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Des pneumologues appellent à mieux détecter et traiter l’asthme chez les femmes




Des pneumologues appellent à mieux détecter et traiter l’asthme chez les femmes
Les femmes ont un risque accru de développer une maladie asthmatique à partir de la puberté et doivent être mieux dépistées et prises en charge, notamment, pendant la puberté, la grossesse et la ménopause, selon cinq femmes pneumologues.
“Alors que l’asthme est plus fréquent chez les jeunes garçons que chez les filles avant l’adolescence, les choses changent ensuite, avec un risque d’asthme qui ne cesse d’augmenter au cours de la vie des femmes” a souligné le Pr Chantal Raherison-Semjen, pneumologue à Bordeaux (sud-ouest de la France) l’un des cinq membres de la Société de pneumologie de langue française (SPLF) qui ont décidé de se mobiliser autour des particularités de l’asthme chez la femme.
L’asthme est une maladie inflammatoire des bronches à prédisposition génétique qui touche environ 235 millions de personnes dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En France, elle touche environ quatre millions de personnes, et elle est responsable d’environ 1.000 décès par an, selon l’Institut de veille sanitaire (InVS).
Pour réduire les symptômes et éviter les crises, les pneumologues préconisent des traitements de fond, généralement à base de corticoïdes inhalés et des traitements de crise pour soulager rapidement la personne asthmatique, avec des bronchodilatateurs d’action rapide.
Mais de nombreux asthmatiques sont insuffisamment traités, soit parce qu’ils n’ont pas été diagnostiqués, soient parce qu’ils ne suivent pas correctement leur traitement.
L’absence de diagnostic est particulièrement criant chez les jeunes filles à la puberté, lorsque certains asthmes se développent sous l’effet de causes physiologiques et hormonales, relève le Dr Anne Prudhomme, pneumologue à Tarbes (sud-ouest). La grossesse est elle aussi associée à un risque d’exacerbation de l’asthme qui nécessite d’être correctement traité pour éviter un risque accru de naissances prématurées, voire d’infections respiratoires au cours de la première année de vie de l’enfant, souligne de son côté le Dr Camille Taille, pneumologue à l’Hôpital Bichat-Claude Bernard à Paris.
Une autre période critique est la ménopause : des femmes jusque là indemnes peuvent subitement développer une maladie asthmatique pouvant se manifester par un essoufflement ou une toux persistante, voire des bronchites à répétition, souligne le Dr Cécilia Nocent-Ejnaini, pneumologue au centre hospitalier de la Côte basque à Bayonne (sud-ouest).
Au-delà de l’imprégnation hormonale existent de nombreux autres facteurs de risques d’asthme, en tête desquels le tabagisme, mais aussi l’obésité ou l’utilisation de sprays nettoyants.
Le rôle de la contraception orale, comme des traitements hormonaux substitutifs (THS) de la ménopause, sur l’aggravation de l’asthme reste en revanche encore très discuté, selon les pneumologues, même si une étude a fait état d’une augmentation des cas d’asthme tardifs chez des femmes sous THS “exclusivement oestrogéniques”.

Lundi 7 Avril 2014

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