liberté d’opinion, de l’action constructive, de la présence remarquée, un message porté par des militants fidèles qui marchent à pas sereins vers leur objectif, n’accordant aucun intérêt aux détails mineurs.
Chère assistance,
Alors que nous nous réunissons aujourd’hui pour protester contre la politique de chantage et de paupérisation, nous devons nous rappeler le bilan éclatant du gouvernement d’alternance pour que les Marocains puissent comparer entre le passé et le présent et pour que l’opinion publique nationale soit équitable quant aux réalisations d’hier et ce que nous vivons aujourd’hui. A titre d’exemple, la dette extérieure  qui était de 24 milliards de dollars avant de passer à 6 milliards de dollars en 2006.
Ce contrôle de la dette extérieure a permis au pays de retrouver ses décisions souveraines aux niveaux financier et économique à l’égard des institutions financières internationales. La majorité d’entre vous se rappellent les recommandations et conditions du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, entraînant des conséquences néfastes sur le pays durant les années 80 et début 90 et faisant perdre au Maroc des opportunités de développement.
Aujourd’hui, ce gouvernement est en train de reproduire le même scénario, du fait qu’il applique sans condition les consignes des institutions financières internationales. Des partis intéressés seulement de rester au pouvoir, ne se souciant guère de laisser aux générations futures une économie criblée de dettes. Aujourd’hui, la dette extérieure du Maroc a atteint environ 60% du Produit intérieur brut. Et l’approbation par lesdites institutions de l’augmentation des prix des carburants est une concrétisation claire des conditions que nous avons évoquées.  
Les nombreux indicateurs économiques à l’ère du gouvernement d’alternance ont contribué d’une manière considérable au changement du Maroc en l’espace de cinq années. L’investissement avait repris, de même que des projets colossaux avaient été réalisés, comme l’électrification du monde rural, l’extension du réseau routier, l’expansion des projets du logement social et la lutte contre la désertification dans le monde rural.
En parallèle, l’injustice a été levée sur les régions marginalisées et exclues pour des raisons politiques comme le Rif et les régions montagneuses. Il a été également procédé au changement de l’aspect des provinces du Nord, de même que l’Etat avait affecté dix milliards de dirhams pour l’Initiative nationale pour le développement humain.
Dans cet ordre, le peuple marocain a réalisé de grands acquis dans le domaine des libertés et des droits de l’Homme. Le pays a été mis sur les rails de la modernité ; les revenus personnels se sont améliorés, les traitements des fonctionnaires se sont multipliés. Dès lors le Maroc  a disposé d’une classe moyenne qui constitue un levier fondamental pour tout projet démocratique et moderniste.
Cette classe que le gouvernement actuel s’emploie à détruire, à appauvrir et à réduire à néant ses acquis. Et ce, en niant catégoriquement les rôles historiques joués par cette classe dans l’édification d’une société marocaine moderne et dans le changement démocratique de notre pays et son rôle de dynamiser le circuit économique. 
Cette classe moyenne est la première visée aujourd’hui par les politiques de paupérisation suivies par le gouvernement de la coalition rétrograde et conservatrice.
Chers frères et sœurs,
Chacun d’entre vous présent aujourd’hui doit être un témoin de l’engagement que nous avons pris. Un engagement pour empêcher cette série de régressions qui affecte aujourd’hui le champ politique, laquelle se manifeste à travers des discours et méthodes que nous considérons médiocres dans leurs prestations et dangereux dans leurs effets. Parce qu’elle frappe de plein fouet la crédibilité de l’action politique et aujourd’hui, nous ne sommes pas intéressés par qui gouverne, mais essentiellement comment il gouverne.
Comment gouverne-t-il?
Nous ne sommes pas les seuls à nous poser cette question, mais aussi l’opinion publique consciente, que ce soit l’administration publique, le secteur privé, la société civile et le mouvement syndical, dans les campagnes et les villes, à l’intérieur ou à l’extérieur. La conviction est devenue constante à propos du gouvernement actuel usant de méthodes de chantage politique à travers l’intimidation et la menace, à se focaliser sur des détails en occultant l’essentiel, à prendre des décisions aux conséquences fâcheuses pour le pays, en recourant seulement au vote parlementaire ou au pouvoir réglementaire, alors que la responsabilité dans une telle conjoncture exige qu’il y ait une méthodologie de concertation, de participation et de considération de l’avis des autres.
