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Deux interpellations après les incidents d’Ajaccio

Le préfet interdit les manifestations




Deux interpellations après les incidents d’Ajaccio
Deux hommes ont été placés en garde à vue dimanche à Ajaccio dans l'enquête sur les incidents survenus le 24 décembre dans le quartier populaire des Jardins de l'Empereur où deux pompiers et un policier ont été agressés.
 Le préfet de Corse a pris un arrêté d'interdiction de manifester jusqu'au 4 janvier dans cette cité des hauteurs d'Ajaccio, mais quelque 400 personnes se sont malgré tout rassemblées sans heurts dimanche après-midi à l'entrée du quartier qui est fermé par une grille et protégé par d'importants effectifs de la gendarmerie et de la police. Un homme a été interpellé vers 13h30 dimanche alors que les forces de l'ordre bouclaient la cité et un deuxième s'est présenté de lui-même au commissariat dans l'après-midi, a-t-on appris auprès du procureur d'Ajaccio, Eric Bouillard.  "A ce stade de l'enquête, il n'y a aucun élément dans la procédure qui les relient à l'agression des pompiers et du policier. Néanmoins, on n'imagine pas qu'ils aient mis le feu et qu'ils ne soient pas restés sur place", a-t-il dit à Reuters.  "Les investigations se poursuivent sereinement, loin des commentaires politiciens qui ne font qu'abaisser la parole publique, et loin des vociférations xénophobes qui foulent au pied les valeurs de la République", déclare le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, dans un communiqué diffusé dimanche soir.  A la suite du "guet-apens", selon la préfecture, dont ont été victimes des pompiers et policiers intervenus durant le réveillon pour un incendie allumé à dessein aux Jardins de l'Empereur, des manifestants ont saccagé dans la nuit de vendredi à samedi une salle de prière musulmane.
Lors de rassemblements sous tension vendredi et samedi, les manifestants ont scandé pour certains "Arabi fora!" ("Les Arabes dehors!") ou "On est chez nous!", encadrés par des gendarmes mobiles et des CRS. Des manifestants expliquaient vouloir identifier et retrouver les auteurs de l'agression.
 Une délégation a été reçue samedi soir par le préfet de Corse, Christophe Mirmand.
 "Nous, on a fait ce que l'on avait à faire dans les quartiers. Maintenant, on a donné le bébé au préfet. On attend les résultats. S'il n'y en a pas, on sera toujours là", a déclaré sur France 3 Corse l'un des membres de la délégation, Antoine Carlotti.
 Les quelque 400 manifestants, selon la police, venus dimanche dans le quartier malgré l'arrêté préfectoral, se sont dispersés sans incidents et sont redescendus pour certains -- entre 200 et 250 -- manifester devant le siège de la préfecture.
 Le préfet avait souhaité dimanche matin que l'arrêté d'interdiction de manifester, pris dans le cadre du régime national de l'état d'urgence, soit "suivi d'effets" afin d'assurer la "sérénité" nécessaire à l'enquête.
 Christophe Mirmand a précisé que la cité des Jardins de l'Empereur comptait quelque 1.700 habitants et 480 logements et que la vie du quartier était troublée par "quelques dizaines de jeunes ou de moins jeunes" déjà condamnés pour certains pour des incivilités ou des faits de délinquance.  "L'essentiel de la population aspire à une vie tranquille, paisible, honnête", a-t-il souligné sur BFM TV en précisant que des moyens seraient débloqués pour la cité dans le cadre de la politique de la Ville.
 Le nouveau président de l'Assemblée de Corse, le nationaliste Jean-Guy Talamoni, s'est alarmé sur BFM TV de la situation de quartiers "en déshérence" sur l'île, comme en métropole. "C'est une évolution qui nous inquiète considérablement", a-t-il commenté.
Parallèlement à l'enquête sur les violences du 24 décembre, le parquet d'Ajaccio en a ouvert une autre pour identifier les manifestants impliqués dans les incidents consécutifs.
 La ministre de la Justice, Christiane Taubira, a assuré samedi sur Twitter que "la lumière sera faite" sur l'ensemble des faits. "Les auteurs en répondront, ainsi sont nos règles de droit et de vie commune, partout", écrit-elle.
 Le Premier ministre, Manuel Valls, et Bernard Cazeneuve avaient dénoncé vendredi des faits "intolérables".
 "Quand les citoyens ont le sentiment légitime que l'Etat ne fait plus régner l'ordre républicain, quand ils voient des pompiers et des policiers pris en embuscade dans un des innombrables ghettos que compte la France, il y a le risque évident qu'ils veuillent se faire justice eux-mêmes", a jugé pour sa part le Front national dans un communiqué.
 Le chef de file des députés Les Républicains, Christian Jacob, a demandé dimanche au ministre de l'Intérieur de "faire la transparence sur la hiérarchie des ordres qui ont été donnés" lors des incidents.
 "En Corse, on est en République française, et à partir de là, les quartiers de non-droit ne doivent pas exister, et c'est l'autorité de l'Etat qui doit être réaffirmée le plus rapidement possible", a-t-il dit dans le cadre du "Grand Rendez-Vous" Europe 1-Le Monde-iTELE, regrettant que les forces de l'ordre ne soient pas intervenues "plus tôt".
 

Mardi 29 Décembre 2015

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