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Des dizaines de migrants irréguliers refoulés du Maroc

Une rafle massive dans le Nord du pays




Des dizaines de migrants irréguliers refoulés du Maroc
La chasse aux migrants irréguliers continue.  Mardi 24 juillet, les autorités marocaines ont raflé et refoulé près de 150 migrants subsahariens dans les villes de Tanger, Nador, El Hoceima, Taourirt, Ksar El Kebir et Oujda. Hommes, femmes enceintes, enfants et réfugiés ont été indifféremment embarqués dans des bus avant d’être reconduits à la frontière maroco-algérienne près d’Oujda.  Cette descente qualifiée de musclée a fait un blessé grave et d’autres moins graves sans compter les cas non hospitalisés.
«L’intervention a été opérée entre 4h00 et 5h00 du matin. Elle a concerné les quartiers où il y a une forte présence de la population subsaharienne. Les arrestations ont été opérées sans distinction entre migrants réguliers et irréguliers. Pire, les policiers et les militaires ont embarqué des hommes, des femmes enceintes et des enfants dans des bus en direction des frontières sans passer par les commissariats comme le stipule la procédure en vigueur», nous a indiqué une source du GADEM.
Même constat de Sopojo,  un migrant habitant au quartier Boukhalef à Tanger qui a connu,  selon lui, l’interpellation de 700 personnes : « Les autorités  ont débarqué tôt dans le quartier. Des dizaines de policiers ont défoncé les portes des maisons demandant à leurs occupants de  sortir.
On a eu peur voire très peur. Les agents ont été violents et nous ont brutalisés », nous a-t-il révélé avant de poursuivre : « Sans nous demander nos passeports ou si on était en situation régulière ou pas, ils ont commencé à fouiller  nos chambres et nos affaires sans notre présence. Ils ont même confisqué certains de nos documents administratifs », nous-t-il  indiqué.  Notre source va plus loin. Elle accuse ces policiers d’avoir dérobé certains de ses biens et ceux de ces voisins migrants. «  Plusieurs affaires personnelles ont disparu après ce passage des policiers comme les bijoux de ma femme et la tablette de mon enfant », nous a-t-il confié.
Des policiers sont également accusés d’usage de la force comme en atteste le cas d’un migrant admis en réanimation à l’hôpital Mohammed V à Tanger. Pour Sopojo, cette descente va le marquer à jamais. Il ne se sent plus en sécurité. « On a quitté nos pays à cause de la guerre et de l’insécurité. La même angoisse nous rattrape aujourd’hui.
On se sent seuls et  abandonnés. Pire, les ambassades de nos pays respectifs refusent d’intervenir », a-t-il lâché.Pour sa part, le GADEM a considéré l’intervention du 24 juillet dernier comme la plus violente depuis 2011. « Il est vrai que les rafles et les refoulements sont monnaie courante mais ce qui s’est passé mercredi dernier  est exceptionnel », nous a révélé notre source.
Des propos que partage Hassan Amari de l’AMDH qui a indiqué que plusieurs atteintes aux droits de l’Homme ont été constatées au cours de cette opération menée par les autorités marocaines. « Les violations constatées n’ont rien de nouveau. Il s’agit bien de ce qu’on a toujours dénoncé dans nos communiqués comme l’usage de la force, les conditions de détention dégradantes, le refoulement des femmes enceintes, des réfugiés et des enfants et la liste est longue », nous a-t-il précisé.  
Du son côté, Hicham Baraka, président d’ABCDS Maroc,  association qui vient en aide à ces migrants à Oujda, a tenu à préciser qu’il est dans l’incapacité de confirmer ou d’infirmer ces informations. « Une commission a été constituée au sein de notre association pour mettre toute la lumière sur cette intervention des autorités marocaines. On reste vigilant à propos des actes de violence enregistrés dernièrement notamment le refoulement des femmes enceintes et des enfants. Un travail de vérification des témoignages sera lancé», a-t-il expliqué.
Selon lui, si les rafles et les refoulements de migrants sont quasi-quotidiens au Maroc depuis fort longtemps et s’accentuent à chaque visite d’un responsable européen, l’attitude des autorités marocaines a beaucoup évolué notamment sur la question du refoulement des femmes enceintes et des enfants. « A Oujda où notre association opère, s’il y a arrestation de dizaines de migrants presque quotidiennement, les femmes et les enfants ont été épargnés», a-t-il conclu.

Hassan Bentaleb
Lundi 29 Juillet 2013

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