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Dans le chaos des rues de la capitale laotienne, de rares secouristes bénévoles




"Regardez-moi ! Restez avec nous !" : à peine conscient, l'homme blessé à la tête après un accident de moto dans la capitale du Laos est installé dans une ambulance de "Vientiane Rescue", seul service d'urgence de secours de ce pays communiste d'Asie du Sud-Est.
Deux autres blessés viennent prendre place à ses côtés dans l'ambulance quelques minutes plus tard, sur le chemin de l'hôpital.
Pendant ce temps, les appels au standard n'ont pas cessé.
Un dimanche soir banal dans la capitale laotienne, aux longues avenues mal éclairées où personne ne semble respecter le Code de la route.
Conduite alcoolisée et sans casque pour les motocyclistes, véhicules mal entretenus et manque de contrôles policiers font de Vientiane l'une des capitales les plus dangereuses de la région. Et le nombre des accidents a encore bondi de près de 30% l'an passé.
Loin des principes communistes sur l'accès aux soins pour le plus grand nombre, ce petit pays coincé entre la Chine et la Thaïlande n'a pas de services publics de premiers secours.
Dans les années 1990, la gratuité des soins a été abandonnée.
Et depuis, le pays est l'un de ceux qui dépensent le moins au monde pour sa santé publique, d'après les chiffres de la Banque mondiale, avec 0,5% du PIB seulement consacré à la santé.
"Les principaux problèmes pour les hôpitaux au Laos sont le manque de personnel qualifié, d'équipements, d'encadrement et de ressources financières", reconnaît le ministère de la Santé, qui n'a pas souhaité donné d'interview à l'AFP mais a répondu par mail.
Le Laos manque en effet de tout: avec 13 médecins et infirmiers ainsi que sept lits d'hôpitaux pour 100.000 habitants, bien en-deçà des chiffres préconisés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Les "Vientiane rescue" tentent de prendre le relais, avec les moyens du bord.
"Nous réalisons chaque jour entre 20 et 30 interventions. Et dans 90% des cas il s'agit d'accidents de la route", explique Sébastien Perret, ancien pompier français et l'un des membres fondateurs de la structure.
"Avant de lancer ce service, après un accident, les blessés étaient laissés sur le bord de la route ou bien emmenés dans des tuk-tuks. Une catastrophe évidemment en cas de fractures ou de traumatismes", ajoute-t-il.
D'après les derniers chiffres de la Banque mondiale, dans le pays, moins de 10% des blessés graves d'accidents de la route sont transportés dans des ambulances.
Créée en 2010, "Vientiane Rescue" a connu des débuts chaotiques et est toujours financièrement sur la brèche.
Reposant uniquement sur les dons, les moyens sont réduits: les bandages sont lavés et réutilisés, plusieurs ambulances sont à l'origine des voitures normales, bricolées par les volontaires pour servir de véhicule de premiers secours.
Des ambulances plus fonctionnelles ont été données par le Japon. 
"Elles ont le volant à droite du coup, mais on fait avec, c'est vraiment mieux que rien", relativise Sébastien Perret.
Le service fonctionne 24h/24, 7 jours sur 7, et a aujourd'hui des équipes de volontaires dédiées aux incendies et aux noyades.
La majorité des volontaires sont des étudiants que l'association envoie se former aux gestes de premiers secours en Thaïlande, faute de centre de formation correcte dans un pays où même les infirmières n'ont pas de formation d'urgentiste.

Libé
Lundi 3 Octobre 2016

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