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Côte d’Ivoire : Gbagbo n’a pas encore dit son dernier mot




Côte d’Ivoire : Gbagbo n’a pas encore dit son dernier mot
Les forces loyales à Laurent Gbagbo ont intensifié samedi à Abidjan leur contre-offensive sur le camp d'Alassane Ouattara en tirant au mortier sur l'hôtel du Golf, où le vainqueur reconnu par la communauté internationale de l'élection présidentielle de novembre est installé depuis plus de quatre mois sous protection de l'Onu.  
Un porte-parole de l'Onuci, l'opération des Nations unies en Côte d'Ivoire, a déclaré que ces tirs provenaient de positions proches de la résidence où est retranché le président sortant, qui refuse de céder le pouvoir.  
"C'était une attaque directe des forces de Gbagbo qui ont tiré au mortier et au lance-roquettes sur l'hôtel du Golf à partir de positions près de la résidence de Gbagbo", a dit Hamadoun Toure, précisant qu'un casque bleu avait été blessé.  
"Nous avons riposté en ouvrant le feu sur ces positions", a-t-il poursuivi, soulignant toutefois que la résidence de Gbagbo n'avait pas été visée.  
Les échanges de tirs ont été violents mais le calme est revenu au bout d'une heure, a déclaré une habitante du quartier.  
Les forces loyales au président sortant, que l'on disait au bord de la défaite il y a trois jours, ont gagné du terrain dans les quartiers administratifs du Plateau et diplomatique de Cocody, tout en se rapprochant de l'hôtel du Golf.  
Au nord d'Abidjan, les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) soutenant Ouattara se prépareraient à repartir à l'assaut des secteurs d'Abidjan tenus par leurs adversaires, a dit Zacharia Koné, un des principaux commandants militaires.  
A la demande d'Alassane Ouattara, les soldats français de la force "Licorne" qui appuient l'Onuci ont sécurisé samedi le port d'Abidjan et confirmé que les quartiers de Cocody et du Plateau étaient toujours âprement disputés entre les deux camps.  
"Elles (les forces de Gbagbo) ont progressé la nuit dernière mais ont de nouveau perdu ce matin le terrain qu'elles avaient gagné", a dit Frédéric Daguillon, porte-parole de la force "Licorne", ajoutant que les soldats du président sortant avaient apparemment repris en partie confiance.  
Les militaires français dépêchés au port étaient appuyés par des gendarmes ivoiriens fidèles à Alassane Ouattara.  
Alain Le Roy, secrétaire général adjoint de l'Onu chargé des opérations de maintien de la paix, a déclaré que les partisans du président sortant avaient profité d'une pause, mardi dernier, dans les combats pour des pourparlers de paix afin de renforcer leurs positions.  
A Washington, le département américain d'Etat a accusé Gbagbo de faire preuve d'"un mépris impitoyable à l'égard du bien-être du peuple ivoirien" et l'a de nouveau exhorté à se retirer.  
"Il est clair que les velléités de négociations de Gbagbo cette semaine n'étaient rien d'autre qu'une ruse pour regrouper et réarmer (ses forces)", ajoute le département d'Etat dans un communiqué.  
Samedi, la cité lagunaire était une ville fantôme, avec de rares habitants se risquant dans les rues à la recherche de nourriture et d'eau ou tentant de fuir avant une reprise des combats.  
Laurent Gbagbo, qui s'accroche à son poste malgré la victoire de son opposant nordiste Ouattara validée par la quasi-totalité de la communauté internationale, demeure isolé dans son bunker situé au sous-sol de sa résidence.
 Il y a trois jours, sa défaite semblait pourtant imminente et les deux camps avaient engagé des pourparlers en vue d'une sortie honorable pour Laurent Gbagbo.  
Autre signe de l'influence retrouvée du camp Gbagbo - la Radio-télévision ivoirienne (RTI), quasi réduite au silence depuis le début des combats à Abidjan, a repris ses émissions et lancé un appel à la population. "Le régime de Gbagbo est toujours en place, une forte mobilisation de la population est nécessaire", a-t-elle dit.  
Laurent Gbagbo, au pouvoir en Côte d'Ivoire depuis 2000 bien qu'il n'ait été élu que pour un quinquennat, est retranché sous la protection d'un millier de combattants - la garde présidentielle et les Jeunes Patriotes plus, d'après le camp Ouattara, des civils en armes.  
Vendredi soir, les hommes de "Licorne" ont tenté d'évacuer le personnel d'une mission diplomatique dont l'identité n'a pas été révélée dans le secteur de Cocody. L'opération a été annulée en raison de la présence de nombreux combattants de Gbagbo.  
"Le commandant de la force a jugé que les conditions n'étaient pas réunies pour extraire ces personnes", a expliqué un porte-parole de la force française, ajoutant qu'au moins un véhicule blindé de transport de troupes a été détruit lors d'un échange de tirs entre les hélicoptères français et les forces de Gbagbo.  
Selon le Foreign Office, des diplomates britanniques et d'autres nationalités ont été évacués. La BBC précise que la façade de l'ambassade de Grande-Bretagne a été mitraillée et qu'un obus de mortier a atterri dans les jardins de l'enceinte diplomatique.  

Reuters
Lundi 11 Avril 2011

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