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Des athlètes paralympiques se blessent pour être meilleurs




Des athlètes paralympiques  se blessent pour être meilleurs
Des athlètes paralympiques sont pour nous tous des modèles de courage et de pugnacité. Ils ont réussi à faire de leur handicap une force et passer outre ce que l’on pense communément être une faiblesse. Mais certains vont plus loin et n’hésitent pas à s’automutiler pour bénéficier des conséquences naturelles de guérisons et booster leurs performances.
Ces pratiques curieuses sont mises sur le devant de la scène par la BBC, qui réalise un documentaire sur le handisport lors des Jeux paralympiques de Londres qui se tiendront du 29 août au 9 septembre 2012. On connaissait déjà le phénomène qui consistait à simuler un handicap, mais la chaîne britannique fait état de pratiques interdites et dangereuses pour améliorer davantage les records de ces sportifs.
Ce sont des formes de dopage et de tricheries, bien qu’il n’y ait aucune absorption ou inoculation de substances chimiques. Car il n’y a pas besoin d’en prendre quand on peut les produire. Depuis 1994, le Comité paralympique interdit toutes les pratiques, dites de "boosting", utilisées par ceux qui souffrent de la colonne vertébrale et visant à augmenter les résultats via l’accroissement de la pression sanguine. Il en existe plusieurs et s’approchent parfois de l’auto-torture.
"Il est vrai qu'il existe un désavantage certain à avoir une pression artérielle basse", explique le Dr Andrei Krassioukov, spécialiste des blessures de la colonne vertébrale. "Tout d'abord, ces personnes veulent se sentir mieux, et elles se sentent effectivement mieux quand leur pression artérielle est plus élevée. Mais la deuxième raison est bien sûr le désir de gagner, de se mesurer de façon équitable aux athlètes qui ont une pression normale".
Le Monde rapporte qu’un journaliste a pu témoigner des traitements que s’infligent certains athlètes. Il a suivi ces derniers pendant plusieurs années et a vu plusieurs pratiques plutôt douloureuses, certains allant même jusqu’à se briser un ou plusieurs orteils au marteau pour profiter d’une augmentation de pression artérielle. "En certaines occasions, j'ai administré des chocs électriques importants à ma jambe ou à un de mes orteils", confie Brad Zdanivsky, un alpiniste canadien de 36 ans. "Je pouvais soulever plus de poids et pédaler plus fort, c'est très efficace."
"Vous atteignez un pic de pression artérielle qui peut faire éclater un vaisseau derrière votre œil, ou provoquer une attaque cérébrale. Ça peut également provoquer un arrêt cardiaque. C'est très désagréable, mais les résultats sont indéniables", explique Zdanivsky. Ces pratiques peuvent donc être très efficaces, mais le gain de puissance s’accompagne d’un risque non négligeable.
C’est la raison pour laquelle le Comité paralympique interdit le boosting et s’en inquiète chaque année. Suite à une enquête menée auprès des sportifs, les résultats sont alarmants. Parmi les interrogés, 17% ont admis avoir recours au boosting. Mais le Comité estime que la réalité tourne plus vraisemblablement autour des 30%, soit presque un tiers des athlètes paralympiques qui souffrent d’un handicap à la colonne vertébrale.
 

Gentside
Lundi 3 Septembre 2012

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