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“Derrière les portes fermées” s’ouvre sur le harcèlement sexuel

Faut-il traiter avec humour le phénomène ?




“Derrière les portes fermées”  s’ouvre sur le harcèlement sexuel
Samira est belle, élégante et mère de famille. Elle vit le parfait amour avec son mari banquier jusqu’à ce que la nomination d’un nouveau directeur bouleverse sa vie. Mourad, fraîchement nommé,  harcèle la jeune femme dès les premiers jours. Mais, voyant que celle-ci repousse ses avances, il tente de se venger.   Samira, interprétée par la sublime Zined Obeid, décide alors de recourir à une association de défense des droits des femmes. Après plusieurs rendez-vous, elle fait face à une impasse en apprenant avec amertume qu’en 2013 il n’existe toujours pas de loi contre le harcèlement sexuel. 
Le film, sur  un fond dramatique, déguise en divertissement une situation qui n’a rien d’agréable. On découvre également une histoire parallèle entre le concierge et une femme de ménage de l’immeuble de Samira, plutôt amusante. Elle présente ce concierge comme un vulgaire personnage tenant des propos grivois à la femme de ménage. 
Seulement, rire du harcèlement sexuel est-ce un fait positif? Personne ne le pense, car en tournant une réalité en dérision, le spectateur est diverti au lieu d’être agacé.  L’histoire de Samira paraissait probable dans les premiers instants : une employée soumise aux sollicitations de faveurs sexuelles de son supérieur. Ce n’est que lorsque l’histoire s’emballe que le spectateur se rend compte que le personnage principal use de moyens peu probables, fantaisistes et irréels pour arriver à ses fins.
Il y a urgence de traiter du harcèlement sexuel, cela est une certitude.  Cependant, pour qu’un  film traitant d’un tel sujet permette à des problématiques sérieuses et censées d’émerger sur la scène politique marocaine, ce thème doit être traité en profondeur et non  avec légèreté comme tend à le faire le réalisateur.
Sensibiliser aux abus de pouvoir au sein des  entreprises et montrer le désarroi d’une employée face aux menaces de son directeur était une idée intéressante.  Seulement, le film aurait beaucoup gagné à rester dans le registre dramatique plutôt que de lui associer un aspect comique, ce qui atténue la portée de l’œuvre.
En relatant une réalité biaisée, le film envoie un message fictif à l’auditoire. Il souligne les problèmes des femmes victimes de harcèlement sexuel, mais n’apporte qu’une très légère réflexion sur la réelle situation du Maroc. Le tout, tristement ponctué de fautes flagrantes au niveau du sous-titrage en français. 

Danaé Pol
Samedi 11 Janvier 2014

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