Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Dix civils tués dans des frappes aériennes près d'Al-Bab

L'offensive turque s'enlise dans le bastion jihadiste d'Al-Bab




Au moins dix civils, dont sept enfants, ont été tués dans des frappes aériennes près d'une ville contrôlée par le groupe Etat islamique dans le nord de la Syrie, a indiqué samedi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Les frappes interviennent au moment où les forces du régime syrien ne sont plus qu'à quelques kilomètres d'Al-Bab, bastion de l'EI dans la province septentrionale d'Alep, a indiqué l'OSDH.
Des frappes aériennes du régime syrien ont tué un enfant à Tadif samedi, tandis que des frappes turques ont fait neuf morts dont six enfants à Al-Uraima et Bezaa, selon la même source.
L'armée syrienne a pris le contrôle de trois villages dans la zone depuis vendredi soir et se trouve désormais à environ 7 km au sud-ouest d'Al-Bab, a précisé l'OSDH.
Les forces turques, dont le pays a lancé une opération dans le nord de la Syrie fin août, sont elles rassemblées au nord de la ville, a ajouté l'Observatoire.
Al-Bab et ses environs sont la cible depuis des semaines de raids aériens intensifs menés par les aviations turque, russe et du régime syrien.
Dans la guerre aux multiples acteurs en Syrie, la Russie aide militairement le régime de Bachar al-Assad face aux jihadistes et insurgés, alors que la Turquie apporte un soutien militaire à des groupes rebelles qui combattent les jihadistes dans le nord syrien près de sa frontière.
L'OSDH avait fait état vendredi de la mort de dix civils, dont un enfant, dans des frappes de l'aviation turque et des tirs d'obus dans et autour de la ville.
Ankara a lancé le 24 août une offensive militaire en Syrie, en coopération avec des groupes rebelles, pour chasser l'EI mais aussi les milices kurdes de régions syriennes proches de la frontière turque.
La Turquie et la Russie ont négocié un cessez-le-feu en Syrie, entré en vigueur le 30 décembre, et ont intensifié leur coopération depuis.
Les deux pays ont conduit leurs premières frappes aériennes conjointes contre l'EI à Al-Bab le 18 janvier, selon le ministère russe de la Défense.
Par ailleurs, la Turquie affronte le plus gros défi de son intervention en Syrie en tentant de reprendre la ville d'Al-Bab au groupe Etat islamique (EI), au prix de lourdes pertes dans des combats éprouvant une armée affaiblie par les purges consécutives au putsch manqué de juillet.
L'ambitieuse opération "Bouclier de l'Euphrate", visant à soutenir les rebelles syriens, a démarré en trombe fin août en chassant l'EI de différentes localités du nord de la Syrie, dont Jarablous.
Au moins 48 soldats turcs ont perdu la vie dans cette opération, la plupart dans la bataille engagée le 10 décembre pour prendre à l'EI la ville d'Al-Bab, selon un décompte de l'AFP.
Le président Recep Tayyip Erdogan a assuré vendredi que la Turquie "finirait son travail" à Al-Bab mais a assuré qu'il ne serait ensuite pas nécessaire de s'enfoncer davantage en Syrie.
Ankara s'est régulièrement plaint du manque de soutien fourni par ses alliés de l'Otan, mais a en revanche bénéficié récemment du soutien de son nouvel allié russe.
Mais la deuxième plus grande armée de l'Otan doit affronter cette opération en Syrie avec des effectifs réduits par les purges menées depuis le coup d'Etat manqué du 15 juillet: 6.000 soldats ont été arrêtés et 168 généraux, soit près de la moitié du contingent pré-coup.
Signe que les secousses du 15 juillet n'ont pas fini d'ébranler l'armée, plusieurs militaires qui devaient comparaître devant la justice la semaine dernière n'ont pas pu se rendre au tribunal d'Istanbul parce qu'ils étaient sur le front à Al-Bab.
"Les rebelles avec lesquels se bat la Turquie sont peu entraînés et se sont montrés, pendant des années, incapables de prendre ou de tenir le moindre territoire", affirme Aaron Stein, du Centre Rafic Hariri pour le Moyen-Orient, déplorant le "manque de ressources" de l'opération menée par Ankara.

Lundi 30 Janvier 2017

Lu 549 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant, Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toutes circonstances, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito









Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs