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Congrès du PJD : Benkirane se prépare-t-il à un troisième mandat taillé sur mesure ?

Quatre ans après son dernier congrès, le PJD est sous les tirs croisés de questions de plus en plus embarrassantes




Partira ou partira pas ?  Alors que l’échéance n’arrive qu’en juillet prochain, l’interrogation n’en finit pas de tarauder le personnel politique.  D’un bout à l’autre de l’échiquier politique,  que l’on soit de la majorité  ou sur les bancs de l’opposition, on se pose la question. Le PJD doit en principe convoquer son 8ème congrès en juillet 2016, soit moins de 3 mois avant les élections législatives. Que va-t-il se passer ? Les islamistes au pouvoir prendront-ils le risque d’élire un nouveau leader à la veille d’échéances électorales qui détermineront la prochaine majorité ? Le PJD va-t-il –comme l’avait fait  en d’autres circonstances Abbas El Fassi,  l’ex-patron de l’Istiqlal-  modifier ses statuts pour permettre à Abdelilah Benkirane de rempiler pour un troisième mandat que l’actuel règlement intérieur de ce parti lui interdit ? 4 ans après son dernier congrès, le PJD est sous les tirs croisés de questions de plus en plus embarrassantes.
«Tout le monde le sait. Le problème est en train de se poser chez les islamistes du gouvernement.  D’une manière ou d’une autre, ils sont appelés à répondre à ces questions et à prendre des décisions.  Les Pjdistes sont face à deux options : reporter leur congrès pour l’organiser après les élections législatives ou adapter leurs statuts pour garder Abdelilah Benkirane au poste de secrétaire général du PJD. Ils savent qu’il n’y a pas de 3ème voie possible», explique ce professeur de sciences politiques très attentif aux adaptations d’un PJD qui s’est bien accommodé des contraintes du pouvoir.
En interne, les premières discussions ont commencé. A l’une des dernières réunions du secrétariat général du parti de la Lampe, on a évoqué le sujet. Un premier tour de table a bel et bien eu lieu.  D’ailleurs un communiqué du PJD sanctionnant cette réunion du secrétariat général en prend acte. «En ce qui concerne la tenue du 8ème congrès du parti, les membres  du secrétariat général en ont discuté de manière préliminaire.  Ils y reviendront prochainement plus en détail».
 
«Je reste si on me
le demande»
 
On dit le chef du gouvernement gêné par la question.  «Il ne veut surtout pas donner l’impression de vouloir s’accrocher à son fauteuil de leader», soutient son entourage.  Pourtant, Abdelilah Benkirane n’est pas contre son maintien à la tête du parti pour un troisième mandat taillé sur mesure.  Sur Medi 1 TV où il était l’invité d’une émission spéciale à la fin du mois d’octobre, il avait botté en touche sans exclure cette possibilité.
«C’est une question embarrassante car j’ai déjà fait deux mandats. Que je sois disposé ou non, la question ne se pose pas, car la décision en revient au parti. Il n’y a, en principe et selon les statuts du parti, aucune possibilité pour un 3ème mandat, mais si les membres du parti veulent changer les règles, c’est leur affaire. Au PJD, nous avons une règle : personne ne se présente, c’est le congrès qui soumet les candidatures ; et quand on soumet une candidature, personne ne se désiste», avait-il en effet répondu au journaliste qui lui posait très clairement la question. Une manière de dire qu’il restera si la demande lui en était formulée…
Partira, partira pas ? C’est un vrai dilemme qui se pose à l’actuel SG du parti de la Lampe et à ses ouailles. «Quelle que soit l’option retenue, cela ne se fera pas sans dommages pour ce parti qui a pris goût au pouvoir. Si Abdelilah Benkirane s’en va avant les élections, les répercussions risquent de se faire ressentir sur les résultats. Le discours populiste du chef du gouvernement et leader du PJD n’a pas son pareil au sein même du parti de la Lampe. Si le  congrès est reporté pour après les élections, le PJD prendra alors le risque d’apparaître comme un parti qui tord le cou à la démocratie interne, et c’est exactement ce qu’il reproche aux autres. Quant à la troisième option, celle qui verrait l’élaboration de nouveaux statuts pour garder Benkirane, elle est tout aussi dommageable. Le message envoyé serait négatif, celui d’un leader maintenu en statue indéboulonnable.
La succession de M.  Benkirane tombe certes au mauvais moment, c'est-à-dire dans une séquence électorale. Ce qui n’empêche pas certaines figures au sein de la famille des islamistes au gouvernement, de   piaffer d’impatience. Une guerre à fleurets mouchetés aura-t-elle lieu?

Narjis Rerhaye
Samedi 28 Novembre 2015

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