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Damas rejette les accusations américaines sur un incinérateur




Damas rejette les accusations américaines sur un incinérateur

Le régime syrien a démenti mardi les accusations américaines selon lesquelles un incinérateur a été construit dans l'une de ses prisons dans le but de faire disparaître les corps de détenus exécutés.
L'administration américaine a conçu "une nouvelle histoire hollywoodienne sans rapport avec la réalité" en affirmant qu'un crématorium avait été bâti dans la prison militaire de Sednaïa, près de la capitale Damas, affirme le ministère syrien des Affaires étrangères, dans un communiqué diffusé par l'agence de presse officielle SANA.
Selon Stuart Jones, secrétaire d'Etat adjoint américain aux affaires proche-orientales, l'incinérateur en question pourrait servir à éliminer toute trace des corps des milliers d'opposants qui ont été détenus, torturés et exécutés depuis six ans dans ce centre pénitentiaire.
"Des sources dignes de foi pensaient que beaucoup de ces corps avaient été inhumés dans des fosses communes", a dit Stuart Jones à la presse.
"Nous pensons maintenant que le régime syrien a installé un crématorium dans le complexe de la prison de Sednaïa qui permet de se débarrasser des restes des détenus en laissant peu de traces", a-t-il poursuivi, photos aériennes de la prison à l'appui.
Les atrocités commises à Sednaïa, à 30 km au nord de Damas, ont valu à la prison d'être surnommée l'"abattoir humain" par Amnesty International, dans un rapport publié en début d'année. L'ONG estime que jusqu'à 13.000 opposants y ont été sommairement exécutés pendant les quatre premières années du conflit. Le gouvernement syrien nie torturer et exécuter sommairement des détenus.
Par ailleurs, des représentants du gouvernement syrien et des membres de l'opposition se sont retrouvé hier  à Genève pour une nouvelle série de discussions indirectes organisées par le médiateur de l'ONU qui tente sans succès jusqu'ici de mettre un terme à un conflit qui dure depuis six ans.
Cinq séries de pourparlers indirects -- les deux délégations refusant de se parler face à face -- ont déjà été organisées depuis 2016 sur les bords du lac Léman par M. De Mistura, sans résultat.
En six ans, cette guerre dévastatrice a causé la mort de plus de 320.000 personnes, chassé plus de la moitié des Syriens de leurs foyers et détruit l'économie et les infrastructures de ce pays du Proche-Orient.
Elle a également été émaillée d'atrocités: massacres de civils, usage d'armes chimiques.
Les efforts pour mettre fin à la guerre se mènent désormais sur deux circuits concurrents: le processus politique formel se déroule au siège de l'ONU à Genève, tandis que d'autres pourparlers axés sur la sécurité se tiennent depuis janvier à Astana au Kazakhstan, à l'initiative de la Turquie, soutien des rebelles, et de la Russie et l'Iran, alliés du régime Assad.
Lors du quatrième round en février, Staffan de Mistura est parvenu pour la première fois à faire accepter par les parties au conflit un agenda avec quatre sujets de discussion: la lutte contre le terrorisme, la gouvernance (terme flou pour évoquer une transition politique), une nouvelle Constitution et la tenue d'élections. Mais depuis, aucune avancée n'a été enregistrée.
L'opposition ne cesse de réclamer le départ du président Bachar al-Assad, ce que Damas refuse.
Les négociations de Genève sont par ailleurs de plus en plus éclipsées par les pourparlers d'Astana, ainsi que par les défaites militaires des rebelles.

Libé
Mercredi 17 Mai 2017

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