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Dimanche avec la majorité des voix, la Catalogne aura choisi l'indépendance dixit Artur Mas

16% de la population de l'Espagne et 19% de son PIB




Le chef des indépendantistes catalans Artur Mas estime, dans un entretien avec l'AFP, que s'ils recueillent dimanche la majorité des voix aux élections régionales de Catalogne, il n'aura plus besoin d'un référendum pour se séparer de l'Espagne.
Mas, président de cette riche région du nord-est de l'Espagne, a réclamé en vain depuis 2012 le droit d'organiser un référendum sur l'indépendance comme l'Ecosse qui s'est prononcée l'année dernière pour rester au sein du Royaume-Uni.
Le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy s'y est refusé catégoriquement en invoquant la Constitution qui prévoit que l'ensemble de l'Espagne devrait se prononcer sur la question. Mas veut donc faire de l'élection du Parlement régional dimanche un plébiscite sur l'indépendance.
Les derniers sondages indiquent que les listes indépendantistes recueilleront une majorité des 135 sièges et frôleront la majorité absolue des voix.
Il est "évident que si nous avons la majorité des députés et des voix le 27 septembre, le référendum sera déjà fait", a déclaré Mas à l'AFP à quatre jours du scrutin.
Mais, faute de majorité des voix, il n'a pas écarté la possibilité de consulter une nouvelle fois la population catalane si le prochain gouvernement espagnol issu des élections législatives de décembre le lui proposait. Plusieurs voix au sein des partis en lice appellent à laisser les Catalans se prononcer sur leur avenir par référendum.
"Si nous avons la majorité des députés et pas des voix et que le gouvernement espagnol --très hypothétiquement, je suis très sceptique sur ce point là-- nous offre un référendum contraignant sur l'indépendance, nous allons écouter" la proposition, a-t-il dit.
Mas a souligné que dans tous les cas la Catalogne, qui représente 16% de la population de l'Espagne et 19% de son PIB, n'allait pas proclamer l'indépendance au lendemain des élections.
Ce ne sera que le début d'un processus qui doit aboutir selon lui, "en 18 mois ou deux ans", à l'adoption de la Constitution du nouvel Etat, qui sera elle aussi soumise à référendum. Les électeurs pourront encore à ce moment là rejeter l'indépendance avec la Constitution, dit-il.
Entre-temps, il veut négocier avec l'Espagne une séparation à l'amiable et avec l'Union européenne le maintien de la Catalogne dans l'Union.
"L'Etat catalan doit être reconnu comme membre (de l'UE) mais cette négociation doit se faire avant l'indépendance", insiste-t-il.
En cas d'accord avec Madrid et Bruxelles, la Catalogne assumera sa part de la dette de l'Espagne. Mais "s'il n'y a pas d'accord, nous n'avons aucune obligation sur la dette espagnole" qui approche les 100% du PIB, dit-il en reprenant un avertissement lancé ces derniers jours.
"S'il n'y a pas d'accord avec la Catalogne, comment l'Espagne pourrait-elle rembourser sa dette qui monterait à 120% de son PIB en perdant la partie la plus productive de son économie ?"
Le président catalan a affirmé qu'il ne proférait pas de menaces mais devait "se défendre contre la campagne d'intimidation" de ceux qui prédisent de graves difficultés économiques et financières à la Catalogne en cas de sécession, "pour influencer le vote".
Le gouvernement espagnol, les milieux d'affaires et les banques espagnoles ont multiplié ces derniers jours les mises en garde en ce sens.
Dans sa vision d'avenir, Mas évoque une séparation en douceur entre la Catalogne et le reste de l'Espagne, "un peu comme les enfants qui lorsqu'ils grandissent peuvent vivre ailleurs mais ne coupent pas les liens d'affection et d'amour avec les parents".

Samedi 26 Septembre 2015

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