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Deux sexagénaires ont décroché leur licence en littérature française

Meriem et Oumrada, des autodidactes hors du commun




Deux sexagénaires ont décroché leur licence en littérature française
Des youyous, des chants, des jus et des gâteaux à profusion, la famille Abakrim organise une fête mémorable pour un évènement exceptionnel : Meriem et Oumrada, deux sœurs âgées respectivement de 58 et 60 ans, viennent de décrocher haut la main leur licence en littérature française à la Faculté des lettres d'Agadir.
"Ce jour-là, le téléphone n'a pas cessé de sonner. Les félicitations et les encouragements ont continué à pleuvoir de partout. Nos deux lauréates n'ont pas seulement obtenu haut la main leurs diplômes , elles ont surtout réussi à s'affirmer en défiant l'impossible", explique leur sœur Zineb, trésorière de l'Association Hiya Wa Houa Siyane de Tiznit, qui fut à l'origine du retour sur les bancs de l'école de ces deux sexagénaires après un décrochage de près de 40 ans.
Les deux lauréates ont sanctionné un parcours académique atypique par un projet de fin d'étude significativement intitulé "l'autoformation face à l'analphabétisme : retour sur une expérience", la leur en l'occurrence, qu'elles souhaiteraient "partager le plus largement possible avec les intervenants en éducation et formation".
Meriem, visage angélique et yeux pétillants d'intelligence derrière des lunettes de vue, raconte à la MAP comment elles ont dû quitter l'école en CM2 pour aider leur maman dans les tâches ménagères, surtout que "nous étions les aînées d'une grande fratrie composée de onze filles et de quatre garçons".
Oumrada, mère de trois enfants, la plus enthousiaste, raconte comment elle a passé son certificat d'études préparatoires et son baccalauréat avec sa propre fille Wiam, classée parmi les majeurs de sa promotion au niveau de Souss-Massa-Drâa, et qui poursuit actuellement ses études à l'ISCAE.
Sa sœur Meriem, revient, non sans humour teinté d'autodérision, sur son dernier voyage en France où elle est partie, à la veille des examens de licence, prendre soin de sa fille après son accouchement. "J'ai tout noté dans un carnet et je me suis donnée à cœur joie de réviser mes cours durant les escales dans les aéroports", dira-t-elle avec une incroyable détermination.
Au fait, d'où tiennent-elles toute cette avidité du savoir ? "Elles sont nées dans une illustre famille de savants et de lettrés des Aït Bâamrane. Leur père Moulay El Hanafi fut un alem reconnu et un poète de haut vol en langue amazighe. Leur mère Rabiâa Dghirni, toujours en vie, dévore passionnément les histoires pour enfants et retient des détails très peu connus de l'histoire de la résistance et de l'Armée de libération dans le Sud", témoigne Abdallah Hamzaoui, un proche de la famille.

MAP
Jeudi 11 Juillet 2013

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