Peut-on imaginer un système démocratique efficace qui ne se soucie guère d’une crise gouvernementale suite à l’éclatement de la majorité actuelle ? Alors que quatre mois se sont déjà écoulés depuis la démission d’une grande partie des membres de cet Exécutif et ce, sans que le chef du gouvernement, avec ses larges prérogatives, ne puisse s’adresser officiellement à l’opinion publique pour l’informer de la situation, de ses allégations et de sa vision des choses. Au lieu d’accorder un intérêt à l’encadrement de l’opinion publique de manière claire et fondée, ce qui fait partie de l’éducation politique dédiée à l’opinion publique démocratique, il se contente de déclarations lors des meetings de propagande de son parti, tenant des propos versant davantage dans l’ambiguïté et l’inquiétude.
Les pertes accusées suite à ce genre de comportements n’affectent pas le droit du citoyen à l’information, mais s’étendent aux acteurs économiques nationaux et étrangers, qui sont actuellement dans une grande tourmente, face aux programmes du gouvernement. Du coup, l’on assiste au brouillage du monde des affaires et à l’absence d’opportunités économiques.
Pour eux, cela ne dépend pas de leur volonté. Cette position politique n’honore pas ceux qui l’adoptent et la diffusent, car elle ne fait que justifier la stagnation, au lieu d’accélérer la cadence de l’action, de résoudre les problèmes et d’ouvrir les dossiers épineux en suspens.
Ceci traduit bien évidemment une caractéristique propre à ce gouvernement et à son chef qui en fait un style de gestion et de gouvernance. Ainsi, il n’est aucunement raisonnable que les discussions au sujet du règlement intérieur de la Chambre des représentants s’étalent sur deux ans, même chose pour le chantier de la réforme de la justice dont le feuilleton aboutit enfin à une mascarade consolidant le droit d’accusation et d’inculpation et marginalisant celui de la défense. 
Nous vivons une régression certaine dont sont conscients tous les défenseurs des droits humains en général et les avocats en particuliers, que nous saluons pour leur vigilance contre les tentatives visant à porter atteinte à  l’indépendance de la profession, à travers le fait d’imposer la présence des parquets dans leurs conseils. Il s’agit aussi de dénaturer le bon déroulement des procédures, par le biais du principe de dénonciation de leurs clients. Bref, autant de mesures qui vont toucher directement au gagne-pain des avocats.
D’un autre côté, ce gouvernement dont le chef jouit constitutionnellement d’attributions sans précédent, laisse les acteurs politiques sans vision unique et unifiée pour les échéances électorales, alors que les démocrates marocains, et les Ittihadis en tête, avaient toujours fait de la consécration d’un agenda préalable, avec des dates connues de tous, un principe à même d’assurer la transparence et l’honnêteté des élections. D’où la nécessité pour l’Exécutif d’associer tous les partis politiques dans la phase de préparation des textes régissant ces échéances, étant donné que le gouvernement est le premier garant de l’édification démocratique, par le respect des rendez-vous et l’adoption de l’approche participative. Dans le cas contraire, le gouvernement est ainsi responsable de toute tension ou crise politique et institutionnelle,  menaçant au fond le principe de participation.
Des décennies durant, nous avons combattu ardemment et nous nous sommes sacrifiés pour la mise en place de l’Etat de droit, et partant, nous n’admettrons point aujourd’hui que soient bafouées et mises à l’écart les règles élémentaires pour le bon fonctionnement de l’Etat de droit.
On nous ressasse que le gouvernement est à ses débuts, comme s’il avait besoin d’un exercice d’adaptation, au détriment des aspirations de tout un pays et de tout un peuple. Et depuis quand les gouvernements d’Etats démocratiques demandent-ils une phase d’expérimentation avant l’entame de réelles politiques? Ils n’ont qu’à voir le nombre de lois en suspens, les décisions  importantes qui ratent leur réel timing et le coût élevé de cet attentisme : coûts financier, économique, politique et social …
Ce qui est étrange, c’est que ce gouvernement s’engage dans une série de coups bas portés aux libertés syndicales, au pouvoir d’achat des citoyens et déclenche un processus d’endettement intérieur et extérieur, ainsi que  le report sin die des grands chantiers tels celui de la formation et de l’éducation.
