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Cristiano Ronaldo, apollon bling-bling à l'ambition dévorante




Star ombrageuse, éphèbe bling-bling, Cristiano Ronaldo est aussi adulé que décrié, mais il s'en moque. L'attaquant portugais trace sa carrière comme il a sculpté son corps d'apollon, avec une ambition presque "anormale" qui lui a valu lundi un quatrième Ballon d'Or.
L'astre du Real Madrid, vainqueur de la Ligue des champions en mai et de l'Euro en juillet, a dit avoir connu en 2016 une année "de rêve"... Mais le cauchemar l'a rattrapé avec un scandale d'évasion fiscale présumée révélé ces derniers jours. Qu'importe, c'est dans l'adversité que Ronaldo s'est construit.
On l'a souvent raillé pour ses airs de beau gosse très sûr de lui, mais cela ne l'a jamais empêché de réussir les plus beaux exploits. A 31 ans, Cristiano Ronaldo dos Santos Aveiro reste un éternel insatisfait, capable de faire basculer les matches... ou bien de bouder si les buts se refusent à lui.
Et le Portugais détonne par son ego surdimensionné. "Si tous étaient à mon niveau, nous serions peut-être premiers", lançait-il en février. "Si j'avais un joueur comme moi, je le prolongerai pour au moins dix ans", plastronnait-il en septembre.
Cela lui a souvent nui. Ce footballeur multi-millionnaire avait choqué l'Espagne en crise à l'été 2012 en se disant "triste" de son sort au Real, avant de resigner un contrat mirobolant l'année suivante. Il a obtenu un nouveau bail le mois dernier, courant jusqu'en 2021.
Quant aux récentes révélations fiscales de l'enquête "Football Leaks", elles n'ont pas arrangé son procès en arrogance.
Bref, le grand public lui a toujours témoigné un mélange d'admiration et rejet. "Parce que je suis riche, je suis beau, je suis un grand joueur, les gens me jalousent", déclarait-il en 2011.
Mais ce monstre d'orgueil est avant tout un monstre d'ambition. Une ambition presque "anormale" selon Zinédine Zidane, son entraîneur au Real.
 A un âge où les footballeurs pensent déjà à l'après-carrière, Ronaldo soigne son hygiène de vie avec l'objectif affiché de jouer encore dix ans. Il faut dire que le temps joue en faveur de son grand rival Lionel Messi (29 ans), recordman des Ballons d'Or avec cinq trophées (de 2009 à 2012, puis en 2015).
D'où cette obsession du but, des statistiques et des titres, qui permet à Ronaldo le "self-made man" d'exister face au génie inné de l'Argentin.
Issu d'une famille modeste, moqué pour son fort accent de Madère lorsqu'il a quitté son île natale pour Lisbonne à 12 ans, le mal-aimé a serré les dents pour devenir bourreau de travail.
En 2008, une première Ligue des champions avec Manchester United (2003-2009) avait déjà récompensé l'explosion de ce dribbleur d'exception, formé au Sporting Portugal.
Après un transfert "galactique" au Real en 2009 pour 94 millions d'euros, record mondial à l'époque, la deuxième C1 est arrivée en 2014 grâce à 17 buts de Ronaldo (nouveau record), puis la troisième en 2016 avec 16 buts du Portugais.
Et record après record, cet ailier rapide et puissant (1,85 m, 80 kg), habile des deux pieds comme de la tête, est devenu le meilleur buteur absolu de l'histoire du Real Madrid, de la Ligue des champions et de la sélection portugaise
En 2016, Ronaldo a aussi comblé un vide: en remportant enfin un trophée majeur avec le Portugal, l'Euro-2016 en France, il est devenu un héros national, refermant la cicatrice de la finale de l'Euro-2004 perdue à domicile.
Que demander de plus après quatre Ballons d'Or (2008, 2013, 2014, 2016)?
A la ville, ce dieu du stade aux cheveux gominés affiche un train de vie fastueux et aime montrer ses abdominaux musclés, ses bolides rutilants ou son jet privé sur les réseaux sociaux.
Père d'un petit Cristiano Junior (6 ans) né de mère inconnue, longtemps en couple avec le mannequin russe Irina Shayk, Ronaldo s'affiche depuis quelques semaines aux côtés d'une nouvelle compagne, l'Espagnole Georgina Rodriguez.
Business oblige, son image s'est déclinée sous la forme d'une ligne de sous-vêtements et d'un parfum, ainsi que d'un musée à sa gloire à Madère.
Sur son île natale, une statue grandeur nature reproduit sa manière de fêter les buts, bras tendus et jambes écartées. Et elle immortalise déjà la légende d'un joueur désireux d'être "le meilleur de tous les temps".
"Quand j'arrêterai ma carrière, je regarderai les statistiques pour voir si je suis parmi les meilleurs, et j'y serai sûrement", a prévenu Cristiano Ronaldo.

Mercredi 14 Décembre 2016

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