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Dance contemporaine : “On marche”, un festival à point nommé à Marrakech




Dance contemporaine : “On marche”, un festival à point nommé à Marrakech
En 2005, trois danseurs marrakchis défient le monde et lancent la première édition du Festival international de la danse contemporaine de Marrakech. Taoufik Izeddiou, Said Ait El Moumen et Bouchra Ouzgen, fondateurs de la Compagnie Anania, n’avaient ni les moyens suffisants, ni le  soutien de certaines  institutions œuvrant dans la culture, pourtant, ils se sont montrés décidés et entreprennent l’aventure avec les moyens du bord. Une partie du public de la ville ocre, celle surtout qui réserve exclusivement la danse  aux chikhates qui accompagnent  Stati, Daoudi ou d’autres chanteurs populaires, découvre  pour la première fois de jeunes sportifs, filles et garçons, qui, pour s’exprimer, libèrent leurs corps. Ils n’usent plus de la parole pour véhiculer des messages, ils ont des corps capables de dire tout ce qu’ils veulent transmettre. Ils manifestent  avec leur corps, expriment leur appartenance au monde  avec leur corps, critique la modernité avec le même corps… A la fin de la première édition, tous ceux qui viennent de découvrir cet art se demandent s’ils auront l’occasion de le revoir dans leur ville, si des artistes du monde entier accepteront de se reproduire même s’ils n’étaient pas payés pour leur numéro puisque, amour de l’art oblige, ils ont accepté bénévolement de partager leur habilité, talent et génie avec un public assoiffé de découverte.
D’année en année, la Compagnie Anania fait de son mieux pour gratifier son fidèle public, qui devient de plus en plus exigeant, d’une semaine de danse où le plaisir se mêle à l’exploration.  Cette année, du 22 au 29 janvier, les habitants de Marrakech vivront au rythme de la danse contemporaine dans laquelle participent les pays suivants: Maroc, France, Burkina Faso, Japon, Allemagne, Tchad, Tunisie, Côte d’Ivoire, Corée du Sud, Wallonie Bruxelles, Etats-Unis,  Madagascar, Liban et Brésil. Les chorégraphes accordent des moments d’intense plaisir aux spectateurs dans des lieux variés. Sur scène au Théâtre Dar Takafa Daoudiates, à l’Institut français, à l’Ecole supérieure des arts visuels, au Théâtre royal, à Dar Bellarj et à Dar Chérifa. Les artistes se produiront aussi dans des lieux publics notamment  Place du 16 Novembre, Place Jamae El Fna, Palais El Dadii, Bab Doukala, Bab Ghmath, Gare de l’ONCF et Boulevard Abou Oubaida.
La Compagnie Anania ne se contente pas d’accueillir le public mais elle se déplace et va à sa rencontre. Danse F’lappart est un ensemble de numéros que les danseurs présentent dans des appartements de quelques familles de la ville. Les artistes ne cherchent pas seulement à toucher tout le monde, mais veulent bien témoigner d’une période où on les a chassés du local de l’Institut français sous prétexte que leur danse n’est qu’une suite de bizarreries incompréhensibles. A l’époque, les membres de la compagnie faisaient des répétitions dans les appartements,  les salons, les corridors… Le nouveau directeur de l’Institut français de Marrakech et le directeur de l’ESAV ne considèrent pas la danse contemporaine comme des drôleries et allouent des salles tout au long de l’année pour les répétitions des danseurs.
En marge du Festival, la compagnie organise une exposition de photos. Ce sont des prises faites par les photographes Nour Eddine Tilsaghani et Adil Rabih pour retracer les prestations de ces danseurs. On projette également des films autour de la danse contemporaine et on programme des rencontres et des débats sur le statut du danseur au Maroc, les associations de danseurs chorégraphes  arabes et marocains…
Consciente du rôle de l’encadrement des enfants et la promotion de la danse contemporaine au Maroc, la Compagnie Anania a créé le programme Mom’Marche. Celui-ci vise la sensibilisation des jeunes à l’expression corporelle. Elle a organisé, avec l’aide du Centre chorégraphique national de Tours, des ateliers artistiques, dont ont bénéficié 150 enfants de Marrakech.
Le Festival “On marche” est une occasion pour certains étudiants du master «métiers de la culture », de mettre en application leurs compétences en la matière.

Mly Seddik Rabbaj
Mercredi 26 Janvier 2011

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