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Dialogue social : Une portion congrue en guise d’offre gouvernementale

Réunion ce vendredi des centrales syndicales pour débattre des suites à donner aux propositions de Benkirane




Les centrales syndicales se contenteront-elles des miettes offertes par le gouvernement Benkirane dans le cadre du dialogue social ? Et au cas où elles les refusent, quelles seront les formes de protestation qu’elles prendront pour faire face à une telle situation ? On saura la réponse à ces deux questions ce vendredi, puisqu’une réunion desdites centrales est prévue au siège de la Confédération démocratique du travail à Casablanca pour discuter justement de l’offre que l’Exécutif leur a faite lors de la rencontre tenue mercredi dernier à Rabat.
Selon Abdelkrim Madoun, secrétaire général du Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNEsup), le chef du gouvernement a, dans ce cadre, soumis aux syndicats une offre composée de trois points : la baisse de l’impôt sur le revenu à hauteur de 2 points sur 4 ans, ce qui permettra aux salariés de gagner entre 50 et 430 DH, l’augmentation des salaires de 1% étalée sur 4 ans et, enfin,  l’augmentation des allocations familiales.
« Personnellement, j’estime que cette offre est dérisoire et ne répond absolument pas aux attentes des salariés, mais on doit attendre la réunion des centrales syndicales pour connaitre leur réponse définitive», nous a-t-il assuré. Selon lui, ces propositions  sont insuffisantes pour faire face à l’augmentation du coût de la vie enregistrée au cours de ces dernières années surtout que le soi-disant projet de réforme des caisses de retraite proposé par l’Exécutif prévoit, entre autres, d’augmenter les ponctions sur les salaires des fonctionnaires.   
A ce propos, il convient de noter que le premier président de la Cour des comptes, Driss Jettou, a qualifié les réformes paramétriques proposées pour les régimes de retraite d’« insuffisantes» malgré leur caractère «nécessaire et urgent».
Lors de la présentation devant les deux Chambres du Parlement des activités de la Cour des comptes au titre de l'année 2014, il a précisé que les réformes ne peuvent constituer qu’une étape préliminaire dans le cadre d’une réforme globale des systèmes de retraite, notant que ces réformes, déclinées dans les projets de loi adoptés par le gouvernement et soumis au Parlement, demeurent insuffisantes en dépit de leur nécessité.
 Dans ce cadre, il a relevé que l’insuffisance de ces réformes s’explique par le fait que cette réforme paramétrique proposée n’englobe pas l’ensemble des régimes de retraite, mais elle se limite au volet civil de la Caisse marocaine de retraite (CMR), ne contribuant ainsi pas à favoriser un rapprochement entre les régimes de retraite même au sein du secteur public, ainsi que par le fait que la réforme paramétrique permettra seulement de réduire le déficit actuel dans la mesure où les cotisations resteront insuffisantes pour couvrir les engagements et payer les pensions. Ce déficit persistera et s'inscrira sur un trend haussier durant les années à venir, a dit le Premier président de la Cour des comptes, ajoutant que l'aggravation du déficit des régimes de retraite est due essentiellement à la régression du facteur démographique à environ 2,5% seulement des adhérents actifs pour chaque retraité, en raison de la stagnation relative du nombre d’adhérents actifs, qui n’a augmenté que de 15% seulement durant les 15 dernières années, ainsi qu'à l'augmentation enregistrée dans les salaires du secteur public, la hausse que connait la promotion et le nombre des cadres parmi les retraités, ce qui provoque une hausse importante de la valeur des pensions.
 Les réformes proposées pour les régimes de retraite n’ont pas traité les dispositions relatives à la retraite anticipée, qui permettent à chaque fonctionnaire ou auxiliaire ayant passé 30 ans de service effectif le droit d’obtenir une pension de retraite sans condition, a fait savoir M. Jettou, indiquant que le taux annuel des retraites anticipées qui ne dépassait pas 1.250 cas durant les neuf dernières années, a brusquement augmenté à plus de 7.500 cas en 2015, dont 85% relèvent du secteur de l’enseignement.
Il convient également de noter que la problématique de la réforme des régimes de retraite constitue  une pomme de discorde entre le gouvernement et les centrales syndicales qui refusent toute réforme en défaveur des ouvriers, des employés et des fonctionnaires. C’est cette divergence de points de vue qui explique d’ailleurs le fait que cette réforme traine le pied depuis décembre 2003, date de la tenue des Assises nationales sur la réforme des régimes de  retraite.

T.M
Vendredi 6 Mai 2016

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