Nous n’allons pas énumérer toutes les aberrations commises par ce gouvernement incompétent. Il suffit de revoir les décisions impertinentes prises depuis son investiture. Il suffit de citer celle de geler 15 milliards de DH du budget d’équipement, l’augmentation à deux reprises des prix des carburants et l’entame d’un processus de  liquidation de la Caisse de compensation et enfin l’application de l’indexation.
Autant de mesures qui touchent au fond la politique d’épargne et d’investissement, et fragilisent totalement le système de financement. Un état des lieux qu’on occulte mal, à travers le recours aux avances de la Banque centrale sur les banques commerciales, et sans lesquelles, notre système bancaire serait déjà en crise structurelle. Sans oublier l’absence de toute vision quant à la situation des caisses d’épargne sociale.
Pour ce qui est du volet social, il est clair, chers frères et sœurs, qu’en sériant les mesures gouvernementales depuis janvier 2012, jusqu’à aujourd’hui, le gouvernement a choisi de confisquer les acquis réalisés par les masses laborieuses depuis le gouvernement d’alternance, et de porter atteinte à la classe moyenne. Ceci se manifeste à travers :
- l’absence d’un dialogue social;
- la non application des conventions précédentes;
- la non application des termes de la Constitution (Code des partis et des syndicats);
- la mise en œuvre de mesures hostiles aux intérêts de la classe laborieuse (Une circulaire d’orientation signée du chef du gouvernement, pour le compte de l’exercice 2014, appelle à n’introduire aucune hausse des salaires, ni promotion sous prétexte de la bonne gouvernance !);
- l’engagement unilatéral dans la réforme de la Caisse marocaine de retraite (CMR)
Quant au dialogue social, il a été gelé et deux uniques réunions préliminaires sans suite ont eu lieu avec le chef du gouvernement.
Ainsi, les commissions constituées à cet effet n’ont tenu aucune réunion ni produit de décision, ce qui est en soi une régression flagrante par rapport à l’institutionnalisation du dialogue social qui se déroulait en deux phases. Pire, l’Exécutif a mis un terme au dialogue tripartite, (gouvernement, patronat et  syndicats). Jusqu’à présent, aucune réunion n’a eu lieu, contrairement aux principes et recommandations des congrès de l’Organisation internationale du travail (OIT).
Pour ce qui est du dialogue sectoriel, il a été, à son tour, gelé de manière quasi-totale, tout comme les conventions sectorielles précédentes (éducation, santé, à titre d’exemple). Le gouvernement a même gelé la convention du 26 avril 2011, et au lieu de mettre en œuvre les termes de la Constitution, à travers l’élaboration de la loi organique relative au droit à la grève, le gouvernement a recouru aux prélèvements des salaires des grévistes, sans fondement légal. Il y a lieu aussi d’évoquer les autres mesures qui ont ciblé la classe moyenne telles que la proposition inapplicable de mettre à son profit des logements,  la hausse de la taxe de leasing et  de l’impôt sur les voitures.
Face à ces conditions sociales sans précédent, le gouvernement, préoccupé par ses guéguerres verbales, adopte depuis déjà des mois un attentisme mortel, sans considération aux intérêts de la nation. Voilà pour ainsi dire, de vraies bombes à retardement, et là encore, personne ne peut vraiment nous convaincre de baisser les bras face à cette dérive. Car, la prétention est sans appel :  le Maroc est un havre de paix stable dans un océan houleux, dont il est le seul garant de sa stabilité.
 
Quand stabilité rime avec chantage politique
Mais de quelle stabilité politique parlent-ils ? S’agit-il de leur stabilité sur les confortables fauteuils ministériels? Ou de la stabilité des Marocains soucieux et non confiants quant aux conditions de vie et celles de leur progéniture, ainsi que leurs droits à la santé et à l’éducation?
C’est ce qu’on appelle le chantage politique qui vise à transformer la stabilité dont jouissent les Marocains en épouvantail, dont l’objectif est de confisquer les acquis et les droits.
