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Conseil de sécurité : Le Maroc entame son mandat sur fond de tensions




C’est fait, depuis dimanche 1er janvier 2012, le Maroc disposera d’un siège pour un mandat de  deux ans, au Conseil de sécurité de l’ONU. Le Royaume, faut-il le rappeler, a été élu après le vote des 192  membres de l'ONU au mois d’octobre passé, avec le Togo, le Guatemala, l'Azerbaïdjan et le Pakistan. Ils viennent remplacer, le Liban, le Nigeria, le Gabon, la Bosnie et le Brésil dont le mandat a pris fin. Les cinq pays entrants rejoignent en tant que membres non permanents, l‘Allemagne, l’Afrique du Sud, l’Inde, le Portugal et la Colombie au statut similaire, du moins jusqu’à la fin de l’année en cours. Ces dix nations siègeront auprès des cinq membres permanents, les indéboulonnables au droit de veto, en l’occurrence les Etats-Unis, la Chine, la Russie, la France et le Royaume-Uni. D’entrée, les nouveaux venus devront faire avec les différents désaccords déjà existants au sein du Conseil de sécurité tels que  l’opposition  de la Russie et de la Chine à condamner les violences en Syrie ou la brouille irano-américaine à propos du Détroit d’Ormuz. De plus, ils devront composer avec la cohabitation pour une année du Pakistan et de l’Inde, deux puissances nucléaires en rivalité depuis 1947 et dont la cause principale du conflit, le Cachemire qui  a déjà été au centre de  trois guerres entre les deux pays, reste toujours le sujet de la discorde. Les décisions et résolutions étant prises à une majorité d'au moins neuf des quinze membres, sans veto de la part des membres permanents, les entrants auront aussi à gérer bon nombre de conflits pour lesquels les grandes puissances sont en désaccord. Il sera donc difficile à l'organe de décision central des Nations unies pas toujours unanime de défendre des dossiers  sensibles, sans en égratigner l’un ou l’autre des ayants droit à user de son veto.  
Le Conseil de sécurité, à qui incombe la responsabilité du maintien de la paix et de la sécurité internationales, souffre déjà de ses désaccords. C’est ainsi que d’exemple, le Maroc, ni les autres membres pour, d’ailleurs, ne pourront rien quant à une éventuelle candidature de la Palestine à un siège d’Etat membre. Les Etats-Unis promettent un veto dès lors qu’il est question d’Israël et ce, quelle qu’en soit la justesse de la cause. D’un autre côté et pour ce qui est de notre continent, le manque d’entente entre le Maroc et l’Afrique du Sud sur la question de plusieurs conflits africains est à souligner. On se souvient que le dossier libyen à son début, avait été  l’objet  de discorde dans ce Conseil de sécurité entre la Chine, la Russie, le Brésil, l'Inde et l'Afrique du Sud. Justement notre pays était en complète opposition avec cette dernière nation quant à la question. Dans ce contexte, tout de tensions mondiales  et souvent sans une réelle perspective de solution à l’horizon, dure sera la mission du Royaume au sein de l'instance de sécurité que compose les quinze membres permanents ou non.

Mohamed Jaouad Kanabi
Mardi 3 Janvier 2012

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