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Des erreurs dans une étude contestant des travaux en psychologie





Des chercheurs ont annoncé jeudi avoir découvert plusieurs erreurs de méthodologie dans une étude qui avait elle-même mis en doute la fiabilité de travaux scientifiques en psychologie l'an dernier. Cette étude, publiée en août 2015 dans le très respecté journal Science, avait tenté de reproduire 100 travaux précédemment publiés et n'y était parvenue que dans 39% des cas. L'étude, qui a fait beaucoup de bruit, avait été considérée comme la troisième plus grande "avancée" de l'année par le magazine Science.
Elle avait alors "conduit plusieurs grandes publications scientifiques à changer de politique, à changer leurs priorités dans leur financement d'agences, et elle a gravement terni l'image de la psychologie dans l'opinion", a expliqué Daniel Gilbert, professeur de psychologie à l'université de Harvard. Mais l'étude de 2015 comporte elle-même plein d'erreurs de méthodes. "Les lecteurs pensent que si des scientifiques reproduisent des centaines d'études, ils utilisent les mêmes méthodes et les mêmes populations. Mais dans ce cas précis, cette hypothèse s'est avérée fausse", a ajouté M. Gilbert. Dans certains cas, le consortium de 270 scientifiques connu sous le nom de "Open Science Collaboration" (OSC) a reproduit une expérience dans un lieu différent.
Ils ont ainsi refait une étude de comportements sur la race à l'université de Californie, mais en utilisant des étudiants néerlandais qui n'avaient pas la même expérience de la politique anti-discriminatoire américaine ("affirmative action"), destinée à permettre à davantage de Noirs d'entrer à l'université.
"Ils ont pris des étudiants néerlandais pour regarder une vidéo d'étudiants de Stanford, qui parlaient en anglais de politiques anti-discriminatoires dans une université se trouvant à plus de 8.000 kilomètres de chez eux", raconte M. Gilbert.
Cela n'a donc pas fonctionné. Mais, ce qui est encore plus troublant, les chercheurs anticipant un échec ont refait l'expérience dans une université américaine. Là ça a fonctionné, mais ils n'ont retenu que les conclusions négatives dans leurs analyses, déformant ainsi leur message final.
D'autres problèmes sont apparus quand des chercheurs ont été autorisés à choisir les expériences qu'ils voulaient reproduire, ce qui a conduit là aussi à des conclusions biaisées.
"Toutes les règles d'échantillonnage, de calculs d'erreurs et d'expériences à l'aveugle doivent s'appliquer (y compris) quand vous reproduisez une expérience", rappelle Gary King, professeur à Harvard et co-auteur de l'étude de Science.
Il s'agit d'erreurs non intentionnelles d'une équipe de scientifiques conduite par Brian Nosek, de l'université de Virginie, qui a ensuite coopéré avec les enquêteurs d'Harvard, a précisé M. Gilbert.

 

Mardi 15 Mars 2016

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