Chers frères et sœurs,
Le gouvernement a choisi de faire du chantage politique une méthode courante, un comportement adopté et une pratique consciente. A travers le chantage politique, ces groupes et leurs partisans  exposent ostentatoirement leurs forces via les menaces et les intimidations. Ils le font également au sein du Parlement. Les admonestations sont devenues monnaie courante depuis l’avènement de ce gouvernement qui exploite les moyens de l’Etat pour conquérir le pouvoir. L’insolence a atteint un stade où l’on tourmente les syndicalistes, malmène les hommes d’affaires, sous-estime les jeunes et les femmes, dédaigne les démunis et bafoue les libertés syndicales. C’est bel et bien la régression politique qui réduit, au fil des jours, l’espace des droits et des libertés.
C’est le gouvernement de la tourmente qui a gelé les réformes politiques et constitutionnelles et provoqué des animosités diverses avec tout le monde. Il suffit d’évoquer le secteur de la justice pour souligner que le gouvernement est en confrontation permanente avec les juges, les magistrats, les avocats, les huissiers de justice, les notaires, les âdouls, et avec l’ensemble du personnel de ce département.
Grosso modo, ce gouvernement suscite l’aversion de tous, des hommes d’affaires aux ouvriers, en passant par les fonctionnaires et diplômés chômeurs ou de simples citoyens. Il s’agit d’un gouvernement qui porte atteinte aux acquis et droits des citoyens .
Militants et militantes,
Lorsque l’USFP se donne rendez-vous aujourd’hui avec ses bases et alliés, et lorsqu’on assiste, dans ce meeting militant, à cette rencontre solide avec des centaines d’ouvriers et de paysans, des centaines de diplômés chômeurs, de cadres et intellectuels et des centaines de jeunes des générations montantes et prometteuses, ce n’est point uniquement pour protester contre la politique de paupérisation et de chantage, et pour lever très haut la voix des mécontents et insatisfaits contre ce gouvernement défait et inapte et de celles qui expriment leur ras-le-bol contre un Exécutif orgueilleux et hypocrite.
Lorsqu’on se rencontre lors de ce rendez-vous militant éclatant, c’est pour annoncer, avec une seule voix, le lancement effectif et pratique d’un front social et démocratique qui a pour objectifs la consolidation de l’espoir, la préservation des acquis et des droits et la lutte contre la voie dangereuse empruntée avec entêtement par le parti au pouvoir et sa majorité instable.
Nous nous rencontrons aujourd’hui pour lancer le début d’un front social démocratique contre le plan machiavélique du parti fondamentaliste qui entend atteindre trois objectifs concordants.
-bloquer la mise en application de la Constitution et les tergiversations concernant l’opérationnalisation de ses dispositions afin de faire avorter la transition démocratique;
-exercer un chantage sur l’Etat en échange d’un maintien au pouvoir à n’importe quel prix;
-adopter une politique de paupérisation qui a pour but d’éradiquer la classe moyenne et d’isoler la classe populaire pauvre pour lui vendre l’illusion et l’exploiter afin de réaliser son propre projet politique.
Par le biais de ce plan triennal, le parti fondamentaliste au pouvoir cherche à réaliser son projet politique qu’il prépare en douceur et dans les coulisses à travers son mouvement de propagande.
Il ne faut donc pas s’étonner si le chef du gouvernement ne donne aucun intérêt au facteur temps dans sa gestion des affaires de l’Etat et encore moins lorsqu’il s’agit du gel de son plan législatif. Il en va de même  concernant l’exécution du programme de sa majorité gouvernementale. Et il ne ressent pas la moindre gêne quand il s’agit de replâtrer ce qui reste de son gouvernement.
 Il n’est pas inquiété outre mesure par cette situation car, il agit en tant que chef de gouvernement fondamentaliste pur et dur qui exécute un agenda différent, opposé à  l’opérationnalisation de la Constitution et  l’édification démocratique. On se disait à l’arrivée de Benkirane à la tête du gouvernement  qu’il n’était pas encore prêt à gérer les affaires du pays et qu’il avait besoin de temps pour s’adapter à sa nouvelle responsabilité, maîtriser les différents dossiers et apprendre l’exercice du pouvoir, mais voilà bientôt deux ans que le gouvernement est en place et le chef du gouvernement se confine toujours dans le tâtonnement et l’improvisation.
Il n’a pas avancé d’un iota et il est toujours hésitant devant  les grands chantiers de la réforme attendue.
Il se rend toujours au Parlement pour s’adonner à des monologues croyant qu’il excelle dans le one man show.
