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Dans un récent ouvrage : Mohamed Harakat s’interroge sur l’Université du XXIème Siècle




Dans un récent ouvrage : Mohamed Harakat s’interroge sur l’Université du XXIème Siècle
Professeur de finances publiques et de gouvernance globale à l’Université Mohammed V-Soussi, à Rabat, Mohamed Harakat est l’auteur de plusieurs ouvrages traitant essentiellement des questions économiques et de gouvernance. Dans son dernier livre intitulé «Quelle université pour le XXI siècle?» (sous titré : La gouvernance cognitive et démocratique, une chance pour le Maroc), l’auteur marocain s’intéresse à la qualité de l’enseignement au Royaume, aux capacités stratégiques et institutionnelles de recherche et de formation dont la performance demeure, à ses yeux, la condition sine qua non du développement tant de la société que de l’Université.
Université ? Le mot est justement lâché. C’est bien de cette institution que l’auteur de «Economie politique : étape de la formation de la connaissance économique» (Babel, 1996) et de «Gouvernance, gestion publique et corruption» (Al Maârif El Jadida, 2006) a choisi de traiter dans cet ouvrage de 230 pages. Ce grand malade du royaume chérifien. La question que pose Mohammed Harakat en dit long sur l’intérêt qu’il porte à cette grande institution.
Quelle université pour le XXI siècle ? La question est loin d’être anodine. Et c’est avec un regard lucide et courageux que l’auteur a voulu l’aborder. Tant il est vrai que «l’Université marocaine est assurément loin de jouer un rôle favorable au développement socioéconomique et culturel du pays, d’être un espace d’épanouissement des talents, de production des idées», déplore Abdelkader Berrada, qui préface ce livre. Pire, observe ce professeur de politique économique et de finances publiques, «elle est prisonnière d’un système où les choix politiques rationnellement fondés ont peu de place et où l’autorité publique est pensée sur le mode d’une propriété que l’on détient et non d’une fonction que l’on sert ».
Dans ces conditions, le moins que l’on puisse dire, c’est que «le professeur Mohamed Harakat, en présentant l’Université marocaine dans tous ses états, a fait œuvre utile, a pris ses responsabilités. C’est à d’autres enseignants du supérieur d’y mettre du leur», conclut-il.
L’université est le lieu où devaient se joindre deux composantes essentielles de la nouvelle économie à savoir l’éducation et la recherche, souligne d’emblée l’auteur. Un espace conciliant trois logiques intiment liées : la logique cognitive (l’économie du savoir), la logique pédagogique (la formation de qualité) et la logique démocratique fondée sur le mérite, la compétence, la performance et la transparence, précise-t-il. Et d’inviter l’Université à réinventer sa pédagogie et ses programmes, tout en se tournant davantage vers l’étudiant.
Le livre se décline en trois grandes parties subdivisées en différents chapitres riches d’enseignements. La première s’intéresse aux «Approches et fondements méthodologiques de développement de l’Université marocaine». Dans la deuxième partie, l’auteur revient sur les «Défis et enjeux de la  gouvernance stratégique de l’Université marocaine à l’épreuve de la contractualisation».
On retrouve dans la troisième partie de cet ouvrage une série de propositions d’innovation et pistes de progrès allant de la nécessité de renforcer les capacités stratégiques et institutionnelles de l’Université, stratégie de communication et de contrôle de gestion, à la stratégie de mobilisation et de consolidation des ressources humaines, d’évaluation et de suivi.  L’auteur se penche aussi sur les rôles et les responsabilités des acteurs universitaires dans la concrétisation du projet de développement de l’Université. Et jette un regard critique sur l’état de dégradation de l’enseignement supérieur et le manque de conditions favorables d’épanouissement. Avant de formuler des propositions et de suggérer des pistes à même de contribuer à l’amélioration de ce grand malade qu’est l’Université marocaine.
Très documenté, l’ouvrage argumente les propos,  chiffres à l’appui, pour mettre en valeur, le patrimoine de l’Université, son histoire, les effectifs estudiantins et la répartition du personnel administratif et professoral, entre autres.
Professeur visiteur dans une série d’universités étrangères, Mohamed Harakat dirige par ailleurs le Centre international des études stratégiques et de gouvernance globale et  la revue marocaine d’audit et de développement.

ALAIN BOUITHY
Mardi 7 Février 2012

Lu 1310 fois


1.Posté par Driss le 07/02/2012 12:08
Tout en saluant ce regard lucide de Mohamed Harakat sur la problématique de l'université marocaine, il convient aussi de se poser des questions sur l'efficacité et le bilan de la défunte COSEF ainsi que sur les niveaux de l'éducation nationale de base qui doit être considérée comme la fondation devant supporter tout l'édifice futur; si bien qu'avec des écoliers, des collégiens et des lycéens sans ce socle de base solide, l'université ne peut pas grand-chose hélas ! Ajouter à cela le crime d'Etat (le terme n'est pas fort) commis sur la fonction publique dès 2005 par la mise en oeuvre d' une politique désastreuse de départs volontaires qui a démoli tous les espoirs fondés sur l'oeuvre de la COSEF en ce qui concerne l'enseignement, mais aussi dans d'autres secteurs vitaux de la société, la santé publique et l'enseignement supérieur médical entre autres . Ajouter à cela encore le taux d'occupation des enseignants restants, gravement amoindri, soit par incompétence,soit par égoïsme, les enseignants s'absentant souvent et préférant arrondir leurs fins de mois dans des activités extra-universitaires, études de projets rémunérées,séminaires à l'étranger pour ne citer que celles-là , le tout au détriment des marocains de demain . Et si vous ajoutez à cela les conditions socio-économiques précaires de la famille marocaine, vous êtes sûrs et certains de réunir les ingrédients d'une excellente mauvaise politique de l'enseignement de ce pays.
En tous cas, merci au Pr Harakat d'avoir secoué le sujet.

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