Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Critique cinématographique : Une grande problématique




Critique cinématographique : Une grande problématique
Certains déplorent le fait que les critiques de cinéma deviennent de plus en plus rares. Pour eux, la critique a presque disparu, ce qui crée un manque de visibilité et une sorte de carence au niveau de la production.  Pour Mohamed Chouika, critique connu, cette façon de poser le problème est erronée, car ce ne sont pas les critiques qui manquent, mais c'est plutôt la relation entre ces derniers et l’intervenant dans ce domaine. Pour preuve, estime-t-il, la critique était très active lorsque le cinéma marocain produisait peu de films. En plus, cette critique a toujours été marquée par une sorte de militantisme qui allait au-delà du cinéma marocain pour toucher également le cinéma arabe et celui des pays en développement. Aujourd'hui, les choses ont changé et au lieu que l'augmentation de la production débouche sur un développement de la critique, c'est le contraire. Même les critiques actifs se laissent entraîner dans des considérations totalement étrangères à la création. Ainsi certains appartiennent à des cercles ou à des tendances précises, d'autres sont amis ou copains de tel ou tel réalisateur. Et en parlant de création, Mohamed Chouika estime que les réalisateurs qui font montre  d’audace en défendant les scènes osées, sont animés par d'autres soucis que la création. En effet, ces derniers cherchent, selon lui, à entretenir la logique de la confrontation avec les milieux conservateurs, car il suffit de dénoncer tel ou tel film pour avoir trop osé, pour qu'on soit taxé d'obscurantiste et de réactionnaire. Les milieux qui défendent ce genre de films sont en plus assez détachés de la réalité sociale du pays. Ils sont, pour la plupart francophones et ne cachent pas leur attachement à l'Occident.  D'ailleurs, certains sont subventionnés par des milieux étrangers qui s'activent à créer une sorte de fracture sociale. Nos cinéastes devraient s'inspirer des réalisateurs iraniens qui, tout en défendant leur culture, développent une grande maîtrise qui leur vaut distinctions et prix. C'est le cas ces derniers temps où le cinéma iranien commence à rivaliser sérieusement avec le cinéma des pays développés. Et en parlant de récupération, tout le monde sait qu'on a tout fait pour encourager un genre de films qui dénonce la classe politique et son conservatisme. Mais cette tentative a échoué. L’autre problème qui se pose avec acuité, selon Mohamed Chouika, est celui de la relation entre réalisateurs, producteurs et scénaristes, notamment les écrivains. Il n'existe presque pas de passerelle entre eux alors que la vie littéraire au Maroc se porte plutôt bien. Au Maroc, il y a de plus en plus  de nouvellistes et de romanciers dont on devrait s'inspirer pour écrire des scénarios. Le cinéma y gagnerait beaucoup et se verra ouvrir d'autres horizons susceptibles de le rendre aussi consistant que profond.

Abdessalam Khatib
Samedi 24 Mars 2012

Lu 233 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs