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Douze personnes tuées dans un attentat-suicide au Cameroun

L’attentat porte la marque de Boko Haram




Douze fidèles ont été tués mercredi dans une mosquée de l'Extrême-Nord du Cameroun lorsqu'un kamikaze s'est fait exploser pendant la prière du matin, dans un nouvel attentat-suicide portant la marque des islamistes nigérians de Boko Haram.
 L'attentat a visé la mosquée de Kouyape, un petit village de l'arrondissement de Kolofata, proche de la frontière avec le Nigeria, dans une zone où Boko Haram, qui a rallié l'organisation Etat islamique (EI) mène régulièrement des attaques, a déclaré à l'AFP sous couvert d'anonymat une source de sécurité de la région.
 "Sur le champ, 11 fidèles sont morts. Un douzième a succombé à ses blessures à l'hôpital", a précisé cette source.
Une autre source proche des services de sécurité a fait état de son côté de "13 morts (y compris le kamikaze) dans l'attentat-suicide de Kouyape".
 Les fidèles musulmans étaient rassemblés dans la petite mosquée du village lorsqu'un kamikaze s'est infiltré et "a actionné sa charge explosive en pleine prière de 5H30" (04H30 GMT), a expliqué la source de sécurité.
 "Le kamikaze priait avec d'autres fidèles" avant de se faire exploser, a-t-elle poursuivi. Selon cette source, l'imam de la mosquée attaquée fait partie des victimes.
 Dans la nuit de mardi à mercredi, deux autres personnes ont trouvé la mort dans la même localité lors d'une attaque attribuée à Boko Haram, a-t-on ajouté.
 Les imams et les chefs traditionnels sont souvent désignés par les islamistes comme des cibles du fait de leur hostilité au jihadisme et à la violence.
  De leur côté, les autorités ont banni le port du voile intégral dans plusieurs régions du Cameroun, ce vêtement servant régulièrement à dissimuler des ceintures d'explosifs. Le Tchad voisin, lui aussi la cible de Boko Haram, a lui interdit le voile sur l'ensemble de son territoire.
 Les attentats-suicides menés par Boko Haram sont en effet de plus en plus commis par des femmes, souvent très jeunes.
 Après avoir laissé passer pendant des années les combattants de Boko Haram actifs dans le nord-est du Nigeria, et qui se servaient de la région comme base arrière et lieu d'approvisionnement en armes, véhicules et marchandises, le Cameroun a renforcé sa présence militaire le long de la frontière nigériane, dans le cadre de la coalition régionale militaire (Cameroun, Nigeria, Niger, Tchad, Bénin) qui combat les islamistes.
 Depuis fin novembre, l'armée camerounaise mène dans plusieurs localités frontalières, des opérations "de ratissage" pour affaiblir les jihadistes nigérians qui restent très actifs entre le nord-est du Nigeria et l'extrême-nord du Cameroun.  De sources concordantes, ces actions ont beaucoup affaibli les capacités du groupe islamiste qui n'est plus engagé dans des confrontations frontales avec les troupes camerounaises, mais multiplie les attaques-suicides.
 Depuis juillet, plusieurs attentats attribués à Boko Haram ont ainsi visé des villes de l'extrême-nord camerounais. Plusieurs autres ont été déjoués ces dernières semaines dans la région.
 Ces attaques ciblent régulièrement les marchés, particulièrement animés en Afrique et lieux de vie par excellence sur le continent.
 Ainsi, le 28 décembre, deux femmes kamikazes s'étaient fait exploser dans un marché de Madagali, une ville reculée du nord-est du Nigeria, tuant au moins 30 personnes.
 Le 5 décembre, un marché d'une localité tchadienne avait lui aussi été visé par un triple attentat-suicide. Cette attaque avait fait 27 morts dans le village de Loulou Fou, situé sur une île du lac Tchad. L'insurrection de Boko Haram et sa répression ont fait au moins 17.000 morts et plus de 2,5 millions de déplacés depuis 2009

Jeudi 14 Janvier 2016

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