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Des centaines de civils fuient Mossoul pour échapper aux combats




Des centaines de civils ont fui mardi dans le désert au sud de Mossoul pour échapper aux combats entre les forces irakiennes et les jihadistes du groupe Etat islamique (EI), a constaté une journaliste de l'AFP.
"Nous sommes partis à cinq heures ce matin. Nous avons couru au début car nous avions peur des tirs" de l'EI, a raconté Baidaa, une jeune femme de 18 ans portant sa fille dans ses bras. Les jihadistes "nous ont pris au piège et ils ne voulaient pas que nous partions", a ajouté cette femme très fatiguée après des heures de marche.
Ses deux enfants "ne comprenaient pas ce qui se passait" poursuit-elle. "Ils avaient tellement peur des tirs".
"Depuis ce matin, nous avons décompté environ 300 Irakiens --des femmes, des hommes et des enfants-- ayant fui les zones de combat dans Mossoul", a indiqué à l'AFP le général Salman Hachem, des forces d'élite du contre-terrorisme (CTS).
"Mais davantage arrivent. Nous les arrêtons à un check-point. Nous fouillons les hommes et vérifions leur identité dans une base de données" afin de contrôler qu'ils ne sont pas des membres de l'EI, a-t-il précisé.
Pendant ce temps, les forces irakiennes distribuent de l'eau et de la nourriture aux femmes et aux enfants assis sur des bâches posées sur le sol.
Sur le terrain, après avoir pris le contrôle d'un des cinq ponts sur le Tigre, les forces irakiennes veulent accentuer la pression sur les jihadistes assiégés dans l'ouest de Mossoul, dernier fief du groupe Etat islamique (EI) dans le pays.
Cette victoire militaire lundi ne fait rien par contre pour calmer les craintes pour les centaines de milliers de civils, pris au piège des combats et en manque de tout dans les quartiers ouest de la deuxième ville d'Irak.
Après avoir chassé l'EI de la partie orientale de la ville en janvier, les forces irakiennes ont lancé l'assaut le 19 février pour reprendre ces quartiers et parachever leur reconquête.
Et elles ont marqué un point important lundi en prenant le contrôle d'un des cinq ponts sur le fleuve Tigre, connu comme le 4e pont, le plus au sud. Les cinq ouvrages avaient été partiellement détruits par les raids aériens irakiens ou de la coalition internationale conduite par les Etats-Unis ou par les actes de sabotage de l'EI.
Les troupes ont atteint "l'accès ouest du pont", qui est désormais "sous notre contrôle sur les deux berges", a indiqué lundi à l'AFP le général Yahya Rassoul, porte-parole du commandement des forces irakiennes.
Même s'il a été endommagé, la reprise de ce pont, sur ses deux rives, devrait permettre d'établir un pont flottant à proximité. L'objectif des unités du génie est désormais d'établir rapidement un pont temporaire, qui permettra de "faire traverser du matériel et des munitions", selon le colonel Falah al-Wabdan, des Forces de réaction rapide du ministère de l'Intérieur.
"Les combats de rue sont intenses (...) Mais nos forces progressent", a ajouté M. Rassoul, dans donner aucun bilan sur le nombre des victimes, d'un côté comme de l'autre.
L'EI est mieux implanté dans l'ouest de Mossoul. Et les troupes irakiennes s'attendent à ce que la résistance des jihadistes se renforce à l'approche des quartiers densément peuplés du centre, notamment de la vieille ville.
Aux premiers jours de l'assaut, l'avancée des forces gouvernementales a été relativement rapide avec la reprise en quelques jours de l'aéroport désaffecté, d'une base adjacente et de trois quartiers, dans le sud et l'ouest de la ville.
Les troupes de Bagdad avancent aussi dans les zones désertiques au sud-ouest pour couper complètement Mossoul des territoires tenus par l'EI dans l'est de la Syrie voisine.
"Globalement, toutes les forces progressent comme prévu et le font rapidement", a déclaré à l'AFP le général Abdelamir Yarallah à Taloul al-Atshana, le point culminant de la province de Ninive dont Mossoul est la capitale.
Il resterait quelque 2.000 jihadistes à Mossoul-Ouest, selon des estimations américaines. Ces combattants peuvent infliger de fortes pertes en recourant à leurs actions de guérilla habituelles, comme les explosions d'engins piégés et les attentats-suicide.

Libé
Mercredi 1 Mars 2017

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