Il surenchérit sur l’Etat, invoquant le Printemps arabe.
Il surenchérit également sur l’opposition, menaçant de descendre dans la rue.
Il en fait autant avec nous tous en invoquant la légitimité et la popularité.
Il continue à conseiller la jeunesse de son parti sur les bienfaits de la monarchie.
Il se considère toujours indispensable à la stabilité et à la continuité.
Il continue à solliciter la sympathie des masses populaires à travers un discours de victime.
Il fait toujours le chantage à l’Etat, demandant confiance et bonne intention.
Si nous nous réunissons ici et maintenant, c’est pour annoncer de vive voix que celui qui croit qu’il est possible de travailler seul et pour son propre compte ou pour prendre des décisions unilatérales ou qu’il peut imposer la pensée unique aux Marocains, se trompe dans son appréciation mais les Marocains n’aiment pas celui qui se trompe à leur sujet et celui qui les sous-estime.
Nous nous réunissons aujourd’hui pour dire à celui qui a l’illusion d’être le sauveur, qu’il nous dispense de cette absurdité et de cette hypocrisie. Qu‘il cesse de sous-estimer l’intelligence du peuple marocain et  qu’il cesse le chantage qu’il pratique à travers le mensonge politique, l’opportunisme et la pratique de l’hégémonie et de la dictature.
Oui, je dis bien “dictature”, car le parti au pouvoir qui avait axé sa campagne électorale sur la lutte contre la prévarication et l’hégémonie, a été incapable  de tenir ses promesses et s’est contenté de quelques pétards mouillés avec l’annonce de quelques listes de rente. La véritable dictature du chef du gouvernement a commencé avec les pratiques de ce dernier envers ses alliés dans l’équipe gouvernementale au cours de ses tractations pour le replâtrage de la majorité éteignant ses portables, refusant de répondre à leur  demande de réunions et en les ignorant au moment de la prise de décisions cruciales qui menacent la sécurité du pays.
Nous nous réunissons aujourd’hui au moment où les protestations contre les hausses des prix des carburants et des produits de première nécessité se poursuivent un peu partout et des rapports indiquent que quelques villes sont en état d’ébullition. On ne voit pas comment  un gouvernement minoritaire peut-il prendre une décision aussi dangereuse qui risque d’entraîner des réactions populaires imprévisibles? Comment un gouvernement incompétent au niveau de la gestion des affaires courantes peut-il prendre une décision hasardeuse  provoquant une hausse des prix et menaçant la paix sociale ?
Ce gouvernement  peut-il maîtriser  l’application de l’indexation et son impact sur les différentes classes sociales, ses forces  et ses organisations professionnelles?
Une telle décision dans des circonstances normales et avec un gouvernement fort et homogène, nécessite des analyses approfondies et une grande prudence. Le gouvernement Benkirane va-t-il brader la stabilité politique et sociale du pays ?
M.Boulif est-il conscient de ce qu’il dit lorsqu’il avance sans vergogne que les Marocains ne descendront pas dans  la rue pour une hausse des prix de quelques centimes ?
Ce sont là des propos irresponsables. Propos qui dévoilent l’orgueil abject d’un ministre  qui fait partie d’un gouvernement qui n’est plus intéressé ni par les institutions ni par les droits, encore moins par le citoyen.
Ce ministre doit s’estimer heureux, lui et son chef du gouvernement, puisqu’il existe dans ce pays une opposition forte et responsable ainsi que des forces sociales organisées, autrement leur politique d’improvisation aurait des conséquences catastrophiques pour le pays. C’est un gouvernement dont on ne peut rien attendre de probant.
Que peut-on espérer d’un gouvernement qui a délaissé la mise en œuvre des directives Royales concernant la promulgation de la loi sur le Conseil supérieur de l’éducation et de la formation et qui est resté tout au long d’une année,  immobile comme s’il était en train d’enrichir de l’uranium ?
Il était impératif  que le Roi insiste de nouveau pour que le gouvernement assume ses responsabilités après avoir gâché une année entière de la vie du système national d’éducation et de formation puisque le chef du gouvernement n’a rien compris et  n’a pas pris l’initiative d’opérationnaliser le  discours Royal. Une année au cours de laquelle Benkirane n’a cessé de soliloquer sous la Coupole, surenchérir sur les chômeurs, menacer  ses détracteurs,  porter atteinte au pouvoir d’achat des  couches  populaires et prendre des photos avec ses sympathisants. 
