Nass El Ghiwane, Jil Jilala et Lemchaheb en concert à Casablanca
Universités privées: Polémique et faux débat
UE: les Marocains en tête des naturalisés
Journée nationale du commerce et de la distribution
50 jeunes Sahraouis arrêtés par l’armée algérienne
Quatrième édition du Festival international Tourtite
Fruit d'un travail d'experts: 15 recommandations pour une bonne exécution du Code de la famille
|
|||
Daniel Sibony : un ami qui nous veut du bien… !
Venu faire la promotion de son livre à Marrakech, à l’Institut français, Daniel Sibony n’a pas manqué de séduire son public qui a admiré sa verve de «conteur». Mais l’enthousiasme de son élégante prestation n’a pas survécu à la lecture décevante de ce récit à bien des égards.
Le lecteur, en effet, réalise que l’auteur avec des talents de bonimenteur a leurré l’auditoire en lisant hors de leur contexte des passages dont il occulte et avec brio, on le concède, le sens véritable. Dans ce «roman» autobiographique, Sibony évoque un Maroc sclérosé, des enfants agressifs dont l’unique distraction est la persécution des juifs à coups de pierre. Le lecteur découvrira quelques chapitres plus loin que ce détail n’est pas anodin puisque l’auteur le relie au conflit du Proche-Orient. On constate donc que ses «origines marocaines» ne l’ont guère empêché de véhiculer des clichés islamophobes et racistes mille fois ressassés aujourd’hui par certains feuilles de chou ou des écrivaillons en mal d’inspiration : islam intolérant, réducteur, hégémonique, qui n’a pas «innové», «qui n’a rien inventé»; musulmans génétiquement violents, haineux, hermétiquement clos à toute science ; Marocains obséquieux et inconsistants, parlant – en dépit de la francophonie- un français «petit nègre». Même les «Fatmas» si chères à la littérature coloniale sont présentes ! Force est de reconnaître que l’essai d’Edward Saïd garde toute son actualité : «Sur ce seul groupe ethnique ou religieux ; on peut dire ou écrire pratiquement n’importe quoi, sans se heurter à la moindre objection ou à la moindre protestation». S’il ne possède pas l’art de la critique subtile, il excelle en revanche, dans celui du dénigrement facile, de la connotation perfide. A l’instar d’un Sylvain Gouguenheim ou d’un Jean-Claude Barreau, il se complaît à rabaisser l’Autre. L’Autre, ce sont les musulmans. Les «eux» et les «nous», les «nôtres» et les «leurs» qui jalonnent le récit traduisant bien cette distance entre deux cultures qui se heurtent et qu’on ne peut ni concilier ni réconcilier. Ils expriment, en outre, le mépris de l’auteur à l’égard de ces «barbares» dont ni l’architecture, ni la musique, ni la pensée ne trouvent grâce à ses yeux. Ces «barbares» qu’il oppose à un Occident rayonnant et mythique (même s’il l’écorche au passage !) qui n’existe que dans son imagination. Parant de toutes les vertus une Amérique salvatrice et généreuse, une Europe tolérante et idyllique bien que la première soit née des génocides perpétrés contre des populations autochtones, que le terrorisme d’Etat constitue l’essence de sa politique étrangère comme le souligne Noam Chomsky dans son essai : De la guerre comme politique étrangère des Etats-Unis, et que la deuxième ait produit les pogroms et l’Inquisition obligeant les juifs à se réfugier en terre d’islam; Sigrid Hunke est là pour en témoigner : Le soleil d’Allah brille sur l’occident (notre héritage arabe). Dans une langue insipide et maladroite qui n’émeut ni le corps ni l’esprit, il sombre dans une victimisation de mauvais goût et excède le lecteur par sa mauvaise foi car rapprocher la condition des Palestiniens dépossédés de leur terre et expulsés de leurs villes par une politique usurpatrice et terroriste, à celle des juifs marocains qui ont choisi l’exil, révèle le désir manifeste de falsifier l’histoire. Après avoir parcouru ce «roman» qui distille le fiel et l’ennui, le lecteur s’étonne de la présence de Daniel Sibony dans une ville « où il n’a jamais été chez lui », une ville où il a ressenti «la joie» de «partir», une ville qui ne lui inspire apparemment que mépris et haine. Lundi 22 Mars 2010
Assia BENSALEK/Laila BENSLIMAN
Nouveau commentaire :
Dans la même rubrique :
|
InvitéEntretien avec Cesare Capitani et Stanislas Grassian
|
||
|
Copyright (©) Libération 2008-
|
|||

Fuzz
Digg
Del.icio.us
Blogmemes
Tape-moi
Nuouz
Blinklist
Furl
Reddit
Smarking
Newsvine
Pioche
Spurl
Y!
Simpy
Wists
Blinkbits
Co.mments
Connotea
Blogmarks
Del.irio.us
Technorati
Meneame
Wikio
Facebook
Google
MySpace
Twitter
LinkedIn
Viadeo
Scoopeo