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Des Stradivarius aux enchères au profit des investisseurs et des virtuoses




Les plus fameux des instruments à corde, les Stradivarius et Guarnerius, atteignent aujourd'hui des prix dissuasifs pour les musiciens et sont acquis dans les salles des ventes ou sur internet par des sponsors, qui les prêtent ensuite aux artistes.
Ainsi, le violon du chef d'orchestre américain Lorin Maazel, un Guadagnini datant de 1783, est mis en vente aux enchères en ligne par la maison spécialisée Tarisio, basée à New York et à Londres, qui pratique la vente en ligne depuis sa création en 1999.
L'argent récolté servira à aider les jeunes musiciens participant au Festival de Castleton, que Lorin Maazel a fondé en 2009 en Virginie.
"J'ai joué ce Guadagnini pour la première fois à l'âge de 15 ans et il a été depuis mon plus proche compagnon", déclare le musicien.
Un simple clic de souris par un expert et ce violon deviendra la propriété d'un riche acheteur qui restera sans doute anonyme, comme c'est souvent le cas.
Le "Lady Blunt", un Stradivarius datant de 1721 et propriété de la Fondation japonaise de musique, a été vendu aux enchères le 20 juin par Tarisio pour 15,9 millions de dollars, une somme record qui servira à aider les victimes du tsunami. L'identité de l'acheteur n'a pas été révélée.
"Il est souvent difficile de savoir qui achète ces instruments", explique à l'AFP le luthier parisien Bernard Salin. "Les acheteurs, des sponsors très riches, des millionnaires, veulent généralement rester anonymes".
Le virtuose russe Maxim Vengerov a été l'un des derniers musiciens à pouvoir acquérir un Stradivarius, en 1998.
La plupart des virtuoses aujourd'hui jouent sur des violons prêtés par des sponsors: Renaud Capuçon joue sur un Guarnerius del Gesu ayant appartenu au virtuose américain Isaac Stern et prêté par la Banque Suisse Italienne, tandis que Laurent Korcia joue sur un Stradivarius de 1719, le "Zhan", prêté par la société LVMH.
D'autres musiciens pourtant, comme l'Américaine Hilary Hahn ont fait le choix d'un instrument moins prestigieux mais qui leur appartienne en propre.
"Les sponsors parient sur le fait que le musicien auquel ils prêtent va être très connu et que ce succès valorisera leur instrument", affirme Bernard Salin. "Un violon ayant appartenu à Isaac Stern ou à Yehudi Menuhin, c'est un bon investissement", précise-t-il. Car les violons les meilleurs sont ceux qui ont été le mieux joués.

Libé
Lundi 14 Novembre 2011

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