Nous savons que le leader de la majorité gouvernementale est un homme conservateur qui ne croit pas à la modernité. Mais, on n’a jamais cru qu’il va se montrer modeste en politique et qu’il pensera que pour l’exercice et la gestion du pouvoir, il suffit de véhiculer  la rhétorique de la confiance, de la satisfaction et de la bonne volonté à l’égard de la haute autorité du pays.
De cette tribune, nous le mettons en garde en soulignant que son pari est  vide et ridicule et que s’il tient à la satisfaction du peuple et du Roi, il doit travailler davantage et parler peu.
La preuve de la nullité de ce pari prôné en ligne politique périodique, est le fait que malgré les signes qui prétendent la satisfaction du Roi, la teneur du discours Royal du 20 août n’exprime aucune satisfaction à l’égard de la politique du chef du gouvernement, car ce dernier fait preuve de paresse et d’indifférence,  ne parvenant pas à comprendre que la question de l’éducation est prioritaire  après le dossier de l’intégrité territoriale.   
Sans risque de se tromper, on pense que le chef du gouvernement ne souhaite  pas la réforme de ce secteur du fait que cela peut susciter la colère de l’aile réactionnaire et de son Guide suprême qui a participé dernièrement à la réunion de l’Organisation internationale des Frères musulmans   à Lahore au  Pakistan.
Si le chef du gouvernement a perdu une année sans entamer le chantier de la réforme de l’éducation, il a fait de même concernant la recomposition de sa majorité.    En effet, six mois après le retrait du parti de l’Istiqlal du gouvernement suite à une décision du Conseil national de ce parti, aucun gouvernement n’est annoncé en perspective.   
Nul besoin de rappeler que l’aile de propagande du parti de Benkirane représentée par le mouvement de l’Unité et de la Réforme, a entravé elle-même l’annonce d’un nouveau gouvernement après avoir fait pression afin que certains membres de l’Exécutif restent, tout en imposant d’autres noms à l’instar du parti Justice et liberté égyptien avec son Guide suprême. C’est le cas également de l’ensemble des partis relevant de l’Organisation de Frères musulmans.
Les tractations tardives marquées   par des conflits  et des règlements de comptes personnels nous poussent à craindre  l’avènement d’un gouvernement copier-coller du précédent et qui porte les prémices  de son implosion. 
Benkirane nous a gâché six mois du temps politique en tardant à rafistoler sa majorité comme s’il s’agissait de sa propre maison plutôt que d’une institution étatique.
Ainsi, au sein de l’USFP et au nom de nos militants, nous annonçons d’une même voix avec nos partenaires sociaux et politiques que nous ferons face  à toutes  les manœuvres de chantage politique menées par le parti au pouvoir et que nous   allons  contrecarrer  la politique de paupérisation et d’anéantissement du pouvoir d’achat des classes populaires.
De par  notre souci de la stabilité de notre pays et de renforcement des acquis démocratiques, nous veillerons à ce que le gouvernement actuel assume ses responsabilités.
Imbus de cette volonté combative,  nous mobiliserons toutes nos énergies, nos compétences et nos institutions partisanes en vue d’exercer une opposition forte et sans répit.
Une opposition qui fait renaître l’espoir, ouvre les perspectives et redonne à l’action politique sa noblesse et son efficience.
Nous irons de l’avant dans notre alliance stratégique avec le parti de l’Istiqlal dans le cadre d’une renaissance du mouvement national ; un mouvement démocratique et moderniste  avec un nouveau souffle et de nouvelles générations.
Un mouvement  national déterminé à reprendre ses actions militantes et à œuvrer ensemble pour préserver les acquis et faire avancer  le processus démocratique.
Un mouvement national démocratique qui constitue une alternative crédible à cette absurdité.
Nul doute que nous serons au rendez-vous avec des prochaines étapes avec davantage de coordination avec nos alliés, davantage de persévérance et d’efficacité afin de défendre les droits et libertés des citoyens, toutes catégories confondues, et  pour interpeller le gouvernement sur sa sincérité à poursuivre les chantiers ouverts destinés à moderniser et mettre  à niveau le pays. 
Nous lui demanderons, avec fermeté, de rendre des comptes quant à la conformité de ses actions à l’esprit de la Constitution et à la volonté du peuple.
