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Doukkala-Abda : Bras de fer entre les betteraviers et la Cosumar




Le mécontentement et la colère des betteraviers de la province de Sidi Bennour montent d’un cran et vont crescendo.  D’abord, à l’encontre de la Cosumar ; ensuite, contre l’Association des producteurs de la betterave des Doukkala.
Ce mouvement vient à temps, précisent les représentants des betteraviers, du fait que leurs doléances que « nous ne cessons de ressasser depuis bien des années et qui ne cessent de se multiplier au fil des saisons », demeurent jusqu’à présent sans écho. Les paysans s’engagent à relever le défi, en allant jusqu’au bout afin de sauver le secteur.
 C’est dans cette perspective que plus de 10 000 producteurs betteraviers relevant du Haut et du Bas service se sont mobilisés pour protester contre «notre exploitation et notre asservissement» pour arracher «notre dignité et nos droits».
Ainsi, le 24 avril dernier, plus de 3000 producteurs, quittant leurs champs pour être au rendez-vous devant la commune de Lahgagcha relevant de la province de Sidi Bennour, scandant des slogans avec toute la symbolique que cela représente pour eux, comme « notre terre, notre chair », « S.O.S. le fellah fi khatar ! »,… D’autres slogans ont été criés contre le bureau de l’Association des producteurs de betterave des Doukkala, dont les membres s’y sont engraissés et ont vieilli.
En outre, le 22 mai 2011, un sit-in a été également observé devant le siège de l’Association de producteurs de betterave des Doukkala-Abda, suivi d’une marche vers l’usine sucrière où 12 000  betteraviers de tous âges, venus des quatre coins de la région, scandent sous la pluie des slogans pour désamorcer la tension.
 Le cahier revendicatif des producteurs de betterave à sucre, dont Libé dispose d’une copie, porte sur plusieurs points qui exigent des réponses urgentes  pour sauver une  saison qui a connu plusieurs arrêts techniques en raison des pluies, si bien que leurs produits ont été sévèrement sanctionnés par l’administration de la Cosumar, à cause des impuretés contre lesquelles ils ne peuvent rien faire.
D’abord, les fellahs réclament une augmentation du prix de leur produit qui n’a connu aucune amélioration depuis plus de vingt ans. Cette hausse doit partir de la base de 500 dirhams la tonne au lieu de moins de 300 DH ; puis, une majoration de 40% pour l’arrachage précoce de la première période du démarrage de la campagne (20 jours), et 30% pour la deuxième période (20 jours aussi).
Ensuite, ils réclament transparence au niveau du poids et sa transcription sur un écran susceptible d’être visible aussi bien pour le  transporteur que pour les représentants des producteurs, opération sanctionnée d’un document fait après chaque livraison et délivré au producteur. Cela doit être  quotidien pour que la confiance règne entre les partenaires.
En outre, veiller à ce que la teneur en sucre soit vérifiée et que toute mauvaise manœuvre de l’appareil  ne peut que compromettre l’esprit  partenarial.  
Par ailleurs, les contestataires demandent, que la Cosumar, révise le prix de vente de la pulpe et l’arrête à 500 dirhams la tonne au lieu de 1150 dirhams, puisque le prix de vente de la betterave à sucre à l’état brut est de 300 dirhams la tonne! Ils réclament que la mélasse soit vendue à un prix raisonnable pour les encourager et faire d’eux des partenaires.
En outre, ils exigent que le transport soit fait dans un délai ne dépassant pas 48 heures, avec une compensation pour  tout retard, que les insecticides et herbicides soient disponibles en quantité et qualité requises dans tous les CMV à travers la région des Doukkala-Abda.
Autres doléances des betteraviers: le respect de la transparence dans la livraison de la semence, de l’achat du produit betteravier et des marchés.   
Enfin, les producteurs de la betterave à sucre dans les Haut et Bas service des Doukkala-Abda demandent à  la Cosumar, de ne plus opérer de prélèvements en faveur de « l’Association des producteurs de betterave » qui n’est plus, selon eux , leur porte-parole. Une plainte est en cours devant la Cour d’appel  pour ouvrir une enquête sur la gestion administrative et financière de son bureau qui y siège depuis plus de vingt ans.0
Il faut souligner que les sit-in du 22 mai 2011, devant le siège de l’Association des producteurs de la betterave des Doukkala, l’usine de la Cosumar à Sidi Bennour, ont été sanctionnés par la publication d’un communiqué rendu public dans lequel les représentants des producteurs informent leurs collègues que le gouverneur de la province et le directeur de l’usine, qui les ont reçus le 2 mai 2011, ne leur ont fourni aucune réponse. Il faut donc se préparer à d’autres manifestations jusqu’à ce que les responsables réagissent aux doléances des fellahs.
Selon les interlocuteurs betteraviers, une conférence de presse à laquelle seront invités les organes de presse aura lieu prochainement à Rabat « afin de desserrer l’étau du silence qui ne cesse de nous appauvrir, nous abêtir, et de dissiper la peur qui nous tord le ventre » !
Ils imputent leurs malheurs au bureau de l’Association des producteurs de la betterave des Doukkala qui « au lieu de défendre nos intérêts, fait la sourde oreille à nos doléances et ne fait aucun pas pour mieux nous représenter depuis que son bureau nous a été imposé, il y a plus de vingt ans. » 

Abdelkrim MOUHOUB
Vendredi 17 Juin 2011

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