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Dominick Seham: “La scène marocaine crée une forte concurrence entre les artistes subsahariens”




Dominick Seham: “La scène marocaine crée une forte concurrence entre les artistes subsahariens”
Venus en majorité de l’Afrique de l’Ouest, les artistes 
africains évoluant au Maroc peinent désormais à trouver place au soleil. La faute à la concurrence de leurs collègues subsahariens, très présents sur la scène nationale, et à l’entrée en scène des artistes espagnols que la crise a 
poussés hors de la 
Méditerranée. Tel est le constat fait par Dominick Seham, chanteuse  ivoirienne du groupe The Government. Entretien
 
Libe: Vous faites partie des artistes subsahariens qui ont fait le choix d’évoluer au Maroc. Que peut-on savoir de plus sur vous?
 
Dominick Seham : Ma passion pour la musique remonte à mon jeune âge, mais ce n’est qu’à partir des années 90 que je me suis vraiment investie. J’ai commencé à faire de la musique au sein d’un groupe de gospel appelé « Basic Gold », en Côte d’Ivoire, avant de m’intéresser au piano-bar, entre autres.
En 2006, j’ai fait un album qui s’intitule « Maman Afrika » (sous le nom  de Seham Kwango). Depuis 2013, j’évolue au sein du groupe The Government, aux côtés de Daniel Compton (batteur), Tobia Mickael (bassiste) et Schcoolio de Motobe (guitariste).
 
Vous connaissez bien les artistes subsahariens du monde de piano-bar. Pouvez-vous nous présenter cette communauté?
 
Il est vrai que je me suis beaucoup investie dans le piano-bar, mais cela ne m’empêche pas de jouer sur des scènes conventionnelles, comme aux Festivals de Larache et d’Al Hoceima et de penser à une nouvelle expérience.
A propos de cette communauté, je peux dire qu’elle est composée à 70% d’Ivoiriens. La majorité des musiciens des autres nationalités ont transité par la Côte d’Ivoire avant de la quitter pour des raisons d’instabilité politique et de s’installer au Maroc.
La plupart d’entre eux sont polyvalents, font de la musique américaine, européenne et africaine. Ils fusionnent quelquefois en fonction de la demande du marché. Par exemple, lorsqu’ils sont invités à un événement beaucoup plus important.
 
Est-ce pour les raisons que vous évoquiez que vous avez été amenée à quitter la Côte d’Ivoire ?
 
En effet. Car les conditions de travail n’étaient plus les mêmes, tant au niveau des cachets que de la sécurité. On ne ressentait plus l’engouement d’avant la crise chez les populations qui sortaient de moins en moins pour se distraire, ce qui n’arrangeait pas les artistes. Il fallait donc partir pour d’autres cieux.
 
La scène marocaine profite-t-elle vraiment aux artistes piano-bar subsahariens ?
 
La scène marocaine connaît un déclin par rapport à ce que j’ai pu observer il y a quelques années. Elle n’est plus aussi rentable pour les artistes subsahariens du fait de la forte concurrence occasionnée par une présence significative de leurs collègues ainsi que des Espagnols. Mais aussi des Marocains dont certains apprennent maintenant la musique africaine, par exemple.
 
Que demande-t-on souvent aux artistes subsahariens en termes de styles musicaux ? 
 
Il n’y a pas d’exigence particulière en tant que telle. On fait un peu de tout: du jazz, r&b, blues, entre autres. Cela dit, le public marocain apprécie beaucoup la musique subsaharienne. Et depuis quelques années, c’est le «coupé-décalé» (danse ivoirienne) qui a ses faveurs. Quoi que nous proposions, ce qui compte pour les gens, c’est de faire la fête et de danser.
 
Quel est la ville marocaine où le public vous a paru plus réceptif ?
 
Il n’y a pas vraiment de différence. Par rapport à mon expérience, je dirais que j’ai eu beaucoup plus de plaisir à travailler à Rabat où j’ai joué trois ans durant, de 2007 à 2010. Le public est plus réceptif et fêtard.
 
Que proposez-vous en général lors de vos prestations?
 
Tout dépend du (mi)lieu où l’on se produit. De la musique des années 80 avec des artistes comme Aretha Franklin, Stevie Wonder, entre autres, pour ceux qui viennent écouter de la bonne musique. Les tendances actuelles (pop music, dance) pour ceux qui veulent vraiment s’amuser. Enfin,  de la musique douce, du blues ou encore du jazz lors des soirées privées où se retrouvent des personnes d’un certain âge et d’une certaine classe sociale.
 
Apprenez-vous à jouer de la musique marocaine ?
 
Bien sûr! On essaie d’intégrer le chaabi dans notre répertoire, de faire des fusions chaque fois que c’est possible. Ce qui amuse le public qui aimerait nous voir chanter en arabe.
 
A quand votre nouvel album? Quel genre de musique privilégiez-vous?
 
J’aime la musique de recherche avec une base/rythmique africaine. J’aimerais faire une fusion du jazz et du blues africain. Mon objectif est de faire un produit qui intéresse vraiment le public. On envisage même un futuring avec un artiste piano-bar marocain. 

Propos recueillis par Alain Bouithy
Mercredi 28 Mai 2014

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