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Continuer de construire malgré la terrible désillusion de la CAN




Continuer de construire malgré la terrible désillusion de la CAN
Face à un choc imprévu, il est parfois difficile de rassembler ses idées pour expliquer ce qui s’est passé et pour répondre à une question inévitable, dans le cas de l’équipe nationale de football: Comment une équipe talentueuse, correctement préparée, considérée comme une des favorites de la compétition a-t-elle pu échouer si lamentablement?
Heureusement que le temps, cet efficace remède, peut cicatriser les plus profondes déchirures. Néanmoins, il est nécessaire de sortir de sa torpeur pour essayer de reconstruire sur les ruines d’une participation totalement ratée. Il y a lieu d’analyser la situation pour essayer de colmater les brèches, rendre au football marocain son lustre d’antan et l’aider à retrouver sa vraie place dans le continent.
L’historique de
la sélection, en bref  
Nous sommes en 2010 et l’entraîneur français Roger Lemerre, après avoir compromis la qualification du Maroc pour la CAN 2010, quitte le navire en laissant  la sélection dans un état lamentable : indiscipline, clanisme et moral au plus bas. Il est remplacé, dans la hâte et la précipitation par un quatuor de techniciens marocains qui gèrent le quotidien en attendant la double élimination officielle.
Après cette débandade, la FRMF engage le Belge Eric Gerets qui, en attendant sa libération par le club saoudien d’Al Hilal, confie les rênes de la sélection à son adjoint, Dominique Cuperly.
Ce dernier réalise  un excellent travail en colmatant les brèches et en effectuant un choix plus rigoureux des joueurs à sélectionner. Les résultats ne se font pas attendre : l’équipe nationale, qui joue sa place dans la CAN 2012 contre l’Algérie, la République Centrafricaine et la Tanzanie, obtient une victoire importante à l’extérieur contre la Tanzanie (1-0). C’est le déclic!
Quand Gerets arrive, il trouve une équipe déjà sur pied. Grâce à son charisme, il va apporter plus de discipline, de rigueur, de cohésion ainsi qu’une mentalité victorieuse. Il va constituer son groupe de joueurs avec un noyau dur sans fermer la porte aux autres.
Son premier match officiel est un revers (1-0, contre l’Algérie à Annaba) mais cet échec ne suscite  aucune réflexion ni analyse; il passe presqu’inaperçu d’autant plus qu’un mois plus tard, le Maroc se rachète brillamment en écrasant l’Algérie (4-0, à Marrakech). Le printemps  de la sélection marocaine venait de commencer.  Il s’en suivra d’autres belles victoires (2-0 contre le Sénégal, à Dakar puis 3-1 contre la Tanzanie, à Marrakech). Le Maroc se qualifie pour la CAN 2012.
Gerets profite ensuite du tournoi LG Cup pour tester de nouveaux joueurs (Amrabet, Amsif,  Boukhriss et Mrani) qui vont intégrer le groupe pour constituer les 23 sélectionnés pour la CAN.
Les responsables de la fédération, en concertation avec Gerets, choisissent la belle station balnéaire de Marbella, en Espagne, pour se préparer en toute sérénité.
L’œil du tigre
Tous le joueurs semblaient en pleine forme, même ceux qui avaient l’habitude de cirer les bancs de leurs clubs et l’esprit bon enfant qui régnait avait rassuré le public marocain qui rêvait de son deuxième sacre africain.
Mais comme dans le film «Rocky III», ce délicieux séjour a fait perdre  aux joueurs  cet «œil du tigre», indispensable aux grandes batailles.
Les jeunes et talentueux joueurs de la sélection marocaine (Benatia, Belhanda, Boussoufa, Amrabet,etc.) vont découvrir à leurs dépends que le talent ne suffit pas pour réussir une compétition aussi relevée que la CAN.
Au talent inné, il faut ajouter un mental d’acier, une combativité à toute épreuve et une continuité dans l’effort.
Une bonne partie des joueurs l’aura sûrement compris, après les deux défaites contre la Tunisie (1-2) et contre le Gabon (2-3). Le Maroc quitte la CAN par la petite porte mais il en sort riche d’expériences qu’il faut fructifier pour éviter les erreurs du passé.
Les erreurs à éviter
Contrairement aux autres années, il ne faut pas repartir à zéro car un grand travail a été effectué malgré l’ampleur de ce premier échec. On ne bâtit pas une grande équipe en une année surtout après des années d’approximations et de déboires de tous genres.
Il faut maintenir Gerets à son poste, tout en dévoilant au public ses erreurs pour ne pas tomber dans le dénigrement de ses détracteurs ou des envieux de son salaire. Car Gerets est honnête, compétent et a la volonté de bien faire. De plus, il a sûrement beaucoup appris de ses échecs  alors ne privons pas le football marocain de ses services pour assurer la continuité indispensable à une construction de longue haleine. Il faut offrir une nouvelle chance à ce lion blessé et assoiffé de revanche tout en précisant avec exactitude l’étendue de sa responsabilité dans ce dernier revers.
Des échéances importantes
et imminentes
D’importantes échéances : JO 2012, CAN 2013 et Coupe du monde 2014 attendent le football marocain. Donc ce n’est pas le moment de chambouler tout le système.
Le Maroc vient de rater lamentablement la CAN 2012 comme il avait raté celles de 2006 et 2008 mais, contrairement aux deux précédentes, le public marocain a décelé des améliorations notables même si elles ne se sont pas concrétisées lors de cette CAN.
Il est clair qu’il faut assainir en écartant certains joueurs qui ne se sont pas montrés à la hauteur des attentes en plus d’autres atteints par l’âge et renforcer le groupe par les éléments qui vont briller durant les JO. Il faut également donner plus de responsabilités aux joueurs de la Botola qui se distinguent comme le gardien Znaiti, Khalliki, Boukhriss,etc.
Et comme le dit le dicton «Un échec, s’il ne te tue pas, te rend plus fort».

Par Radouane Bnou-nouçair
Mardi 31 Janvier 2012

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