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Crise syrienne : Le Golfe reconnaît l’opposition, la Ligue arabe la juge légitime




Crise syrienne : Le Golfe reconnaît l’opposition, la Ligue arabe la juge légitime
L’opposition syrienne, parvenue à s’unir afin de présenter une alternative crédible au régime de Bachar Al-Assad, a été reconnue lundi comme «le représentant légitime du peuple syrien» par les pays du Golfe, qui poussaient à la création de cette coalition.
Cette nouvelle entité, annoncée dans la nuit de dimanche à lundi après quatre jours de réunion à Doha et d’intenses pressions internationales, a été qualifiée de «légitime» par la Ligue arabe, et saluée par les Occidentaux.
Sur le terrain, l’aviation, principal atout de l’armée, a largué ses redoutables barils d’explosifs sur cinq des 14 provinces du pays en proie à des violences depuis près de 20 mois, selon une ONG syrienne.
Premiers pays à reconnaître la nouvelle «Coalition nationale syrienne des forces de l’opposition et de la révolution», les six monarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG, Arabie saoudite, Qatar, Koweït, Emirats arabes unis, Bahreïn et Oman) ont exprimé «l’espoir que cette (entité) soit un pas en avant vers un rapide transfert du pouvoir».
Washington, Paris et Londres lui ont promis leur soutien. Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a annoncé à l’AFP qu’il allait rencontrer mardi au Caire les responsables de la coalition, laissant entendre que la France pourrait reconnaître cette entité à l’issue de cette réunion.
Le Premier ministre qatari cheikh Hamad ben Jassem Al Thani a affirmé pour sa part après la réunion des ministres arabes des Affaires étrangères au Caire que la Ligue arabe reconnaissait la nouvelle coalition en tant que «représentante légitime de l’opposition syrienne».
Signe des divisions arabes, l’Irak et l’Algérie ont exprimé des réserves et la Ligue n’est pas allée jusqu’à lui reconnaître le statut de représentant du peuple syrien, comme l’ont fait les pays du Golfe.
De son côté, Moscou, grand allié de Damas, a appelé la coalition à privilégier le dialogue avec M. Assad, une option déjà rejetée par les opposants qui posent comme condition sine qua non le départ du chef d’Etat.
Le chef du mouvement chiite libanais Hezbollah, Hassan Nasrallah, également proche de Damas, a accusé la nouvelle instance d’avoir été créée de toutes pièces par les Etats-Unis et regretté qu’elle ait préféré la «destruction» au «dialogue».
Pour l’analyste Salman Shaikh, directeur du Brookings Doha Center, «si cette nouvelle coalition prouve sa crédibilité, cela va sûrement raccourcir les jours du régime».
Mais après avoir rassemblé l’opposition politique, il lui faut désormais «imposer son autorité au large éventail de formations militaires combattant le régime, qu’elle ne contrôle pas», souligne Yezid Sayigh, analyste au Carnegie Middle East Center.
De fait, le chef de la coalition, Ahmad Moaz Al-Khatib, qui s’est rendu lundi au Caire, a estimé qu’il revenait «désormais à la communauté internationale d’honorer ses engagements» envers les Syriens, tandis que Georges Sabra, chef du Conseil national syrien (CNS), principale composante de la coalition, a affirmé qu’ils n’avaient «pas seulement besoin d’argent et de pain» mais «d’armes pour (se) défendre».
Sur le terrain, l’aviation a bombardé Maaret al-Noomane, un secteur où les rebelles ont reculé au profit de l’armée, et Rass al-Aïn, un poste-frontière vers la Turquie désormais aux mains de la rébellion, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), qui a précisé que les combattants kurdes s’étaient emparés, sans combat, d’une nouvelle localité du nord-est.
L’Otan s’est dite prête à fournir une assistance à la Turquie au cas où le conflit en Syrie se rapprocherait de son territoire, alors que l’Alliance et Ankara auraient évoqué un éventuel déploiement de batteries anti-missiles sur le sol turc.
 Dans le Golan —où aucun incident n’avait eu lieu entre forces israéliennes et syriennes depuis près de 40 ans — un mortier syrien est tombé sur la partie du plateau occupée par l’Etat hébreu, déclenchant une riposte de l’armée israélienne qui a touché une cible syrienne, d’après un communiqué militaire.
Selon un bilan provisoire de l’OSDH, 107 personnes ont péri lundi en Syrie, où le conflit a tué, selon l’OSDH, plus de 37.000 personnes et poussé à l’exil des centaines de milliers d’autres.

AFP
Mercredi 14 Novembre 2012

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