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Des syndicats de sportifs en colère contre l'AMA




Des syndicats de sportifs en colère contre l'AMA
Plusieurs syndicats de sportifs ont profité jeudi de l'imminence des jeux Olympiques de Londres pour exprimer leur colère contre l'Agence mondiale antidopage (AMA), sourde selon eux à toute critique sur la lutte contre le dopage venant des sportifs eux-mêmes.
Ces associations, qui revendiquent des dizaines de milliers d'adhérents, majoritairement des joueurs de football, rugby, basket-ball ou encore de cricket, s'offusquent que les dirigeants de l'AMA ne leur accordent aucune considération.
"Nous sommes pour un programme antidopage, mais un programme juste, équilibré, et accepté par les athlètes", a déclaré Ian Smith, de la Fédération internationale des associations de cricket, lors d'une conférence de presse.
Pour lui, le discours de l'AMA rappelle McCarthy et sa chasse aux sorcières communistes dans les années 50 aux Etats-Unis: "Chaque athlète est vu comme un tricheur". "Il est temps de grandir, et reconnaître que les athlètes ont une voix, et que nous sommes cette voix", a estimé Ian Smith.
Ces associations font valoir que bien que ce soient les sportifs qui remplissent les stades, les décisions de l'Agence mondiale qui ont un impact direct sur leur activité sont validées seulement par des représentants des gouvernements et de fédérations internationales.
"Nos adhérents ont du mal à comprendre qu'on peut faire une loi ou modifier des règlements sans les avoir concertés simplement, or on pense être les personnes les mieux placées pour représenter leurs voix", a pointé Jeff Reymond, du syndicat des joueurs de basket-ball français.
Yves Kummer, de l'Association européenne des athlètes d'élite, estime que "la législation du code mondial antidopage est tellement incroyablement complexe qu'un sportif a besoin de juristes, de professeurs, etc pour comprendre ce qu'il y a dedans".
"Vous ne pouvez plus simplement vous asseoir à une table et donner votre opinion, il vous faut la soutenir avec des preuves, des enquêtes, et autres, et ce que nous faisons", a-t-il insisté.
En tête des récriminations arrivent les obligations de localisation auxquelles doivent se soumettre les sportifs d'élite pour faciliter les contrôles antidopage inopinés.
Jeff Reymond cite en exemple les cas de certains joueurs de l'équipe de France de basket-ball évoluant en NBA ou en Russie qui ont été intégrés dans les programmes de localisation de la Fédération internationale (FIBA) ou de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD): "Ils se posent beaucoup de questions. S'ils ne remplissent par leurs informations de localisation, ils peuvent être suspendus mais cette suspension ne peut être que dans les championnats contrôlés par la FIBA, or la NBA n'en fait pas partie. Qu'est-ce qui va se passer pour eux ?".
Pour lui, "l'AMA doit mettre de l'ordre dans sa maison": "Son président John Fahey a dit que 107 athlètes avaient été contrôlés positifs avant les Jeux, sans dire qu'il a fallu des dizaines de milliers de tests pour y arriver. Quand on fait le ratio, il y a des moyens d'être plus efficace et c'est ce dont les joueurs ont envie: que la lutte antidopage attrape véritablement des tricheurs et pas des gens qui ont des no-show pour la localisation".

Libé
Samedi 28 Juillet 2012

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