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Cours de soutien scolaire : Le marché de l’angoisse




Cours de soutien scolaire : Le marché de l’angoisse
Nous sommes à des années-lumière du temps où on cherchait un soutien scolaire au sein de sa propre famille. Solutionner un problème de calcul ou s’assurer de la conjugaison d’un verbe trouvait facilement réponse auprès du père ou du grand frère. Juste un petit coup de pouce, et le tour est joué. L’école publique remplissait alors sa mission et bizarrement les rares instituts d’enseignement privé qui existaient accueillaient les élèves les moins doués. La donne a complètement changé. Depuis, l’école publique ne joue plus son rôle et la qualité  des cours dispensés laisse à désirer. C’est  la faute à qui ? Est-ce  celle des enseignants, des programmes inadéquats ou plutôt celle due à la surcharge des classes dépassant parfois 40 élèves ? Les responsabilités sont évidemment partagées. Résultat : pour sauver ce qui peut l’être, la panacée semble être les cours de soutien. Chercher ailleurs ce que l’école n’est pas en mesure de fournir. De simples séances de révision, généralement à domicile, ces cours ont évolué ces dernières années au point d’être entrepris au sein d’instituts bien structurés mais qui ne semblent pas avoir été officiellement autorisés à exercer ou à respecter la réglementation en vigueur. Ces cours ne sont plus l’apanage des seuls élèves des établissements publics, même ceux du privé n’y échappent pas. Nécessité ou effet de mode, ce phénomène a pris de l’ampleur ces dernières années. «Ce qui me chagrine, c’est que parfois nos enfants sont pris en otage. La note de contrôle comptant pour 50%, des professeurs exercent un certain chantage sur les élèves et leur mettent la pression pour qu’ils prennent des cours supplémentaires» nous confie scandalisé, un père de famille !
 “Quand on aime, on ne compte pas”, dirait l’autre. Cet adage revêt tout son sens dans ce contexte. “Pour voir réussir mes enfants, je suis prête à tout” avoue cette maman et d’ajouter qu’elle est allée jusqu’à contracter un prêt bancaire afin de couvrir les frais engendrés. Il faut savoir que les prix plombent sérieusement les budgets des parents. Ils varient selon les matières et le  système d'enseignement, marocain ou mission française. A titre d’exemple, les cours de mathématiques et de physique varient entre 100 et 150 DH/heure  pour le système marocain et entre 200 à 250 DH/heure pour le type «mission française”.
 Quant aux classes préparatoires, elles s’accaparent la part du lion avec des prix allant jusqu’à 400 ou 500 DH/heure. Il faut rappeler que la moyenne  par semaine est de 2 heures. Un petit calcul est vite fait. Ce phénomène ne fait que maintenir et exacerber les inégalités sociales, car les familles aux hauts revenus pourront s’offrir évidemment plus de cours et de meilleure qualité.
C’est devenu une activité florissante au point que les instituts qui y sont dédiés poussent comme des champignons. “Depuis l’ouverture de notre institut en 2005, le nombre d’inscrits a pratiquement doublé”, nous a confié le responsable d’un institut de soutien scolaire à Rabat et d’ajouter : “Le taux de réussite des élèves ayant bénéficié de nos cours pour les préparer aux concours avoisine les 70%. Un grand choix s’offre aux élèves : cours à domicile, à l’institut, en groupe. C’est parfois une solution pour sortir du chômage. Le cas de cet enseignant, une fois diplômé,  il a galéré pour trouver un emploi et c’est tout naturellement qu’il s’est dirigé  vers cette filière. Il semble en tirer beaucoup de satisfaction, matériellement parlant.
Par ailleurs, certains  sites électroniques y afférents usent de termes tels que forfaits, packs prépayés à croire qu’il s’agit d’un produit commercial. D’aucuns le considèrent bien comme tel, la vocation pédagogique est loin d’être mise à l’avant !
Pour sa part, Internet regorge d’annonces de particuliers pour des cours de soutien, promettant toutes des résultats performants. C’est vraiment l’embarras du choix.
Tout cela fait désordre d’autant plus que côté officiel, les données ne sont pas rassurantes. Qu’en est-il réellement ? Aussi paradoxal que cela puisse paraître, ces établissements de soutien scolaire exercent dans une anarchie totale. “La direction chargée de l’enseignement privé et préscolaire au ministère n’a jamais délivré d’autorisation à ces centres de soutien pédagogique et leur contrôle par les délégations et les académies reste impossible. Nous n’avons aucun droit de regard sur elles mais cela va bientôt changer », a affirmé à Libé, par bigophone interposé, le directeur du département chargé de l’enseignement privé au ministère de l’Education nationale. Et d’ajouter que cette anarchie cessera incessamment avec la mise en application par la Direction de l’enseignement privé d’un cahier des charges et une note réglementant le secteur.
Il faut rappeler que le Maroc n’est pas le seul à ne pas encadrer totalement ce secteur. En France, 80% des activités de cet enseignement relèvent de l’économie souterraine. Toutefois, la partie déclarée représente  un chiffre d'affaires de 2 milliards d'euros et bénéficie de mesures fiscales avantageuses, donnant droit à une réduction ou un crédit d'impôt (foyers non imposables) égale à 50% de la facture réglée à l'entreprise prestataire.

