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Deux camps militaires attaqués à Bujumbura




Deux camps militaires du nord et du sud de Bujumbura ont été attaqués simultanément vendredi à l'aube et les assaillants repoussés après plusieurs heures de combats qui ont fait "des dizaines de morts", ont annoncé à l'AFP diverses sources concordantes.
Des affrontements sporadiques se poursuivaient en début de matinée dans divers quartiers de la capitale burundaise, ont indiqué des témoins.
Selon Jean-Claude Karerwa, porte-parole adjoint du président Pierre Nkurunziza, un Conseil des ministres extraordinaire a été convoqué dans la matinée. Il sera consacré aux mesures à prendre pour faire face à la situation en cours, a confié une source à la présidence.
Ces combats sont les plus intenses depuis la tentative déjouée de coup d'Etat militaire les 13 et 14 mai.
Vendredi "vers 04H00 (02H00 GMT) des hommes lourdement armés ont attaqué le camp Ngagara et l'ISCAM" (Institut supérieur des cadres militaires), respectivement dans le nord et le sud de Bujumbura, a indiqué un haut gradé de l'armée ayant requis l'anonymat.
"Après plus de deux heures d'affrontements", les assaillants de l'ISCAM "ont été repoussés" et "pratiquement tous les assaillants ont été tués dans le camp Ngagara", a-t-il ajouté. "Il y a des dizaines de morts chez les assaillants et nous comptons aussi des pertes", a-t-il poursuivi, assurant que la situation était en passe d'être "totalement" maîtrisée.
Mais selon un diplomate occidental et des témoins, des combats se poursuivaient vers 07H00 GMT dans certains quartiers de Bujumbura.
Sur son compte Twitter, Willy Nyamitwe, responsable de la communication présidentielle, a indiqué que des insurgés ont essayé d'attaquer des camps militaires, mais ont échoué". De nombreux riverains des camps, contactés par l'AFP ont fait état d'affrontements très intenses, d'explosions et de tirs d'armes automatiques durant plusieurs heures.
"Tous les ponts sont sous contrôle de l'armée, qui y a disposé des blindés, et aucun mouvement d'un quartier à un autre n'est autorisé", a expliqué à l'AFP le haut gradé de l'armée.
Les ambassades des Etats-Unis, de Belgique, de France et des Pays-Bas ainsi que l'ONU ont appelé vendredi leurs ressortissants et employés à ne pas quitter leur domicile.
"Les tirs ont commencé vers 04H00, des assaillants ont essayé d'entrer dans les camps Iscam et Ngagara. Ils n'ont apparemment pas réussi, mais en ce moment des combats se poursuivent dans certains quartiers de la ville", a expliqué un diplomate occidental faisant état de tirs et d'explosions. "Il n'est pas question de sortir en ville, nos ressortissants ont reçu la consigne de rester chez eux", a-t-il expliqué.
"C’est une escalade très inquiétante car il sagit de véritables opérations militaires ou paramilitaires qui se déroulent dans la capitale", a-t-il estimé.
Le Burundi a plongé dans une grave crise émaillée de violences depuis l'annonce fin avril de la candidature du président Nkurunziza à un troisième mandat, que l'opposition, la société civile et une partie de son camp estiment contraire à la Constitution et à l'Accord d'Arusha ayant permis la fin de la guerre civile (1993-2006).
 L'échec du coup d'Etat militaire puis la brutale mise au pas des quartiers contestataires à la mi-juin, après six semaines de manifestations quasi-quotidiennes à Bujumbura, et la réélection à la mi-juillet du président Nkurunziza lors d'un scrutin controversé, n'ont pas empêché les violences de s'intensifier.
 Des armes ont été massivement introduites dans les quartiers, où les tirs ou jets de grenade contre la police sont désormais quotidiens, les forces de l'ordre sont régulièrement harcelées en province, et des mutins ont assuré avoir mis sur pied une rébellion pour chasser M. Nkurunziza du pouvoir.
 La communauté internationale s'inquiète de possibles violences à grande échelle, dans un pays à l'histoire post-coloniale marquée par des massacres entre majorité hutu et minorité tutsi.

Libé
Samedi 12 Décembre 2015

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