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Devant les élus PJD, Benkirane recommande de ne pas oublier le référentiel religieux, clé de la victoire




En s’adressant aux 176 maires, présidents de communes et régions élus sous la bannière du PJD, Abdelilah Benkirane a tenu un discours qui retient toute l’attention.  
Ce  vendredi 18 septembre à Rabat, le leader islamiste –et chef du gouvernement-  a tenu discours à ceux parmi ses ouailles qui dirigeront communes et régions.  Un discours improvisé, immédiatement mis en ligne sur le site du PJD, pour haranguer les nouveaux édiles et conseillers et leur prodiguer de précieuses directives.  Les spin doctors de Benkirane  en sont convaincus : c’est, affirment-ils,  dans l’improvisation que le chef du gouvernement est le meilleur.
 Et vendredi, l’allocution prononcée par le SG du PJD est un modèle du genre en termes de sémantique.  Le référentiel religieux traverse de bout en bout le discours. Dieu, le Prophète Mohamed, son compagnon Sidna Omar, le paradis, l’enfer, le bien, le mal sont autant de mots autour desquels a été construit le propos de Benkirane face aux élus pjdistes. 
Il n’y a pas tromperie sur la marchandise. Grisé par le succès électoral et la victoire  dans les principales  villes du pays, Benkirane assume clairement ce qu’il est. Mieux encore, l’ADN du PJD est loin d’être reniée. «Vous êtes issus du Mouvement unicité et réforme. Vous appartenez à cette école. N’oubliez pas cela et votre conduite doit en être inspirée». Une piqure de rappel administrée par le patron du Parti justice et développement et qui signifie bien ce qu’elle signifie. Il n’est pas ici question de conception politique d’un parti qui s’est longtemps présenté comme « un parti comme les autres». Le référentiel est religieux. Résolument. «Et c’est pour cela que vous avez été élus. C’est pour cela aussi que nous avons enregistré  cette victoire écrasante. Notre référentiel est le secret de notre succès électoral», confirme M. Benkirane. 

Les étranges directives données
 aux édiles et conseillers
Le décor planté –« n’oubliez pas qui vous êtes et que cela soit votre ligne de conduite »- le chef de file des islamistes au pouvoir donne alors ses consignes aux 176 maires, présidents de communes et de régions élus sous la bannière du parti de la Lampe. Deux  points principalement et  qui devraient être en quelque sorte la feuille de route de leur mandat. D’abord, ne pas essayer de changer le mode de vie des Marocains ni leur manière de s’habiller mais servir les citoyens et l’intérêt général. Ensuite, ne pas se mêler de religion qui est de la responsabilité de la Commanderie des croyants et du ministère des Habous et Affaires islamiques.
Faut-il se féliciter et applaudir des deux mains Abdelilah Benkirane parce qu’il recommande à ses édiles de ne pas s’occuper de religion, du mode de vie ou des choix vestimentaires de leurs administrés ? Force est de reconnaître qu’une telle posture dénote d’une schizophrénie qui s’est largement invitée lors des tractations pour  l’élection des présidences de communes et de régions.  En fait, le secrétaire général du PJD ne s’inscrit pas dans la normalité en recommandant à ses élus de ne pas s’occuper de religion. Il n’est pas dans la pratique politique normale et ordinaire quand il enjoint ses édiles de ne pas vouloir régenter le  «way of life» des citoyens. D’un bout à l’autre de l’échiquier politique, aucun leader «normal», qu’il soit de gauche, du centre ou libéral, ne ferait une telle recommandation.
Et c’est précisément parce que M. Benkirane l’a fait qu’il faut s’en inquiéter et non pas s’en féliciter. « Regardez, il dit bien à ses élus que la religion relève de la sphère privée et que chacun s’habille comme il lui plaît». Les esprits bien pensants, ceux qui jouent le PJD contre les forces démocratiques se sont empressés de donner des bons points au chef du gouvernement. Et ils ont tort de récompenser un leader qui, dans ce même discours programme, a promis le paradis aux présidents intègres. «Nous sommes venus pour la justice, l’équité, l’écoute, l’intégrité, le social… Tout ce que vous voyez dans les pays occidentaux et  qui en réalité a été apporté par notre religion sans être appliqué dans nos pays… Avec vous, nous allons devenir un exemple pour les pays frères“, conclut l’Islamiste devenu chef du gouvernement. La campagne pour les législatives de 2016 a commencé. Et elle sera forcément déclinée sur le front de la religion.
 

Narjis Rerhaye
Lundi 21 Septembre 2015

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