Nous vous promettons d’être plus vigilants quant à la capacité du gouvernement de se libérer de la tutelle et des pressions de l’aile  de propagande du parti au pouvoir ; cette aile qui hait l’école marocaine qui, malgré ses tares,  œuvre au quotidien à  faire échouer son projet régressif et obscurantiste.
Cette aile propagande qui exècre également l’art, la culture, la femme et la jeunesse ; cette aile de propagande qui n’appelle qu’à l’ignorance et  à la fermeture sur soi et qui apostasie les démocrates et qualifie de traitre  la société civile ; cette aile de propagande qui devrait lever sa tutelle  sur le gouvernement, et mettre un terme à ses manœuvres  en coulisses et à laisser la politique aux politiciens.
Tout un chacun devrait savoir qu’à partir d’aujourd’hui, la politique de chantage et le mépris affiché à l’égard des Marocains  seront confrontés par la lutte et la résistance sans répit.
Ceux qui sont concernés devraient savoir que le Maroc  pour  lequel se sont sacrifiés nos ancêtres et nos pères sera sauvé  de l’absurdité politique et de l’attentisme  meurtrier par les militantes et les militants, jeunes et vieux, enracinés dans la société et dans toutes les régions  du pays.  Ceux qui œuvrent au côté du peuple, proches de ses préoccupations,  en concordance avec ses ambitions, mobilisant leurs compétences sont conscients que l’échec du gouvernement ne signifie pas forcément l’échec du peuple.
Le gouvernement   devrait soit répondre à la volonté du peuple soit quitter le pouvoir.
Un gouvernement  responsable ne devrait  pas recourir  à des méthodes confuses s’agissant des grands dossiers du pays comme si le Maroc  n’était pas régi par des lois ni tenu par des engagements nationaux et internationaux.  
Un gouvernement responsable ne  devrait en aucun cas écarter les institutions et recourir au pouvoir réglementaire pour prendre des décisions  qui hypothèquent le présent et l’avenir du pays.  Cela est une dérive politique dangereuse  que d’aucuns ne sauraient, encore moins, passer sous silence.
Le peuple  exige aujourd’hui  d’être au fait de la situation économique et politique, de connaître la feuille de route du gouvernement pour combler les déficits enregistrés au niveau  des finances publiques, des  régimes de retraite et de liquidités financières.  Le peuple demande de connaître, sans détour, les données de la  conjoncture que traverse le pays.
Le gouvernement a perdu deux années en tergiversations et déclarations impromptues.
Nous tirons la sonnette d’alarme, et nous annonçons aujourd’hui  à l’opinion publique nationale que le gouvernement est dans l’incapacité de prévoir le danger ou d’éviter que le scénario des années 80 se reproduise, ce qui  l’a mis sous la tutelle des institutions financières internationales, à travers le PAS, et à subir 10 ans d’austérité.         
Nous estimons que la situation actuelle est appelée à s’aggraver au vu des dangereuses régressions enregistrées au niveau social et des libertés et nous n’acceptons pas que le Maroc dévie d’un référentiel juridique à un autre ambigu, comme c’est le cas pour le référentiel auquel recourt le ministre de la Justice pour s’attaquer au droit de grève.
Nous considérons qu’il n’existe aucun domaine qui permette l’ingérence des forces occultes qui s’emploient à manipuler les droits, parce que notre Maroc a un peuple qui le protège, et que notre pays jouit d’acquis  au niveau des droits de l’Homme qui ne peuvent être ignorés en usant de tromperies et de  méthodes répressives.
Tout le monde se pose la question de savoir si nous sommes aujourd’hui en bonne condition qu’avant l’adoption de la nouvelle Constitution, de même que l’on sait  que nous ne sommes pas dans l’opposition pour défendre les intérêts de notre parti, mais plutôt pour l’intérêt et la défense du pays.
De ce fait, nous appelons aujourd’hui tous les démocrates et les progressistes à se mobiliser, se montrer vigilants et s’engager dans le militantisme, d’autant que nous sommes à une phase cruciale ; une phase qui nécessite de contrecarrer   la politique d’anéantissement des espoirs du peuple marocain, de régression des droits de l’Homme et  de médiocrité politique.

Libé
Mardi 8 Octobre 2013

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