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Denis Baupin, vice-président de l'Assemblée nationale française démissionne

En cause une affaire qui jette de nouveau le discrédit sur la classe politique, cinq ans après l'affaire DSK




Accusé par des élues de "harcèlement" et "d’agression sexuelle", le député écologiste français Denis Baupin a démissionné lundi de la vice-présidence de l'Assemblée nationale, une affaire qui jette de nouveau le discrédit sur la classe politique, cinq ans après l'affaire DSK.
Le président de l'Assemblée, Claude Bartolone, avait appelé un peu plus tôt M. Baupin, 41 ans, à démissionner après la révélation lundi par des médias de ces faits présumés, couverts par la prescription et émanant de témoignages de huit femmes, dont au moins quatre élues.
Marié à la ministre du Logement Emmanuelle Cosse, Denis Baupin, qui a quitté en avril le parti Europe Ecologie-Les Verts (EELV) en raison de "désaccords stratégiques" à un an de la présidentielle, a dénoncé des allégations "mensongères, diffamatoires". "Denis Baupin conteste fondamentalement l'idée de harcèlement sexuel et plus encore d'agression sexuelle, lesquels lui sont totalement étrangers", a assuré son avocat dans un communiqué, soulignant que sa démission visait à "pouvoir assurer sa défense".
Parmi les élues dénonçant son comportement, la porte-parole du parti EELV, Sandrine Rousseau, a raconté des faits remontant à octobre 2011 lors d'une réunion du parti écologiste à Montreuil, près de Paris.
"A un moment donné, j'ai voulu faire une pause", a-t-elle raconté au site d'informations Mediapart et à la radio France Inter. "Dans le couloir qui longe la salle, Denis Baupin est venu. Il m'a plaquée contre le mur en me tenant par la poitrine, et a cherché à m'embrasser. Je l'ai repoussé violemment". Sandrine Rousseau dit avoir ressenti "un très grand malaise". "J'ai immédiatement pensé que c'était absolument anormal que je subisse ça. Mais le mot agression sexuelle, je l'ai mis très longtemps après".
Une députée écologiste du nord-ouest de la France, Isabelle Attard, qui a quitté EELV en décembre 2013, évoque, elle, "du harcèlement quasi quotidien de SMS provocateurs, salaces". Elle date ces faits de juin 2012 à fin 2013, affirmant qu'elles étaient "plusieurs députées à recevoir le même SMS".
Elen Debost, adjointe au maire du Mans (centre-ouest), a dit à l'AFP avoir reçu en 2011, pendant quatre à six mois, des "messages à caractère sexuel, de communication de ses fantasmes, de ses envies, de comment il me voyait, comme il me voulait". "J'en ai parlé à des personnes qui m'étaient très proches et qui ont levé les yeux au ciel parce qu'en effet, le fait était connu déjà à l'époque", a-t-elle ajouté.
Plusieurs membres d'EELV ont reconnu lundi ne pas être surpris: "C'était très, très connu dans le parti", a assuré à l'AFP un collaborateur du groupe écologiste à l'Assemblée. Louant "le courage des lanceuses d'alerte", la direction du parti a espéré qu'il "soit contagieux et que la parole se libère à l'encontre de tous les harceleurs et agresseurs, que ce soit en politique ou plus généralement".
Les accusatrices de Denis Baupin disent avoir décidé de parler après être tombées sur la photo de plusieurs députés, dont le vice-président de l'Assemblée, les lèvres maquillées de rouge pour protester "contre les violences faites aux femmes" le 8 mars.
En France, la prescription est de trois ans pour les délits, dont les agressions sexuelles et le harcèlement sexuel.
Cette nouvelle affaire écorne un peu plus l'image d'hommes politiques fréquemment accusés de machisme et de gestes déplacés, après les révélations sur l'ancien chef du FMI, Dominique Strauss-Kahn, accusé de viol en mai 2011 dans l'affaire dite du "Sofitel" de New York.
Et le ministre des Finances Michel Sapin a été récemment accusé dans un livre d'avoir eu un geste déplacé envers une journaliste. Il a qualifié ces affirmations d'"allégations inexactes et calomnieuses".
L'an dernier, des femmes journalistes politiques avaient dénoncé dans une tribune le sexisme des hommes qu'elles doivent interviewer, avec de nombreuses anecdotes à l'appui.

Mercredi 11 Mai 2016

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