Nezha MOUNIR
Lundi 9 Janvier 2012

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1.Posté par hassan le 09/01/2012 20:10
M. Habib elMALKI est propriétaire d'une école privée, pourtant il était ministre de l’éducation nationale. D'autre part, le syndicat national de l'enseignement supérieur dont les leaders sont des socialistes et sous le mandat de Habib elmalki ont ouvert l'université à l'enseignement payant au sein de l'université publique. Alors pourquoi vous pleurnichez, ça fait 10 ans que vous êtes au gouvernement donc vous êtes en partie responsable de ce business dans l'enseignement. Malheureusement vous n’êtes plus des socialistes.

2.Posté par زكرياء le 21/01/2012 16:12
أكيد أن المسؤولية مشتركة بين العديد من الأطراف لكن المسؤولية الكبرى يتحملها المعلمين والأساتذة الذين في معظمهم عديمو الضمير وكل النقابات المؤطرة لهم دون استثناء.الشغل الشاغل للعاملين في التعليم والنقابات هو الزيادة في الأجور والتعويضات والترقيات الداخلية ويقومون باضرابات لا مبرر لها ولا يبالون بمصير الأطفال الأبرياء ومعاناة أبائهم.لقد انتهى منذ زمن الوقت الذي كان فيه المعلم همه هو تفوق تلامذته ويساعدهم بماله ووقته وكانت الأسر تعترف له بذالك وتقدره وكان المعلم القدوة للكل فأصبح همه الوحيد هو الحصول على الأموال بكل الوسائل .يتغيب عن عمله بدون مبرر ويترك التلاميذ ويذهب لإعطاء دروس خصوصية وحتى هده الدروس مغشوشة .إن كل ما يعيشه المجتمع من انحطاط وتردي في الأخلاق و المشاكل التي يعرفها المجتمع والبلاد سببها انحطاط المعلم وسوء أخلاقه وخيانته للأمانة لتي على عاتقه .التعليم والصحة ليست كالمهن الأخرى فهي مهن شريفة لا تقبل أي تهاون فيها إما أن يقوم بها على أحسن وجه أو يتركها إذا لم يكن قادرا عليها أو لم يكن راضيا على المرتب الذي يتقاضاه,.لذالك فالنقابات مسؤولة مباشرة بعد المعلم ثم وزارة التعليم والحكومة .يجب أولا كخطوة أولى أن يسترجع المعلم ورجل التعليم سمعته وإلا لن تعف مشاكل التعليم حلا


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